Houle Bellerive

Prêts, pas prêts, la saison commence

10 Juin. 2019

Ceux qui ont connu les exigences d’une saison sylvicole le savent : quand ça commence, ça va vite et des imprévus apparaissent. Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes dans l’effervescence. Il n’a d’ailleurs pas été facile de les écrire ces lignes. Notre coopérative est expérimentée et agile, mais, cette année, il y a plusieurs changements à intégrer.  

Est-ce que ça va finir par fondre ?

Est-ce à cause de la nouvelle loi qui autorise le cannabis que tout a été gelé si longtemps ? Je sais que plusieurs coopératives spécialisées en récolte étaient bien contentes ce printemps que l’hiver se prolonge pour sortir plus de bois, mais, de notre côté, on commençait à avoir hâte de débuter.  Pour la sylviculture, la situation nous a plutôt donné des sueurs «froides».

En voyant des images de reboiseurs dans une averse de neige, nous avions en tête la dernière saison qui s’est terminée tardivement. Ça n’est pas arrivé chez-nous, mais nous avons entendu parler de ces reboiseurs qui devaient faire chauffer les cassettes pour en extraire les plants, tellement la saison s’était étirée. Bref, la nature a ses caprices et il n’est pas possible d’en faire abstraction. Nous avons donc intérêt à bien planifier la suite parce que nous n’aurons pas les moyens de perdre du temps.

Ouf pour l’Autorité des marchés publics

Vous n’en avez peut-être pas entendu parler, mais les changements de règles découlent de la nouvelle Loi sur les contrats des organismes publics(LCOP). Ces changements nous ont aussi beaucoup inquiétés pendant que nous tentions de planifier la saison. Selon les premières interprétations, cette loi obligeait la majorité des entreprises sylvicoles à obtenir un certificat d’autorisation de l’Autorité des marchés publics pour avoir le droit de signer les contrats annuels avec Rexforêt. Ces démarches auraient pu prendre plusieurs mois et auraient provoqué tout un bordel pour le reboisement du printemps. Nous avons travaillé fort pour préparer notre dossier et nous avons engagé des frais, mais nous sommes quand même soulagés que le MFFP ait trouvé le moyen d’éliminer cette contrainte pour cette année.

Des nouvelles règles d’attribution des AOP qui dérangent

En collaboration avec le BMMB, Rexforêt a mis en place de nouvelles règles pour les appels d’offres publics (AOP).  Ces changements n’ont pas de liens avec la LCOP. Ils visent plutôt à préciser les règles d’attribution de contrats afin de faciliter la transposition des taux vers la grille. Nous sommes bien contents que les règles soient plus claires, mais nous subissons quand même des conséquences immédiates. Avant, tous les soumissionnaires pouvaient assister à l’ouverture des enveloppes. Cela nous permettait de savoir immédiatement si nous avions gagné et nous pouvions alors décider si nous retirions nos autres propositions ou si nous en déposions d’autres. Aujourd’hui, le gagnant est avisé le jour même, mais plusieurs jours s’écoulent avant de savoir que nous n’avons pas gagné. Aussi, quand l’AOP est annulé, personne n’est au courant avant plusieurs jours. Nous allons probablement nous habituer à ces nouvelles façons de faire, mais, en attendant, cela amplifie notre casse-tête de planification.

Une planification collaborative qui se consolide

Des changements importants ont aussi été introduits concernant la planification collaborative. Dans notre région, cela n’a sincèrement pas changé grand-chose, notre niveau de collaboration étant déjà très élevé. Ailleurs, j’entends des échos contrastés. Dans certaines régions, le nouveau processus avait suscité beaucoup d’attentes, mais les changements semblent lents à prendre place. Dans certaines régions, le ton a changé et les coopératives sont davantage consultées et la planification s’améliore vraiment. Tant mieux, nous n’avons pas le luxe d’être inefficaces. Je me demande même si nous allons assez loin.

Nous avons des travailleurs

Toutes les entreprises sylvicoles le savent, la clé du succès repose sur notre capacité à attirer des travailleurs et à les retenir. Même les reboiseurs commencent à être difficiles à recruter. J’insiste encore une fois sur l’importance de la planification, si nous savons où nous allons et si nous débutons tôt, nous augmentons nos chances de trouver les travailleurs dont nous avons besoin. Cette année, pour notre coopérative, malgré la lenteur du dégel, nous avons réussi à trouver tous ceux dont nous avons besoin. Je vous souhaite une très belle saison et je retourne m’occuper de cette précieuse main-d’œuvre.