Renald Bernier

Tenir le fort jusqu’au retour des beaux jours

28 Avr. 2020

Comme beaucoup d’entre vous, je m’habitue à mon nouveau mode de vie. Contre mauvaise fortune bon cœur, je m’étais préparé une routine d’exercice pour me garder en forme. J’allais avoir le temps me disais-je… Bien non, ce n’est pas le cas. Plus que jamais nous sommes conviés à travailler afin de trouver des solutions pour amoindrir les impacts de la COVID-19.

Évidemment, travailler en étant confiné, demande certains ajustements. Les logiciels de vidéoconférence commencent à avoir moins de secrets. On les utilise tellement que je me branche désormais avec ma télévision pour que ce soit plus productif. Les serveurs VPN sont aussi fortement sollicités et les rencontres sans papier devenues la norme.

Vous l’avez certainement vu, plusieurs mesures de soutien ont été mises en place par les différents paliers de gouvernement. Je vous suggère de vous en prévaloir le plus possible et nous travaillons à rendre ces mesures le plus adaptées. À cet effet, je vous suggère fortement de vous garder au fait en vous abonnant aux pages web et Facebook de Groupements forestiers Québec ainsi que de Forêt Compétences (anciennement connu sous le nom de Comité sectoriel de main d’œuvre en aménagement forestier). Plusieurs informations pertinentes y sont régulièrement mises à jour.

Avec la pandémie qui suit son cours, l’espoir d’un retour à la vie normale commence à poindre. Bien sûr, les activités forestières font partie d’une chaîne essentielle pour notre société, ce qui nous permettra d’amorcer ce virage un peu plus tôt. Mais pour la grande majorité de la population, ce ne sera pas le cas. Nous sommes tous conscients que cet épisode aura des impacts très importants sur notre rythme de vie et le développement de nos régions pour une période prolongée, même après la pandémie.

C’est ici que la forêt peut encore jouer un rôle important. En effet, la forêt a été un vecteur important du développement industriel et a permis de coloniser le territoire et de créer une économie forte dans les régions du Québec.

La pandémie a aussi permis à tous de comprendre toute son importance actuelle. Non seulement nous produisons du papier journal et du bois de construction. Plusieurs découvrent maintenant l’importance de notre secteur dans la confection d’équipements de sécurité, d’emballage et de transport. Qui plus est, des médicaments utilisent aussi la cellulose. Ce n’est pas pour rien que notre secteur d’activité a été désigné comme essentiel.

La forêt ne pourrait-elle donc pas aussi assurer le redéploiement de l’économie post COVID-19?  Ma réponse est oui. Les régions du Québec seront très touchées par les impacts économiques de la pandémie. Or, le secteur forestier qui est toujours un secteur créateur de richesse très important est implanté dans toutes les régions. C’est aussi une industrie qui embauche plusieurs personnes et qui a montré maintes fois sa résilience. Par-dessus tout, le secteur forestier profite de la passion de nombreux travailleurs et utilisateurs qui n’ont pas peur des défis.

Relance par l’environnement

S’il y a un élément positif qui ressort de la crise, c’est le fait qu’elle a permis d’assister à moins de mesquinerie et d’égocentrisme. C’est véritablement le cas quand on voit aussi bien des représentants syndicaux, patronaux, écologistes et communautaires faire des sorties qui vont dans la même direction. Et que disent-ils? Pour permettre une relance, prévenir la répétition d’autres crises similaires et plus globalement assurer un meilleur avenir à notre société, il importe de miser sur l’environnement.

J’y vois un bon augure pour le secteur forestier. Dans le budget du Québec présenté à une autre époque, le 10 mars dernier, des mesures totalisant plusieurs dizaines de millions concernaient déjà la forêt, essentiellement parce que le gouvernement y voit une bonne façon de lutter contre les changements climatiques. C’est dire que le milieu forestier est un incontournable en matière d’environnement.

L’heure est donc à s’assurer que les conditions seront au rendez-vous pour que nous puissions contribuer le plus efficacement possible à redémarrer l’économie des régions, fournir des emplois, et créer une dynamique constructive dans les communautés.

Il est impératif d’appuyer les efforts du ministre des Forêt de la Faune et des Parcs dans l’implantation de mesures qui nous permettrons de maintenir notre force de travail au sein de nos organisations.  Il s’agit là du principal enjeu.

D’un autre côté, il nous appartient à tous aussi de faire perdurer l’attitude de collaboration que nous implantons actuellement.  Si nous commençons à apprendre à collaborer et à contribuer à un objectif commun, il serait très dommage de retomber dans l’isolationnisme au retour des beaux jours.