Renald Bernier

Un an déjà: le Rendez-vous de la forêt privée

6 Juin. 2012

Souvenez-vous, il y a un an, on mettait un terme au Rendez-vous de la forêt privée. Les 5 partenaires, en collaboration avec les agences forestières, finissaient de porter un regard général sur notre secteur d’activité et convenaient d’une mise au point générale. 30 décisions furent prises et beaucoup de travail à abattre pour les appliquer. Nous sommes tous repartis dans nos organisations avec une liste de devoirs à faire. Qu’en est-il après un an? L’exercice est-il achevé? Prenons le temps de s’y attarder.

Premiers constats

Tous autant que nous étions, avons sous-estimé l’ampleur de la tâche et la complexité du travail à réaliser. Il faut dire que le cahier des décisions en couvre large et qu’il nécessite une approche collaborative et une synergie d’actions. Il n’en reste pas moins que, malgré notre désir collectif d’obtenir les meilleurs systèmes possible et de les implanter rapidement, il s’est révélé ardu de tout livrer en respect de l’échéancier. Heureusement, le MRNF a mis en place un système de suivi de projet qui nous permet de réagir rapidement et de nous adapter. C’est ce qui rend l’implantation fonctionnelle malgré les modifications au plan d’origine.

Dans notre propre cour

Il y a de quoi être fier, car si l’on regarde du côté des groupements forestiers et de RESAM, nos engagements sont respectés. Nous avons convenu d’un modèle d’affaires avec le MRNF et la totalité de nos membres l’a adopté. La majorité a même amorcé les corrections nécessaires à un arrimage parfait au modèle. La convention d’aménagement normalisé a aussi été définie par le MRNF et les groupements forestiers. Elle répond aux objectifs visés par le ministère tout en demeurant un lien privilégié entre le propriétaire et son groupement forestier. Et bien que la tâche soit colossale, nos membres ont mis l’épaule à la roue et le renouvellement des signatures se fait parfois massivement Il nous reste maintenant à nous adapter entièrement aux principes convenus. Du temps sera nécessaire, mais si la tendance se maintien, nous serons dans les délais fixés.

Et en général?

Bien qu’il reste encore beaucoup à faire, je considère que le train est sur les rails et qu’il prend de la vitesse. Beaucoup d’éléments de la décision ont été appliqués. Par exemple, les partenaires désiraient diriger le programme vers des propriétaires engagés et prêts à s’investir. Les directives telles que le paiement total du plan d’aménagement par le propriétaire ou encore la signature de convention plus robuste sont effectives. La mesure fixant le financement des travaux à 100% et 80% s’applique aussi. Il faut toutefois convenir que l’absence d’une mécanique de fixation des taux rend la démarche parfois difficile. Le programme de remboursement de taxe foncière, après un début plutôt laborieux, semble progresser adéquatement. La distribution des budgets en lien avec la reconnaissance des groupements forestiers est respectée. Dans l’ensemble, il convient donc de dire que la marchandise se livre.

Du travail à faire

Vous le constatez, cela progresse bien. Mais certains dossiers très importants restent toutefois à implanter. Des dossiers qui donnent un sens aux décisions du rendez-vous. Parfois les travaux cheminent, parfois nous sommes dans le néant quant à leur évolution. Il demeure que RESAM et ses membres ont signé une entente globale, un tout. Et nous entendons voir s’appliquer l’ensemble des décisions. Le statut de producteur est un bon exemple. Nous savons que la réflexion progresse. Mais une simplification du processus a été convenue et nous sommes dans l’expectative des résultats. Idem en ce qui a trait aux conditions des travailleurs. Les agences forestières doivent revoir les normes des travaux sylvicoles en considérant la charge de travail qu’elle demande afin d’améliorer les conditions des ouvriers sylvicoles. Dossier qui progresse? Aucune idée. Est-il important? Très important! Le PPMV des agences? Le partenariat RESAMFPinnovation? La méthode provinciale de fixation des taux? La clarification de la nouvelle gouvernance déterminant où le rôle de chacun s’arrête? Tous des dossiers indispensables. Des dossiers qui cimentent l’entente. Ils devront être livrés à temps, nous le devons aux propriétaires de boisés privés.

La vision

En terminant, voici la vision convenue lors du rendez-vous du 30 mai dernier : « Une forêt privée qui contribue, de façon durable, au développement du Québec et de ses régions par la création de richesses économiques et de retombées sociales et environnementales.» Nous la partageons toujours. Et ce n’est qu’en livrant la totalité des 30 décisions que nous pourrons tendre vers cette vision. Nous sommes sur la bonne voie, mais beaucoup de chemin reste à faire. Alors, encore une fois, gardons les manches relevées et livrons la marchandise!