Jocelyn Lessard

Un nouveau gouvernement

25 Oct. 2012

Le 4 septembre dernier, les Québécois et Québécoises ont élu un nouveau gouvernement. Le résultat n’est pas celui que les sondeurs prédisaient, mais un nouveau parti vient tout de même de prendre les commandes. Sans s’attarder sur le triste incident de la fin de soirée, jetons un regard sur ce qui nous attend.

Merci au gouvernement sortant !

Avant de s’intéresser à la nouvelle équipe, prenons le temps nécessaire pour remercier ceux qui ont assumé le pouvoir pendant neuf ans. Tout le monde à son opinion quant à la performance de ce gouvernement, mais ce qui est certain, c’est que ces personnes ont consacré leur vie pour servir leurs concitoyens. Face au cynisme ambiant, c’est loin d’être tout le monde qui soit prêt à en faire autant. Je les remercie très sincèrement. Parmi elles certaines personnes ont même apporté des contributions exceptionnelles à notre société, nous vous en sommes reconnaissants.

Les moyens des promesses?

Lorsque Jean Charest avait pris le pouvoir en 2003, il avait mandaté un ancien vérificateur général pour qu’il pose un diagnostic neutre sur la situation des finances publiques. Un constat négatif avait permis de prendre des distances par rapport aux promesses de campagne. Il fallait d’abord redresser la situation. Est-ce que cela va se reproduire? Nous comprenons qu’un nouveau gouvernement ne veut pas porter le chapeau des décisions de ses prédécesseurs, mais, si c’est toujours le même scénario, pouvons-nous croire aux promesses électorales?

La fragilité d’un gouvernement minoritaire

La prochaine campagne électorale a débuté le 4 septembre. Est-ce que le PQ pourra exercer le leadership nécessaire pour apporter des changements significatifs en début de mandat ? Il n’est pas majoritaire à l’Assemblée Nationale et il a obtenu moins de 32% des votes. Certains se réjouiront de cette situation, dont tous ceux qui n’ont pas voté pour eux, mais est-ce le bon moment pour hériter d’un gouvernement fragile? Par ailleurs, le pire n’est jamais sûr. Cette précaire situation mènera peutêtre nos parlementaires à une plus grande maturité. Certains éléments contextuels sont en effet en faveur d’une certaine stabilité. Même si les libéraux ont conservé une équipe très forte avec plusieurs ministres très expérimentés, la Commission Charbonneau pourrait les inciter à la patience pour plusieurs mois. Si François Legault apprend des erreurs de l’ADQ, compte tenu aussi de sa relative plus faible présence en chambre, il pourrait aussi adopter une attitude plus prudente. Tous ces éléments conditionneront la taille de la patinoire de la nouvelle Première ministre. Pour le bien du Québec, nous lui souhaitons évidemment bonne chance.

La vulnérabilité du secteur forestier

Que peut espérer le secteur forestier de cette nouvelle configuration politique ? Le Parti Québécois avait une plateforme très intéressante pour le secteur forestier et il est très fortement représenté dans les régions forestières. Ce sont deux bonnes nouvelles. Heureusement, parce que notre secteur n’a jamais été autant vulnérable. La crise des marchés du bois s’atténue doucement, mais elle nous affecte toujours. La réforme du régime forestier est aussi loin d’être achevée. Nous sommes trop avancés pour qu’une remise en question complète des orientations soit envisageable, car l’incertitude est parmi nos pires ennemis. Pourtant, est-ce imaginable d’espérer qu’il sera possible de revoir les aspects du nouveau régime qui suscitent le plus d’inquiétudes ? Je pense notamment à la chimère qui consiste à croire qu’il sera faisable d’obtenir les ressources financières suffisantes pour que la forêt publique soit entièrement gérée par l’État et cela sans affecter la compétitivité du secteur. Est-ce possible de revoir seulement cette dimension sans relancer l’avalanche des attentes de toutes les parties intéressées ? Les coopératives forestières sont en tout cas partantes pour la revoir afin de pouvoir mieux optimiser la chaîne de valeur et pour donner la chance aux entreprises d’aménagement forestier de se projeter vers un avenir plus prometteur. Dans le contexte actuel, le nouveau ministre des Ressources naturelles et de la Faune aura un rôle déterminant. Beaucoup du quotidien se règlera encore dans son bureau, nous aurons besoin pour cela de toute son attention. Sa vision et sa volonté de bien positionner le secteur auront aussi un très grand impact. Nous lui souhaitons bonne chance et lui offrons notre totale collaboration.