Marc Beaudoin

Un nouveau…

10 Nov. 2015

Il y a quelques semaines, un nouveau membre s’est ajouté à ma famille. En effet, Schubert, un petit labrador est venu agrémenter nos journées et … nos nuits. Je savais bien qu’avoir un chien, c’était plus que d’avoir un toutou, mais j’avais peut-être sous-estimé la portée de l’implication, surtout lors des premières semaines.

Ainsi, j’ai recommencé à me lever la nuit pour que mon jeune ami puisse faire ses besoins. J’ai aussi compris qu’un fauteuil en cuir a beaucoup plus d’intérêt qu’un jouet en caoutchouc, et que dire du rouleau de papier de toilette … Passons!

Par contre, j’ai aussi constaté que, lorsque l’on se donnait la peine de placer les bonnes balises et de s’y tenir, les résultats venaient rapidement. Avec un peu de bonne volonté et quelques croquettes, j’en suis venu à faire de rapides progrès avec Schubert, à ma grande fierté, je dois dire.

Une nouvelle aventure commence

En forêt privée, nous sommes aussi sur le point de vivre une nouvelle aventure. En effet, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs doit présenter au Conseil du trésor un nouveau programme d’investissement en forêt privée d’ici les Fêtes.

C’est vite en titi, et avec l’état des choses, on ne peut pas se tromper. En effet, les acteurs de la forêt privée ont épuisé toutes leurs réserves et ne pourront supporter les ratés d’un programme mal conçu. À mon avis, il y a quelques balises que l’on doit respecter afin de donner au Conseil du trésor l’envie réelle d’investir en forêt privée et aux acteurs d’en tirer le meilleur profit.

Voici les principales :

Possibilité de créer de la richesse

Longtemps au gouvernement, la création d’emplois était le principal argument pour investir en forêt privée. Avec les compressions budgétaires, ce n’est plus le cas. On ne veut plus créer des emplois pour créer des emplois. Ce que l’on veut, c’est de créer de la richesse pour le Québec. Ce faisant, nous créerons aussi des emplois. Ainsi, nos démonstrations sont à refaire.

La richesse que nous pouvons créer à court terme est la mise en marché de bois. Nous savons que 2 millions de mètres cubes supplémentaires récoltés en forêt privée créeraient plus de 9 000 emplois forestiers. Ce n’est que la pointe de l’iceberg. Nous savons désormais qu’il est plus rentable pour l’État de produire un mètre cube de bois en forêt privée. Il existe beaucoup d’autres chiffres qui rendent l’investissement public en forêt privée alléchant, mais faut-il encore que les décideurs le sachent.

Agir dans la continuité, mais faire différemment

Lorsque nous travaillons sur un programme, il peut être tentant de tout jeter aux poubelles et de recommencer à zéro. Par contre, il serait dangereux de procéder ainsi, car la tentation pourrait être grande, dans les hautes sphères de l’État, de refuser la création d’un nouveau programme. Nos chances de succès sont beaucoup plus élevées si nous amendons celui que nous avons actuellement.

Par contre, comme le disait Einstein « Le début de la folie, c’est de croire qu’en faisant la même chose, on arrivera à des résultats différents. » Ainsi, il est illusoire de demander aux acteurs de la forêt privée de faire plus en gardant les mêmes balises.

À titre d’exemple, dans un programme renouvelé, il est essentiel de laisser plus de place aux professionnels forestiers et les libérer des contraintes d’opérations.

S’appuyer sur les forces vives du secteur

Notre nouveau programme doit s’appuyer sur des bases solides et profiter des forces vives des acteurs de la forêt privée. Ainsi, la création de richesse profitera grandement d’une symbiose avec les groupements forestiers. En effet, outre l’expertise reconnue de notre réseau, les groupements forestiers sont les seules entités qui peuvent garantir que les sommes investies par l’État seront utilisées à la réalisation de travaux forestiers. C’est tout un argument de vente, non?

Plus de transparence

Au cours des dernières années, il s’est dit beaucoup de choses sur l’utilité des sommes investies par l’État en forêt privée. Par contre, souvent, peu d’entre elles ont pu être confirmées faute de données publiques.

Il est désormais temps de sortir de l’ombre et de dévoiler clairement l’état des choses. Le gouvernement doit avoir l’obligation de rendre publiques les données colligées dans les agences de mise en valeur de la forêt privée afin de démontrer l’efficacité de nos actions. Il est probablement aussi temps de séparer clairement les sommes qui doivent être dirigées vers la création de richesse et celles nécessaires à la création de richesse.

En conclusion

Le nouveau programme est attendu et essentiel. Avec des balises claires, il est facilement concevable que l’on puisse intéresser le gouvernement à investir plus que les 28,5M$ que nous avons eus durant les deux dernières années. Par contre, cela demandera beaucoup de courage pour faire les choix nécessaires. Sans ce courage, on se retrouvera comme un chien qui coure après sa queue.