Jocelyn Lessard

Des raisons d’espérer en 2014

13 Mai. 2014

Mon président jette un regard sombre sur la situation actuelle des coopératives. Je partage ses inquiétudes, mais je vais essayer de vous encourager en cherchant le verre à moitié plein.

Le marché prend du mieux

Il y a beaucoup de problèmes structurels dans le secteur forestier, mais la faible valeur des produits est à la source de nos difficultés. Les prix du bois d’oeuvre se sont améliorés en 2013, mais 2014 devrait être encore mieux. Ce n’est pas une source de fierté, mais la baisse de la valeur de la devise canadienne nous aide beaucoup. La perspective de croissance du marché résidentiel américain est aussi encourageante. C’est la demande qui fait monter les prix. La reprise américaine est lente, mais elle existe Pour les pâtes et papiers, c’est plus compliqué. Certains produits vont prendre de la valeur, mais c’est peu probable pour le papier journal et le papier d’impression. Cependant, les récentes annonces d’investissement de Kruger à Trois-Rivières pour lancer une usine pilote de fibre cellulosique a de quoi nous réjouir. Notre avenir forestier n’est probablement pas dans des niches de produits où la concurrence s’exerce sur les prix. Tant mieux si nos industriels commencent à miser sur l’innovation et l’ajout de valeur aux produits.

Le Rendez-vous toujours promoteur

C’est vrai que nous espérions des résultats rapides. Notre impatience constitue d’ailleurs un ingrédient du succès des travaux qui découleront du Rendez-vous. Dans un contexte de crise des finances publiques et d’une fébrile et éminente période électorale, tous les engagements et travaux du Rendez-vous constituent des munitions que nous devrons utiliser. L’insistance de Stéphane Bédard sur le fait que le gouvernement s’était doté de provisions budgétaires pour honorer les engagements ont été enregistrés. Il serait suicidaire politiquement de ne pas en tenir compte. Cela place l’opposition dans une position de surenchère, ce qui nous servira aussi. Le chef du Parti libéral semble d’ailleurs très sensible à la situation du secteur forestier. Soulignons également que les mandats des deux principaux chantiers qui découlent du Rendez-vous sont parfaitement ciblés. Madame Têtu doit se pencher sur les impacts de la mise en oeuvre du nouveau régime en considérant particulièrement ce que nous dénonçons comme ses principales menaces, soit l’introduction des deux libres marchés et le nouveau processus de planification. Quant à Robert Beauregard, il doit nous aider à recentrer la production de bois dans la société québécoise avec des arguments renouvelés et surtout un virage vers la création de valeur. C’est certainement le meilleur candidat pour réussir cette mission délicate. Plus près de nous, la FQCF continue de travailler en utilisant l’élan du Rendez-vous pour faire progresser les dossiers pour : l’utilisation de la biomasse forestière pour la chauffe, le concept de fournisseur-intégrateur, l’allégement administratif pour la réalisation des travaux sylvicoles et la situation des entrepreneurs forestiers.

Une saison sylvicole bien partie

L’annonce précoce de la ministre Ouellette de l’investissement de 147 millions de dollars pour les travaux sylvicoles non commerciaux est très appréciée. Il y a longtemps qu’elle parle d’une plus grande prévisibilité et elle a tenue promesse. Le budget n’est pas astronomique, mais il constitue une continuité par rapport à l’année dernière. Le BMMB a aussi déjà lancé la consultation sur la valeur des traitements sylvicoles. La proposition nous procure certains soucis, mais encore une fois, le fait de bénéficier de ces informations aussi tôt constitue un très grand avantage pour mieux planifier la saison. Les coopératives pourront signer rapidement des contrats pour être prêtes dès le début de la saison. Certes, le budget contient une part de 10% pour le libre marché. Cela conduira encore à des offres déconcertantes, mais la ministre exige que des précautions supplémentaires soient prises pour préserver les travailleurs. Il est clair également, selon les règles économiques, que ce volume est insuffisant pour donner des signaux de marché valables, ce qui fait en sorte que les résultats ne devraient pas servir pour la transposition des prix. Bref, il y a de l’espoir pour 2014. Ce qui est certain, c’est qu’il faudra tous travailler ensemble pour faire en sorte que cette année soit la charnière pour la renaissance du secteur forestier. Même si je suis un peu en retard, je vous en souhaite une bonne