Marc Beaudoin

Tout un monde… forestier !

28 Mar. 2019

Vous ai-je déjà parlé de mes premières semaines de travail chez RESAM, il y a plus de 13 ans? Probablement, mais voilà. Après avoir fait un peu de ménage dans mon bureau, répondu à plusieurs messages de félicitations et trouvé la signification de plusieurs termes propres à la forêt privée, le premier dossier problématique qui me tombe dessus, c’est celui des Éditions Forestières.

De prime abord, ce n’est pas très reluisant. Les lecteurs sont insatisfaits et je me le fais dire à toutes les assemblées générales auxquelles je participe. La situation financière est difficile, on voit poindre la crise des médias et, pour couronner le tout, le poste de directeur général est maintenant libre. Pas facile, surtout que je n’y connais rien là-dedans, mais on ne peut pas lâcher. Il faut trouver une solution.

UNE PREMIÈRE RENCONTRE MARQUANTE

Je me dirige vers le restaurant. J’ai un rendez-vous avec un candidat potentiel que l’ancienne directrice générale nous a référé. Mes coadministrateurs m’ont demandé de le rencontrer et de voir si ça pourrait faire l’affaire. OK me dis-je, mais quelles questions vais-je lui poser? J’ai engagé bien des gens, mais jamais de directeur de journal. On improvisera un peu…

Je me suis fait du mauvais sang pour rien. Le candidat est soit très bien préparé ou très expérimenté, ou bien les deux. Il me pose les bonnes questions.
Il me parle avec enthousiasme et vision. Bref, je passe un très bon moment en sa compagnie et qui plus est, on vient du même coin et on a plusieurs connaissances communes. Je n’ai pas de doute, il est capable de remettre le journal sur les rails.

UN TRAVAIL DE MOINE

Je n’en suis pas certain, mais sa première journée de travail a dû être marquante. Il s’est probablement rendu compte que la tâche serait, dirais-je, prenante. En effet, en plus de devoir renflouer le bateau, il devra maintenant faire équipe avec des administrateurs et un environnement beaucoup plus conservateur que ce qu’il a connu.

Pas de problème. Il réorganise la gestion des fournisseurs, ce qui nous donne une marge de manœuvre financière plus grande. Il résout l’épineux problème de main-d’oeuvre.

Mais par-dessus tout, il change l’approche du journal. Il nous convainc tous qu’il est temps de s’adresser directement à nos lecteurs. Il est nécessaire de trouver des sujets et une manière de les traiter qui plaira à ces lecteurs-là.

On change la maquette du journal, on trouve de nouveaux journalistes, on développe des nouveaux cahiers spéciaux. Il nous a convaincus et c’est un succès. Il a su faire tout cela dans la joie et la bonne humeur.

TOUTE BONNE CHOSE…

Malheureusement, lorsque l’on écrit ce genre de texte, c’est souvent parce que l’on arrive à la fin du parcours. J’aurais probablement dû le faire avant, mais bon! GUY LAVOIE nous quittera dans quelques semaines pour relever de nouveaux défis. Je suis très content pour lui, mais pour moi, c’est une horrible nouvelle.

Je perds un collègue de talent qui a su relever un défi quasi impossible, c’est certain. Mais je perds avant tout la personne qui m’a épaulé depuis mon arrivée chez RESAM. Dans les moments d’euphorie comme de déception, Guy a toujours été là pour m’écouter, m’encourager et m’aider à voir le bon côté des choses.

J’allais dire que toute bonne chose a une fin, mais c’est faux. Je suis certain que Guy continuera à défendre le secteur forestier qu’il a appris à connaître. Je suis certain que ce qu’il a mis en place au Journal en assurera la continuité. En fait, je suis certain que cela se passera bien, mais qu’égoïstement ce sera très difficile pour moi.

Guy encore une fois, je t’ai remis cet édito après la date de tombée. Cette fois, ce n’est pas parce que j’étais en retard. C’était simplement celui que je ne voulais pas écrire. Le dernier que tu éditeras. Merci mille fois pour ces douze années et bonne chance, mon ami.