Marc Beaudoin

Retourner à la base

10 Juin. 2019

Je vous le promets, c’est la dernière fois que je parle de hockey avant… la prochaine fois! Dernièrement, j’ai assisté à un tournoi où la majorité des équipes présentes étaient formées des meilleurs joueurs pigés dans plusieurs équipes.

Malheureusement, les joueurs n’ont pas compris ce que l’on attendait d’eux. Nous n’avons pas été en mesure de faire travailler les jeunes ensemble en visant un objectif commun. Le tournoi s’est arrêté rapidement.

On oublie vite

L’efficacité dans le développement de la forêt privée va souvent de pair avec la qualité de la relation entre les partenaires. Si les partenaires ne visent pas le même objectif, il n’y a pas beaucoup de chance de l’atteindre.

À cet effet, une formation pour les administrateurs des agences avait été mise sur pied en 2008. Elle est toujours très pertinente. L’élément clé est simple pour moi : l’agence de mise en valeur a le mandat d’assurer la concertation des partenaires sur le développement de la forêt privée.

Concertation et partenariat

Mais qu’est-ce que cela veut dire? Simplement que l’agence est le lieu qui permet de rechercher un objectif commun par le travail collectif. C’est de rassembler autour d’une même table des partenaires en vue de les amener à discuter et à échanger. Ainsi naîtront des points d’accord et des éléments stratégiques qui vont permettre l’élaboration du projet de développement régional.

Le partenariat en forêt privée devient donc une collaboration entre le monde des affaires, des organismes à but non lucratif et des organismes publics dont les risques, les ressources et les capacités sont mis en commun et partagés au sein de projets profitant à chaque partenaire et, plus généralement, à l’ensemble de la communauté.

Pour y arriver…

Le président du conseil d’administration de l’agence a un rôle important à jouer. C’est celui qui doit mettre en place les conditions nécessaires pour qu’un consensus émerge des discussions. La formation des administrateurs des agences soulignait 10 principes à respecter, voici certains qui m’interpellent le plus.

Non-exclusion :

La recherche d’un consensus offre la meilleure occasion possible de bénéficier des avantages d’une plus grande inclusion quand il s’agit des questions de développement durable. Réussir à rechercher un consensus pleinement inclusif est nécessaire, difficile, mais réalisable.

À cet effet, il est bon de rappeler que la formation était très claire sur le conflit d’intérêts en stipulant que : «l’administrateur n’est pas en conflit d’intérêts du seul fait qu’il soit un représentant, un employé ou un actionnaire d’une corporation légalement constituée. Il peut, sans égard à l’organisme qui l’a mandaté à agir à titre d’administrateur de l’agence, voter sur tous les sujets, y compris les normes et les taux, s’il se sent personnellement à l’aise de le faire.»

Égalité :

Tous doivent pouvoir véritablement participer au consensus. Si le processus n’est pas ouvert, juste et équitable, il se peut qu’il soit impossible à atteindre ou qu’il ne dure pas. Le processus est axé sur le partage des données concernant les enjeux et les impacts, auxquelles tous n’ont pas facilement accès.

Respect des intérêts divergents :

Il est essentiel d’accepter les valeurs, les connaissances et les intérêts divergents des parties.

Les processus consensuels permettent à tous de mieux comprendre les valeurs, les connaissances et les intérêts divergents de chacun. En tenant compte de toutes les valeurs et de tous les intérêts des intervenants, on jette les bases de solutions créatives plus durables.

Des défis à relever

Les perspectives sont très bonnes pour la forêt privée. Les actions mises en place depuis le Rendez-vous de la forêt privée en 2011 portent fruit. Il reste du chemin à faire notamment dans la simplification administrative, mais beaucoup de travail a été fait sur plusieurs fronts.

Honnêtement, je suis optimiste. Toutefois, je crois que la seule chose qui peut le plus freiner la capacité de notre secteur à contribuer à la création de richesse du Québec est… nous-mêmes, les partenaires de la forêt privée.

Les défis à relever seront toujours nombreux. Il peut être tentant de contrôler des structures, d’oublier le fondement de celles-ci ou de chercher à augmenter ou amoindrir le pouvoir relatif de tout un chacun. Il est de notre devoir de profiter des opportunités qui se présentent à nous. Plus que jamais nous devons utiliser le forum important que sont les agences de mise en valeur des forêts privées comme moyen de concertation et de partenariat. D’utiliser les forces et les atouts de l’ensemble des partenaires afin d’atteindre des objectifs élevés.

Si nous n’apprenons pas à jouer dans la même équipe, ce sera difficile de gagner le tournoi.