Jocelyn Lessard

Pourquoi participer à l’AGA de CMC ?

29 Sep. 2014

Les 18 et 19 juin dernier, Coopératives et mutuelles Canada a tenu à Moncton sa première assemblée générale annuelle. La FQCF y était et voici pourquoi. Ceux qui verront un parallèle entre ces explications et le lien qui devrait exister entre le membre et sa coopérative ou entre la coopérative forestière et la FQCF ne se trompent pas.

Un événement historique

Pour la première fois, toutes les coo­pératives canadiennes sont réunies au sein d’une seule organisation. Aupara­vant, elles étaient divisées entre une organisation francophone, le Conseil canadien de la coopération et de la mu­tualité (CCCM), et par une anglophone, la Canadian cooperative association (CCA). Ce sont les grands réseaux coopératifs canadiens qui ont insisté pour regrou­per les forces. Ils considéraient que la voix coopérative canadienne était trop faible pour bien représenter les intérêts du mouvement.

Soulignons, par exemple, que le gouvernement cana­dien a aboli pendant l’Année interna­tionale des coopératives le seul programme de soutien des coopératives canadiennes, soit l’Initiative de déve­ loppement coopératif. Le signal pouvait difficilement être plus clair. Le premier congrès de CMC a été une réussite. L’assemblée générale annuelle a permis d’adopter toutes les règles fon­datrices de l’organisation de même que les priorités des prochaines années.

Le Parti conservateur n’était malheureuse­ ment pas représenté, mais deux élus du NPD et du Parti libéral du Canada, qui siègent au comité du parlement sur les coopératives, ont fait des allo­cutions remarquées. Ils comprennent bien le rôle qu’elles jouent et le poten­tiel des coopératives dans l’économie du Canada, notamment pour réduire les inégalités. La fermeture du Secré­tariat aux coopératives niché au sein du ministère de l’Agriculture a aussi con­duit à l’ouverture plus stratégique d’une direction s’occupant des coopératives au sein du ministère de l’Industrie et du Commerce.

Important d’être à Moncton ?

Il n’est pas facile de trouver du temps pour participer à ce genre d’activité. C’est l’éternel problème du mouvement coopératif. Les gens ou les organisations adhèrent pour combler des besoins, mais ensuite ils ne s’impliquent pas. Ils attendent des services, mais ils com­ prennent difficilement que l’organisation aura la force qu’ils lui donnent.

La FQCF représente des coopératives qui sont actives dans un secteur de juridiction provinciale et elle est déjà membre du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, de loin l’organisation coopérative provinciale la plus puissante au Canada.

Contraire­ment à la majorité des coopératives ca­nadiennes, les coopératives forestières sont déjà organisées en réseau. Pourquoi alors s’impliquer ? Simplement parce que les coopératives ont besoin d’une voix forte et que l’adhésion du plus grand nombre donne cette force. En plus, notre organisation n’a pas d’influence sur les décisions prises à Ottawa. Cela pose parfois problème, par exemple, les nouvelles règles de placements interdits qui enlèvent plu­sieurs des avantages du REER coo­pératif. Nous sommes aussi le seul réseau impliqué en gestion des res­ sources naturelles. Notre présence est importante pour l’expertise du CMC. Il permet aussi de réunir les coopératives canadiennes ce qui facilite les liens entre elles et qui peut conduire à des ententes commerciales intéressantes.

Présence stratégique?

Il m’est arrivé de constater que des représentants d’organisations à ce genre d’événement ne semblaient pas y comprendre leur rôle. Je trouve cela un peu déplorable. Premièrement, ces par­ ticipations coûtent cher et nous ne sommes cer­ tainement pas là pour notre plaisir personnel. Il m’arrive de m’éclipser pour régler un dossier urgent, mais j’évite de passer mon temps au té­léphone ou plongé dans mes dossiers. J’ai plutôt mon stylo à la main pour prendre des notes. Cela me permet d’y référer par la suite, mais surtout de rester concentrer pour comprendre les orientations et les ac­tivités de l’organisation. Je suis aussi disponible et actif pour mentionner les préoccupations et les attentes de l’organisation que je représente. Les activités sociales sont aussi impor­tantes. Elles permettent d’entretenir nos liens avec nos contacts et d’en faire de nouveaux. Ces liens sont utiles pour faire progresser nos dossiers et pour comprendre la dynamique et les réalités des autres réseaux. Bref, une recette productive consiste à participer pour comprendre, appuyer l’organisation et la sensibiliser à nos préoccupations. Le principe fondamental de la coopération consiste à «faire ensemble» et la force découle du groupe, mais il faut s’en oc­ cuper, c’est notre responsabilité.