Jocelyn Lessard

Perspectives 2019

28 Jan. 2019

S’ENGAGER POUR LA MAIN-D’ŒUVRE

L’année qui se termine a confirmé l’existence d’une pénurie de main-d’œuvre, mais 2019 contribuera au déploiement de stratégies proactives. La Fédération passera à l’action avec ses membres pour explorer des bassins de main-d’œuvre sous-utilisés. Elle renforcera aussi les pratiques pour retenir davantage les travailleurs. On devrait aussi réaliser en 2019 que tous les acteurs devront mieux se concerter entre les segments de la chaîne de valeur. Tous les maillons sont interdépendants et il faut prendre des précautions afin d’utiliser le potentiel de tous les travailleurs.

Il existe aussi des occasions à saisir, comme le Plan national de main-d’œuvre pour faire financer la formation des opérateurs qui couvrirait les frais d’équipement et l’ouverture du Centre spécialisé en entrepreneuriat multi-ressources.

UNE CARTOGRAPHIE DE PROCESSUS À EXPLOITER

Il faut être attentif aux signes qui témoignent d’un problème latent. La destruction de centaines de milliers de plants forestiers et l’accroissement de la production pour les années à venir semble paradoxal. Sans optimisation, sera-t-il possible de tous les planter ?

La FQCF a produit une cartographie des processus qui décrit toutes les activités liées au reboisement. Il s’agit d’un point de départ indispensable pour identifier les nœuds qui constituent des blocages. Les coopératives forestières sont impliquées dans toutes les étapes et elles veulent collaborer étroitement avec le MFFP pour rendre le système plus efficient. Ce n’est pas un luxe; il faut gagner en agilité.

UN RÉGIME SYLVICOLE À REDÉFINIR

Les efforts ont été grands pour structurer le cadre de gestion du programme sylvicole. Les travaux tiennent compte du rapport du Vérificateur général. C’est une obligation gouvernementale. Cependant, dès que l’on s’élève un peu, on constate que le faisceau de mesures risque d’accentuer la pression sur la main-d’œuvre.

Je ne suis pas convaincu que l’instabilité qui en découlerait est une bonne idée. Je me répète sans doute, mais il faut que tous prennent conscience que, dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, le travail à forfait, la saisonnalité et la vie en campements ne sont pas des atouts. Il faut prendre des précautions et plutôt réduire les contraintes à la production qu’espérer que la main invisible du marché rendra le système plus compétitif.

La tournée des régions pour expliquer et promouvoir la planification collaborative donnera les résultats attendus si un rigoureux processus de suivi est mis en place.

BMMB EN ZONE DE TURBULENCE

Le véritable test du système du BMMB surviendra quand le marché va s’inverser. Tant que les prix montaient, le système donnait des résultats acceptables, même s’il optimisait la rente de l’État. Quand le phénomène s’inverse, les enchérisseurs entrent en zone de risque. Payer le bois trop cher conduit à l’étranglement quand les prix baissent. Dans un contexte de rareté, plusieurs se sentent forcés de prendre ces risques. J’espère vivement me tromper, mais il est possible que l’année 2019 soit celle qui révèlera le caractère implacable du système.

Rappelez-vous le rapport de DDM pour le Chantier présidé par Paule Têtu. Il avait annoncé que, sous l’effet du marché encadré par le BMMB, l’industrie deviendrait plus compétitive, mais que «ce but sera atteint au prix d’une évolution progressive qui laissera des usines avec des ressources insuffisantes pour poursuivre leurs opérations tant que les capacités de production de la forêt et de l’industrie ne reviendront pas en équilibre ».

Dit clairement, la compétition va entraîner la fermeture d’usines. Les entrepreneurs forestiers qui participent et qui dépendent du système d’appels d’offres sont aussi fortement exposés. Il faudrait essayer de réviser le système en réduisant les attentes d’optimisation de la rente parce que la période de transition sera une source de détresse.

LES TECHNOLOGIES À LA RESCOUSSE

La progression technologique fait apparaitre des solutions nouvelles aux difficultés rencontrées. La Fédération fait la promotion de plusieurs technologies, tant pour faciliter les tâches techniques que pour améliorer la performance du système. Le projet Coop 4.0 est celui qui intègre le plus grand nombre de composantes et qui prépare le mieux l’avenir du réseau.

BONNE ANNÉE

Tous mes vœux pour 2019 aux membres des coopératives et à tous nos partenaires qui travaillent quotidiennement pour une foresterie durable dans un environnement en évolution.