Marc Beaudoin

Un peu la même chose

17 Fév. 2017

Ça fait longtemps que je vous ai parlé de hockey, bien voici! Ceux qui ont des enfants qui jouent, savent peut-être qu’il y a une certaine compétition entre le hockey civil et scolaire. Selon les différents intervenants, il y a une marge importante entre les deux systèmes.

Or, cette année, mon garçon a fait le saut du hockey civil au hockey scolaire. Honnêtement, je croyais qu’il y aurait pas mal de différences. Savezvous quoi ? Il continue à jouer sur une patinoire 200 pieds par 85 et il y a un but de chaque côté. L’équipe gagnante est celle qui compte le plus de buts. Incroyable non ? Sans rire, il y a bien quelques différences mais somme toute, c’est le même jeu avec les mêmes règles.

La grille de taux

L’année dernière, les partenaires de la forêt privée ont décidé de mettre en oeuvre une seule grille de taux pour l’ensemble des 17 agences de mise en valeur de la forêt privée. C’était une tâche colossale qui devait être réalisée avec des données plus ou moins complètes. Malgré ses imperfections, cette grille a permis de tester certaines idées et de voir ses limites.

Parmi celles-ci, notons une certaine incohérence dans l’évaluation de taux. En effet, comment pouvonsnous expliquer qu’un traitement réalisé sur un territoire équivalent soit rémunéré différemment selon qu’on soit en forêt publique ou privée? À ce que je sache, les travailleurs sylvicoles ne décident pas d’aller plus lentement sur un territoire plutôt que l’autre. La rémunération devait être équivalente.

Jouer le même jeu

Ce que nous avons appris dernièrement c’est que le BMMB voulait s’assurer que nous jouions le même jeu et que nos travailleurs soient rémunérés équitablement. En effet, le BMMB utiliserait les données provenant de la forêt publique pour établir la valeur du taux d’exécution en forêt privée.

J’entends tout de suite des voix s’élever: «on ne peut pas utiliser les chiffres de forêt publique car ils travaillent sur de plus grosses superficies!» Faux. On ne dit pas de reproduire la grille. On dit plutôt d’utiliser les données recueillies en forêt publique. Cette utilisation de l’expertise acquise en forêt publique est une bonne nouvelle. Reconnaissons-le, lorsque les ouvriers travaillent, ils ont le même rendement qu’ils soient sur une tenure ou l’autre.

Par contre, la question qu’il faut se poser c’est: «est-ce que les travailleurs de forêt privée passent plus de temps à se déplacer compte tenu des petites superficies sur lesquelles il travaillent ?»

Le même jeu mais avec quelques variantes

Travailler en forêt privée ce n’est pas totalement la même chose que de travailler en forêt publique. Par exemple, la moyenne de superficie des interventions en forêt privée est de l’ordre de trois à quatre hectares. C’est probablement au moins dix fois plus petit qu’en forêt publique. Il y aurait donc beaucoup plus de temps accordé au déplacement de machinerie et de personnel.

L’intérêt de cette nouvelle approche c’est que le taux s’ajusterait afin de tenir compte des particularités d’intervention en forêt privée. Vous aurez compris l’importance de ce facteur d’ajustement. Des travaux considérables devront être réalisés afin d’en arriver à un facteur valable mais c’est une bonne hypothèse de départ. Cette approche nous fait avancer dans la bonne direction. Par contre, ce ne sera pas parfait du premier coup c’est certain.

Mise en garde

Avec cette approche, l’hypothèse de travail de l’année dernière qui voulait que la création d’une grille de taux n’ait pas d’impact sur le nombre d’hectares réalisés ne serait plus appliquée. C’est donc dire que les taux devraient augmenter en général. Certains pourraient être tentés de proposer de diminuer la contribution de l’État afin de maintenir le nombre d’hectares réalisés à partir du programme. Ce serait réellement une idée catastrophique car elle remettrait en cause plusieurs engagements. Mais, laissons la partie se jouer pour l’instant.