Marc Beaudoin

Retour en classe !

12 Fév. 2019

Je suis chanceux. J’ai toujours aimé aller à l’école. Faire mes devoirs n’a jamais été un problème. Préparer mes examens et aller en classe non plus. Mon passage académique est rempli de bons souvenirs. Ça m’a permis de passer cette étape de ma vie assez bien et avec un certain succès.

Alors, si tout a si bien été, pouvez-vous m’expliquer pourquoi, de manière régulière, je fais des cauchemars étudiants. Pas à propos du manque de breuvage ou de sommeil, mais bien à propos d’examens ou de travaux. Celui qui me revient souvent, c’est que l’on m’appelle au travail pour m’informer que j’ai oublié de faire un cours et que je dois retourner à l’université pour garder mon diplôme. Honnêtement, ça réveille bête pas mal, encore aujourd’hui !

PRENDRE LE TAUREAU PAR LES CORNES

Peut-être que c’est pour apaiser mes angoisses ou combattre le feu par le feu, mais à chaque année, on me donne la chance de présenter certains sujets, lors de cours universitaires. Ce que j’accepte avec grand plaisir. C’est une expérience des plus enrichissantes, d’autant plus que je ne fais plus mes présentations le vendredi matin…

Trêve de mauvaises blagues, cette année, j’ai pu échanger avec les finissants sur des grands enjeux qui touchent la forêt privée. Faire le tour en une heure est un défi. On doit se limiter beaucoup et aller à l’essentiel. Par contre, cet exercice nous permet de retourner à l’essentiel, ce qui est bien en soi ! J’ai envie de partager ce résumé avec vous !

UN POTENTIEL EXCEPTIONNEL

Le premier constat qui doit être fait, c’est que la forêt privée a un potentiel extraordinaire qui ne demande qu’à être développé. Bien certainement sa position favorable augmente sa productivité et facilite le transport et l’accès. Mais plus encore, elle est la principale vitrine en ce qui concerne le travail forestier et elle est un terrain de jeu privilégié pour des milliers de citoyens du Québec. Finalement, contrairement à la forêt publique, sa possibilité forestière est en croissance et elle demeure encore le principal bassin de ressources pour assurer l’expansion de l’industrie forestière.

UNE OCCASION D’AFFAIRES EN OR

À première vue, certains pourraient penser qu’il est contre nature pour l’État d’investir chez des producteurs privés. Aussi bien diriger ces investissements vers la forêt publique non ? Erreur! Si l’État investit en forêt privée, c’est que c’est payant de le faire.

En effet, il en coûte beaucoup moins cher d’investissements à l’État pour disponibiliser un mètre cube de bois en forêt privée, notamment parce qu’elle est beaucoup plus productive. Si nous parvenions à utiliser tous les bois privés, ce sont des centaines de millions en retombées directes que l’on pourrait générer pour la société.

UNE GESTION DIFFÉRENTE

Un des grands défis propres à la forêt privée est d’éviter d’approcher sa gestion comme on le ferait en forêt publique. En effet, dans un cas, il y a un propriétaire qui dicte la ligne de gestion et dans l’autre, 136 000 qui ont des objectifs et des aspirations différents. Il n’est pas question d’imposer une seule et unique façon de faire. Il faut plutôt être en mode « écoute » et développer une culture de l’aménagement et de confiance avec le producteur. Ce peut être long, mais surtout, durable.

UNE CULTURE À CHANGER

Pour quelques néophytes que ce soit, une chose qui frappe lorsque l’on regarde la forêt privée est la surabondance de structures, de règles, d’intervenants. Chacun a procédé du mieux qu’il pouvait pour atteindre ses objectifs, mais cette surabondance a réussi souvent à créer un spaghetti difficile à suivre et fort coûteux.

Nous avons tiré le meilleur du système actuel. Il est maintenant temps de revenir aux bases et de s’assurer que l’ensemble des acteurs de la forêt privée visent un objectif commun et travaillent à l’atteindre. L’avenir de la forêt privée est prometteur, il ne faut pas s’auto-mettre-des-bâtons-dans-les-roues quand même !

DE BEAUX RÊVES

60 minutes c’est court. Mais honnêtement, cela m’a donné beaucoup de temps pour réfléchir et voir les futurs forestiers. Je suis encouragé. J’aime leur réflexion, leur dynamisme, leurs nouvelles idées. Il faudra en profiter pour nous aider à évoluer aussi. En tout cas, cette visite m’aura permis de faire de beaux rêves depuis…