Marc Beaudoin

Plus difficile qu’il n’y parait

6 Mai. 2019

Vous savez tous que j’ai un fils qui joue au hockey. J’en ai parlé amplement par le passé. Peu d’entre vous savent toutefois que j’ai une fille qui joue au curling. Oui, la grosse pierre, les balais, etc. Elle pratique ce sport depuis quelques années déjà.

Alors donc, voulant que son père soit plus actif, elle l’enrôla dans une compétition amicale. Pas de problème, lui dis-je, je vais y aller. Dans ma tête évidemment j’extrapole – ce ne doit pas être bien difficile, c’est surtout des gens plus âgés qui jouent à ça!

Erreur grave! Au moment d’écrire ces lignes, j’en suis au lendemain de ma première partie. Honnêtement, j’ai l’impression d’avoir fait du cheval pen- dant 2 mois tellement que j’ai mal aux cuisses. J’ai passé la soirée à tenter de ne pas tomber à plat ventre en tirant mes pierres, sans parler de ma difficulté à suivre et à balayer devant la pierre sans tout déplacer. Tout ceci pour dire que réellement, jouer au curling c’est plus difficile qu’il n’y parait.

On balaie fort!

Où va-t-il avec son histoire de curling, vous direz-vous? Pas trop loin, je vous rassure. Les groupements forestiers sont dans le paysage québécois depuis très longtemps. Si longtemps que l’on prend parfois leurs actions pour acquises, que ce qu’ils font est facile.

Pourtant, la vie d’un groupement forestier n’a rien d’un long fleuve tranquille. Chaque jour, on doit se réinventer, trouver des façons de composer avec de nouvelles contraintes, de nouveaux enjeux, de nouvelles perceptions. Rien n’est acquis et lorsqu’il y a un changement, c’est à nous de nous adapter.

Les phases de développement ont donc succédé aux phases de crise. Fermeture de villages, verglas, crises économiques, etc. Alors plutôt que de s’écraser, on s’est développé! Technologie, investissements, formation sont devenus des mots usuels.

J’aime à rappeler que les groupements forestiers sont clairement un outil essentiel pour le développement du secteur forestier. Maintenant, nous sommes le bras opérant de la forêt privée. Nous avons su développer l’expertise technique dans l’aménagement des forêts privées. Surtout, nous avons développé l’expertise sociale afin d’écouter les besoins des propriétaires regroupés et développer avec eux la passion de l’aménagement forestier. L’expertise développée par nos organisations est très large et s’appuie en grande partie sur nos employés afin qu’ils soient préparés à faire face à différents enjeux. Nous pouvons être fiers d’eux.

Au-delà de nos capacités techniques et professionnelles, il faut reconnaître que le lien de confiance entre les membres et leur groupement est sans prix. Ce lien permet au propriétaire d’être actif en aménagement tout en étant sûr que ces aménagements respecteront ses aspirations. Un groupement forestier n’est pas un vendeur de services, mais un outil pour ses producteurs. C’est très différent, non?

Des efforts constants

Comme je le disais, nous ne pouvons atteindre ce genre de résultats sans des efforts importants, sans un engagement complet de tous. Des exemples? L’augmentation des volumes de bois livrés aux usines est un exemple pa- tent. Pas bien difficile, vous croyez ? Il fallait simplement couper plus ! Pas vraiment, cet engagement que nous étions dans une période ou les banques n’étaient pas intéressées par les projets forestiers. Une réussite, mais un lourd fardeau au départ.

Un autre bel exemple : la livraison du programme de mise en valeur des forêts privées. En principe, c’est très simple, on planifie des travaux, on les réalise et on facture, non? Pas mal plus complexe que cela. Les groupements forestiers doivent supporter une multitude de coûts souvent reliés à l’attente de permis municipaux, statut de producteurs, signatures de prescriptions, protection du territoire agricole, livraison aux usines, milieux humides, décision du producteur et j’en passe.

Pour avoir une chance d’arriver dans les temps, plusieurs dossiers doivent être menés de front et supportés finan- cièrement par les groupements forestiers. Sans cela, les sommes disponibles dans les programmes ne seraient pas investies. De nouveaux défis se pointent devant nous, de nouvelles opportunités aussi!

L’environnement du producteur forestier n’est plus le même qu’il y a 50 ans, ses besoins non plus. Nous devons réa- juster nos modèles, nos pratiques. La dernière rencontre printanière nous a encore donné des pistes à suivre, mais la contribution de tous les parte- naires sera essentielle. On ne peut rien prendre pour acquis sans quoi le réveil sera peut-être ardu.