Jocelyn Lessard

Un forum des collectivités forestières pour l’avenir

30 Jan. 2018

La Fédération Québécoise des Municipalités (FQM) a eu une heureuse initiative en organisant le Forum des collectivités forestières. Le secteur forestier a bien besoin de ces moments de concertation pour se construire une vision commune.

UNE RECONNAISSANCE DE L’IMPORTANCE DE LA FORÊT

C’est probablement dans la foulée du «Collectif pour une forêt durable» que le forum a été organisé. Il a permis de réunir plusieurs élus avec des gens issus du secteur forestier, dont certains reliés à la transformation et à l’approvisionnement, et des utilisateurs des autres ressources. La motivation de la FQM était claire. La vitalité du secteur forestier est déterminante pour la santé des collectivités. Les dernières années ont été difficiles parce que l’industrie a perdu beaucoup d’emplois. Il faut se mobiliser pour la défendre, mais il faut aussi s’assurer que le territoire forestier procure d’autres retombées pour le bénéfice des communautés.

ADDITIONNER SANS SOUSTRAIRE

On m’a invité à faire partie d’un panel afin d’expliquer le rôle des coopératives forestières dans la chaîne de valeurs. Les échanges entre les panelistes et l’assistance consistaient à déterminer comment mieux intégrer l’ensemble des ressources. J’ai eu un peu la mauvaise impression d’y jouer le rôle du méchant. On m’a reproché, par exemple, d’avoir souligné que ce n’était pas drôle pour les travailleurs forestiers saisonniers de tout arrêter pendant la période de la chasse. Quelqu’un m’a aussi donné des conseils dans le corridor pour m’aider à comprendre qu’il faut «évoluer» pour que les choses changent.

J’ai peut-être été mal compris. Je ne prône pas la fermeture, mais, pour réussir à faire plus avec l’ensemble des ressources, il faut aussi protéger le territoire forestier et la production de matière ligneuse. Quand la production sera vraiment protégée, il sera plus facile d’innover en mettant en valeur l’ensemble des ressources. Le territoire est vaste et les prélèvements de bois sont très espacés dans le temps. Il est donc possible de mener bien d’autres activités dans ce territoire. Si la production de bois n’est pas protégée, la solution la plus facile consiste toujours à demander aux forestiers de se tasser.

Notre possibilité diminue sans cesse, parce que le territoire dédié à la production de bois rapetisse. La production de bois peut encore jouer un rôle majeur pour supporter l’occupation dynamique du territoire forestier. Dans un bon système de gestion intégrée des ressources, il est aussi possible d’additionner des activités, si tous poursuivent le même but, sans devoir toujours soustraire la matière ligneuse.

UNE RÉGLEMENTATION MUNICIPALE À BONIFIER

Le Forum a constitué une belle occasion pour sensibiliser les élus quant à l’impact de la réglementation municipale sur l’abattage d’arbres. Elle constitue parfois un frein à l’activité forestière. Marc-André Côté, le directeur de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, a bien plaidé pour cette cause. D’une part, il est très préoccupant de constater qu’il existe 800 règlements différents. Ce n’est pas facile pour les acteurs de s’y retrouver. En plus, la superposition de plusieurs obligations fait en sorte qu’une partie importante des volumes de bois se trouve soustraite de la possibilité forestière.

UNE DÉCLARATION QUI IMPORTE

La FQM a réussi à mobiliser un groupe important de partenaires pour la signature d’une déclaration finale. Cette déclaration est importante parce qu’elle constitue un outil de mobilisation. Elle proclame qu’il faut conserver et favoriser une industrie essentielle. Il s’agit d’une invitation sérieuse aux deux paliers de gouvernement pour soutenir l’industrie. Elle propose aussi des mesures concrètes pour faire en sorte que le bois soit utilisé davantage pour la construction et pour le chauffage des bâtiments. Ce qui est très intéressant est que la déclaration interpelle directement les municipalités et les MRC pour qu’elles intègrent plus de bois dans leurs projets.

Enfin, la déclaration propose d’utiliser mieux la forêt pour combattre les changements climatiques, notamment en utilisant le Fonds vert pour accroître les travaux sylvicoles. Les partenaires s’entendent aussi pour favoriser la diversification des activités à partir de l’ensemble des ressources. Elle contient aussi une invitation à mieux soutenir les entrepreneurs qui supporteront des projets innovants utilisant les ressources forestières. Tout cela est très encourageant. Je profite donc de cette conclusion pour vous souhaiter de joyeuses fêtes et une très belle année 2018.