Claude Dupuis

Pensons à nos entrepreneurs forestiers

25 Oct. 2012

Le 29 août dernier, l’Association des propriétaires de machinerie forestière du Québec (APMFQ) tenait une conférence de presse à laquelle était associée la FQCF. La communication portait sur la situation critique des entrepreneurs forestiers. Cet éditorial me permet de clarifier la position de notre Fédération.

Sujet sensible

La conférence de presse organisée par l’APMFQ traitait de plusieurs sujets. Elle visait surtout à sensibiliser les partis politiques en période électorale, à l’importance des entrepreneurs forestiers dans la filière forestière et à leur douloureuse situation. Elle visait aussi à faire le point sur les relations tendues qui ont prévalu ce printemps entre leur association et Produits forestiers Résolu. Alain Paradis, vice-président foresterie de la FQCF, était présent à cette conférence de presse où il a prudemment pris la parole. La Fédération est préoccupée par la situation des entrepreneurs forestiers. Il a rappelé que le réseau de coopératives est inquiet de l’avenir de tous les métiers forestiers, dont celui d’entrepreneur forestier, au point qu’elle a dédié son dernier congrès à cette thématique. Isabelle Tanguay, directrice générale de l’APMFQ, a précisé pendant la conférence de presse que son association appréciait la façon dont les coopératives forestières traitaient ses membres.

Une position inconfortable

Les coopératives forestières sont nées en accomplissant des travaux de récolte. Il s’agit toujours de leur activité principale. Elles ont, bien sûr, beaucoup évolué technologiquement depuis. Les opérations de récolte s’effectuent aujourd’hui mécaniquement avec des membres travailleurs qui sont aussi entrepreneurs parce qu’ils possèdent les équipements de production. La coopérative encadre les activités en jouant un rôle d’entrepreneur général. Les coopératives sont inquiètes de la situation de leurs membres entrepreneurs. La crise du secteur forestier les a beaucoup affectés. La diminution des volumes récoltés a conduit à la réduction des périodes de travail. En plus, en dehors de la clause carburant, la stagnation des taux a réduit ou éliminé les marges de profit, parce que les autres coûts ont continué d’augmenter. Le financement des équipements est aussi devenu très problématique. La coopérative a cependant pour mission d’offrir du travail à des conditions attrayantes pour ses membres tout en étant rentables. Pour être en affaires longtemps, elle doit s’assurer que ses membres sont productifs, mais aussi en bonne santé financière. Par ailleurs, les clients des coopératives forestières sont les industriels qui transforment le bois. Certaines coopératives, dont celle que je dirige, sont même des partenaires d’affaires de ces industriels. Il est nécessaire d’entretenir les relations les plus constructives possible avec ces clients. Un bon fournisseur contribue à résoudre les problèmes de ses clients ; il ne doit pas les amplifier. Nous savons tous à quel point l’industrie forestière a souffert de la détérioration de ses marchés. La coopérative est donc toujours en recherche d’équilibre entre la satisfaction de ses membres et celle de ses clients. Ce rôle n’a pas été facile depuis quelques années.

Chercher des solutions ensemble

Les problèmes des entrepreneurs que dénonce l’APMFQ sont bien réels. La FQCF propose de constituer un comité de travail pour analyser la situation en profondeur. Il n’y a pas que les taux à regarder. Il faut évaluer l’ensemble du système pour parvenir à optimiser les opérations en recherchant des effets de synergie. L’amélioration de l’interface entre la planification et les opérations doit être considérée. Il faut aussi s’intéresser à l’effet de la longueur de la saison d’opération sur la rentabilité et à l’importance de moduler adéquatement les taux en fonction des contraintes d’opération. La FQCF veut participer à ces travaux à partir de l’angle d’entrepreneur général. Elle souhaite travailler à ce dossier avec l’APMFQ, le MRN et le CIFQ qui regroupe l’ensemble des industriels. La Fédération croit beaucoup à la valeur ajoutée pour les entrepreneurs artisans et pour les industriels, du rôle de l’entrepreneur général, surtout s’il s’agit d’une coopérative qui a à coeur le sort de ses membres et la satisfaction de ses clients. Au début d’un nouveau régime forestier et à l’aube d’une relance des marchés, il est nécessaire d’envoyer un signal clair. Les entrepreneurs forestiers sont des acteurs indispensables de l’activité forestière. Nous devons mettre en place des systèmes et une configuration appropriée qui leur permettront de retrouver la prospérité tout en soutenant une industrie de transformation compétitive et performante.