Marc Beaudoin

Pour aller plus loin

21 Mar. 2018

Durant une longue période de ma vie, j’ai été entraîneur de soccer. Non pas parce que je connaissais le sport, mais c’est surtout parce que personne n’avait levé la main au début de la première saison de la vie sportive de mes enfants.

Pas de problème, me dis-je. J’ai déjà été entraîneur, ce ne sera pas très différent. De toute façon, c’est juste pour une année et «ils» vont trouver quelqu’un de plus connaissant l’année prochaine. Sauf que, les «ils» n’ont pas trouvé (ou cherché) la saison suivante. Donc, je suis devenu l’entraîneur responsable sans réelle compétence.

Tout a bien été jusqu’au moment où, après quelques années, les «ils» m’ont demandé de suivre la formation d’entraîneur de compétition. Le seul quarantenaire avec des entraîneurs d’au plus 25 ans. Forcé d’exécuter les pratiques pendant cinq jours… Je ne sais pas ce qui faisait le plus mal, mon égo ou mes jambes ! Bref, j’avais atteint les limites de mes capacités.

LA GRILLE DE TAUX EN FORÊT PRIVÉE

RESAM a toujours été derrière l’idée d’une grille de taux calculés par un organisme indépendant. Nous savions très bien, dès le départ, qu’il s’agirait d’un travail d’amélioration continu et qu’il demanderait beaucoup d’efforts au cours des prochaines années. Notre objectif demeure toujours le même, à savoir de calculer de la manière la plus juste possible le coût réel de réalisation des travaux sylvicoles en forêt privée.

Si nous sommes à cheval sur ce principe, c’est que cette démarche nous permettra, à tous, de trouver des solutions afin de rendre les traitements problématiques réalisables et en toute équité si nous découvrons des écarts dans les calculs.

UNE ÉVOLUTION REMARQUABLE

On peut être d’accord ou non avec certaines conclusions du Bureau de la mise en marché du bois (BMMB), mais nous devons admettre l’importance du travail qu’ils ont réalisé dans les dernières années. D’entrée de jeu, ils ont dû faire face à une absence chronique de données propres à la forêt privée.

Face à cet enjeu, le BMMB a dû utiliser les données de la forêt publique et les adapter au contexte de forêt privée. Facile à dire, mais beaucoup moins facile à faire. De très longues heures passées à nettoyer des bases de données, à analyser des prescriptions, à identifier des hypothèses de travail, etc. Un travail colossal qui nous permet de nous approcher de plus en plus de la réalité.

Cette année, nous avons encore avancé sur plusieurs fronts en intégrant encore plus de connaissances de la forêt publique, en utilisant les enquêtes de coûts et des études de productivité.

LA LIMITE DE NOS DONNÉES ACTUELLES

Malgré tous les efforts que nous pouvons mettre dans la création d’une grille de taux en forêt privée, le résultat sera toujours limité par la qualité des données dont nous disposons. Au début, l’immensité de la tâche était telle que nous ne pouvions pas «creuser» les chiffres au maximum. Ce que nous avions faisait l’affaire à ce moment-là. Cependant, nous avons tous parcouru beaucoup de chemin depuis le premier test de grille. Si bien que maintenant, nous sommes en mesure de considérer des éléments plus précis du calcul de taux.

Prenons par exemple le coût de l’utilisation de l’autochargeuse, l’encadrement professionnel propre à la forêt privée, l’éclaircie commerciale résineuse. Tous ces éléments ont été calculés non pas avec des données propres à la forêt privée, mais par un calcul qui part de données de la forêt publique.

NOUS RAPPROCHER DE LA VÉRITÉ

Permettez-moi de clarifier certaines choses. Les hypothèses avec lesquelles nous travaillons sont celles du comité de suivi. Nous les avons choisies avec le BMMB selon les informations disponibles. De même, je vous ai dit que j’avais atteint mes limites au soccer. Je ne voudrais pas insinuer qu’il faille changer le BMMB. Loin de là. Je crois simplement que nous avons atteint les limites avec des données dont nous disposons actuellement.

Ce sera de plus en plus difficile d’aller plus loin, car nous aurons besoin de références propres à la forêt privée pour permettre au BMMB de faire son travail. Ces données ne sont pas disponibles pour le moment et nous devrons tous être prêts à mettre les efforts requis pour les récolter. Pour nous rapprocher encore plus de la vérité, nous devrons accepter de déployer les efforts conséquents.