Alain Paradis

Un congrès pour regarder plus loin

17 Mai. 2016

J’ai beaucoup aimé notre récent congrès. Un moment bien agréable et un important moment de réflexion pour notre avenir.

Des conférences éclairantes

Nos conférenciers se sont parfaitement complétés. La stratégie de production de bois est possible et nécessaire. Il faudra cependant oser sortir des sentiers habituels. Robert Beauregard a dressé le portrait du chemin parcouru depuis le dépôt de son rapport. En dehors des modalités récentes annoncées dans le dernier budget pour aider le secteur à court terme, rien n’est encore vraiment lancé. Le gouvernement a fait une démarche à l’interne pour planifier la mise en oeuvre, mais il n’a pas impliqué les autres acteurs. Le doyen a conclu sa présentation en insistant sur l’importance de travailler sur la principale lacune du régime, soit l’absence d’intégration entre les différentes fonctions de la planification aux opérations.

Louis Pelletier a fait un topo complet sur l’état de la forêt et des pratiques sur lesquelles appuyer la stratégie de production du bois. La forêt québécoise est en bonne santé, 58% des superficies forestières n’ayant encore subi aucune perturbation humaine. Il se dit tout de même inquiet du manque d’information disponible découlant de la faiblesse des suivis des travaux des dernières années. Il a expliqué les étapes du calcul de possibilité et l’impact des différentes mesures qui l’affectent. Il a aussi rappelé les grands enjeux, dont celui de la protection du caribou et de l’implantation de 17% d’aires protégées d’ici 2020.

Michel Vincent a présenté les enjeux de l’industrie forestière québécoise affectée d’un sévère manque de compétitivité. Nos arbres sont parmi les plus petits et nos coûts les plus élevés. Il a défendu l’importance pour l’industrie de bénéficier d’un environnement concurrentiel pour la première transformation qui permettrait de créer de la richesse en amont (en forêt) et en aval dans une grappe industrielle performante. Il considère suicidaire l’atteinte de la cible de 17% d’aires protégées d’ici 2020 avant d’avoir réussi l’implantation de la stratégie.

L’industrie se réjouit de son avènement parce qu’elle lui permettra de bénéficier d’un approvisionnement de plus grande valeur, ce qui aidera tous les acteurs de la filière.

Sophie D’Amours a fait preuve d’un grand talent pour vulgariser des concepts complexes entourant la notion de création de valeur, d’agilité et d’innovation. Selon elle, les coopératives peuvent avoir l’impression d’être coincées entre l’arbre et l’écorce, mais elles sont dans une position qui recèle beaucoup d’opportunités d’innovation. Elle a aussi fait la promotion du concept de fournisseur intégrateur pour le secteur.

Des messages encourageants

Robert Laplante, le directeur de l’IREC a déploré la situation du secteur forestier. Il affirme qu’il faut sortir des vieilles revendications pour le redynamiser. Il a manifesté sa confiance envers les coopératives forestières afin qu’elles misent sur la convergence potentielle de la politique de l’énergie avec une politique industrielle forestière audacieuse, sur la nécessaire convergence, également, de ces deux politiques avec des choix vigoureux de développement local et régional.

Le ministre Laurent Lessard nous a motivés en rappelant les efforts de son gouvernement pour aider le secteur. Il était fier aussi de nous apprendre que nous serons invités à participer au colloque que son ministère organise pour l’avenir de l’industrie forestière.

Je l’ai remercié pour ces bonnes nouvelles, mais lui ai aussi rappelé nos préoccupations pour la sylviculture, la situation des entrepreneurs forestiers et l’importance d’aller de l’avant avec la stratégie de production du bois.

Merci à tous nos partenaires et aux représentants des coopératives qui ont fait de ce congrès un succès. Le conseil d’administration se fera un devoir d’y donner des suites énergiques.

Mon dernier éditorial

Je vais demeurer au conseil d’administration de la Fédération, mais j’ai dû me résoudre à laisser la présidence pour m’occuper prioritairement de notre coopérative. J’ai adoré ce rôle et je remercie mes collègues de leur confiance. Je suis heureux de vous annoncer que Martin Béland prend la relève. Je lui fait entièrement confiance et je vais lui offrir tout mon soutien.

Au cours des deux dernières années, j’ai eu le privilège d’écrire dans ces pages. Merci au journal de m’avoir donné cette occasion. Le secteur est éprouvé, mais la période de turbulence entraîne des besoins d’idées nouvelles que j’ai essayé de partager avec vous.