Jocelyn Lessard

Prêt pour la saison 2016-2017!

17 Mai. 2016

Le secteur forestier a récemment obtenu des bonnes nouvelles. Tâchons d’en profiter pour la prochaine saison.

Ce ne sera pas encore le plein soleil, quelques nuages obscurcissent toujours le paysage, dont l’incertitude entourant le renouvellement de l’accord sur le bois d’oeuvre et les difficultés de planification des travaux. Cependant, ces bonnes nouvelles complètent nos avantages liés à notre faible devise et les coûts du carburant.

Le dernier budget

Le budget du gouvernement du Québec énonçait que l’État prendrait en charge les coûts des chemins multiressources principaux. L’État paiera aussi une partie plus importante des frais de protection des forêts. Le budget prévoit également un investissement pour compléter la couverture du territoire avec des données forestières LiDAR. Cela améliorera la qualité de la planification opérationnelle.

Une enveloppe a aussi été ajoutée pour soutenir des activités de recherche et de développement, de même que la réalisation d’études de projets d’investissement. Le gouvernement a aussi convenu d’offrir des réductions de tarifs d’électricité aux papetières à condition qu’elles investissent dans leur installation. Cette combinaison, la modernisation des équipements et la réduction de coût de l’énergie, devrait améliorer vraiment leur compétitivité.

Il y avait en plus de bonnes nouvelles pour la forêt privée, dont une bonification du budget d’investissement, la possibilité pour les producteurs d’étaler leurs revenus et une indexation annuelle des taux du programme de remboursement de taxes. Bref, l’industrie pourra augmenter ses approvisionnements et en réduire le coût, deux ingrédients déterminant pour améliorer sa santé financière.

L’engagement pour la sylviculture

Cette nouvelle est un peu plus ancienne, mais la confirmation dès le mois de février d’un budget de 225 M$ pour la sylviculture était importante. Depuis, la répartition entre les régions de ces budgets a été effectuée.

Le ministre a aussi pris l’engagement d’offrir aux entreprises sylvicoles de plus grandes responsabilités en généralisant la planification collaborative. Il faudra cependant suivre de près l’évolution du niveau de récolte puisque les redevances alimentent le fonds forestier.

La politique énergétique

Le 7 avril dernier, le premier ministre, accompagné de quatre ministres, a annoncé la Politique énergétique 2030. Elle a été présentée comme une source de croissance pour le Québec. L’objectif de réduire de 40% la quantité de produits pétroliers consommés, d’éliminer l’utilisation du charbon thermique et d’augmenter la production totale d’énergies renouvelables de 25%.

Ces mesures auront toutes des incidences positives sur le niveau d’utilisation de la biomasse forestière et indirectement sur la compétitivité du secteur forestier. Certes, nous aurions préféré que la politique comporte des engagements plus précis et qu’elle mentionne d’une manière plus affirmative la filière de la chauffe.

Cependant, comme elle vise à soutenir la prospérité économique et à lutter contre les changements climatiques en proposant des solutions vertes à faible coût, nous sommes certains que la filière de la chauffe sera en première ligne.

Vous pouvez compter sur la Fédération pour formuler rapidement des propositions concrètes permettant d’atteindre les cibles. La chauffe est une filière bioénergétique où la biomasse résiduelle est utilisée sur des circuits courts avec des équipements performants. C’est celle qui obtient le plus haut niveau de performance énergétique et qui offre les plus importantes réductions des émissions de GES par unité d’énergie produite.

À cause de son efficacité de conversion énergétique, c’est aussi celle qui réussira à mobiliser le plus facilement la ressource tout en produisant une énergie à faible coût. C’est également celle qui créera le plus d’emplois et qui assurera des retombées concrètes dans de nombreuses communautés partout au Québec, incluant les Premières nations avec qui la FQCF travaille déjà sur des projets. En produisant directement de la chaleur pour des édifices institutionnels, commerciaux ou industriels, la biomasse réduit considérablement la pointe hivernal de demande d’électricité qui coûte très cher à Hydro- Québec. Nos études démontrent que le marché potentiel est très important et que la ressource est suffisante pour le couvrir.

Bref, tout ne sera peut-être pas prêt pour le début de la saison 2016-2017, mais ces différentes dispositions vont converger pour faire en sorte que le secteur forestier et les coopératives sortent progressivement de la pénombre.

La prochaine étape à entreprendre pour que brille à nouveau le soleil consistera à améliorer la configuration du régime forestier. Une stratégie de production du bois avec cela?