Renald Bernier

Une petite mise en bouche

13 Mai. 2014

Lors du Rendez-vous national sur la forêt québécoise, il a été décidé de mettre en place un chantier afin d’améliorer la livraison des programmes en forêt privée. Cette décision a grandement été initiée par les nombreuses propositions des groupements forestiers afin d’optimiser les ressources dont nous disposons. C’est donc normal que nous ayons pris les moyens pour proposer des mesures efficaces et porteuses. En ce sens, les travaux de tous les membres de RESAM dans le cadre du rendez-vous des groupements forestiers sont venus alimenter une réflexion longue de plusieurs années.

Au moment où vous lirez ces lignes, nous serons à la veille de présenter nos recommandations à M. Michel Belley, directeur du Chantier sur l’efficacité des mesures en forêt privée. En guise de mise en bouche, voici quelques faits saillants de nos propositions.

Tout n’est pas noir, en fait, c’est plutôt coloré

Lorsque l’on regarde la livraison des programmes concernant la forêt privée, nous devons constater que l’exercice de régionalisation que représentent les agences de mise en valeur de forêt privée a représenté un grand pas en avant. En effet, l’adaptation du programme aux différentes réalités régionales permet de maximiser l’impact des différentes mesures. Chacune d’entre elles a évolué au rythme de ses administrateurs et des conditions régionales du moment. Aujourd’hui le portrait est très diversifié. Nous croyons que les agences jouent encore un rôle important qui doit demeurer, mais certains ajustements sont nécessaires afin que chacune des agences joue son rôle efficacement. Il est temps de s’inspirer des agences qui ont fait preuve d’ingéniosité.

Revenir au pacte de 1995

Lorsque l’on regarde de plus près l’évolution de la gouvernance des agences, on constate que certaines ont mis en oeuvre d’ingénieux moyens pour optimiser la livraison du programme, d’autres ont choisi une approche différente. Cette évolution n’a jamais réellement été encadrée par quiconque. Nous croyons qu’il faut recentrer le rôle des agences. Qu’il faut absolument revenir aux principes fondateurs qui ont été à l’origine de leur création. Ainsi, l’utilisation des ressources et de l’expertise des partenaires doit absolument être un réflexe pour les administrateurs. Nous croyons aussi qu’il faut garder les structures aussi simples que possible et en même temps souples, notamment par l’octroi de contrats plutôt que par l’embauche de personnel. Laisser de la place à l’ingénieur forestier Un virage important s’organise en forêt publique afin de permettre à l’ingénieur forestier d’être maître des moyens qu’il utilise dans l’aménagement de la forêt. Ce virage doit aussi se prendre en forêt privée. Il est essentiel de s’appuyer sur la responsabilisation du professionnel afin de se sortir de la complexification indue des normes forestières. Les coûts de la technique et de la supervision seront non seulement plus bas, mais les traitements seront aussi plus efficaces.

Des demandes rémunérées

Depuis quelques années, nous avons constaté une augmentation considérable des demandes d’information de la part des agences et du ministère. Ces demandes constituent aujourd’hui une charge de travail plus élevée que la normale et mobilisent du personnel supplémentaire à des fins peu utiles pour les propriétaires forestiers. Est-ce pour des raisons de manque de ressources dans l’appareil gouvernemental? Peut-être! Il faut cependant se questionner sur la pertinence de toute cette information et se limiter à l’essentiel. C’est pourquoi nous croyons que chaque demande excédentaire devrait être rémunérée par le demandeur. Ainsi, il est fort probable qu’on se limiterait à l’essentiel.

Une évaluation annuelle

Chaque groupement forestier et chaque conseiller indépendant voient leur performance évaluée annuellement. Cette pratique est bénéfique, car elle permet aux différents acteurs de s’ajuster et de s’améliorer. Cette pratique a donné ses résultats. Nous croyons qu’il est temps de procéder de la même manière avec les agences. Ce faisant, il sera possible pour les partenaires et le MRN de réajuster le tir au besoin. Cela permettra aussi aux différentes administrations d’aller puiser les bonnes idées chez l’une et chez l’autre.

Des taux justes

Depuis plusieurs mois, tous les partenaires ont mis beaucoup d’efforts afin d’en arriver à une méthode de fixation des taux en forêt privée. Force est d’admettre qu’il reste du travail à accomplir. Cet exercice doit être complété dans les plus brefs délais. Il faut être en mesure de rassurer quiconque sur la justesse des taux en forêt privée. Sans cette assurance, nous prêterons le flanc aux critiques.

Conclusion

Nous aurons l’occasion d’approfondir cette discussion au cours des prochains mois. Sachez qu’une fois recentrées sur leur mandat original, les agences de mise en valeur nous fourniront un outil très puissant pour le développement du potentiel de la forêt privée. En bout de ligne, tous seront gagnants!