Martin Béland

Un Rendez-vous sur la main-d’oeuvre incontournable

17 Fév. 2017

Le 16 février prochain, des décideurs du Québec se réuniront dans le cadre du Rendez-vous national sur la main-d’oeuvre. Ils doivent nous doter d’un plan pour relever les défis de l’évolution du marché du travail et de l’adaptation de la main-d’oeuvre pour les prochaines décennies.

Une démarche nécessaire

Plusieurs phénomènes forcent la réflexion collective au sujet de la main-d’oeuvre. La démographie est particulièrement en cause pour tous les secteurs d’activités. Elle est loin la période d’abondance des travailleurs du début des années 80 quand les baby-boumeurs arrivaient en masse sur le marché du travail. Ils partent aujourd’hui à la retraite et ceux qui devraient les remplacer sont beaucoup moins nombreux.

La transformation de l’économie et la progression des technologies jouent également un rôle majeur dans cette dynamique. Des gains de productivités ont été enregistrés et un transfert des emplois manufacturiers vers les emplois de services pose de grands défis. Les compétences des personnes doivent évoluer rapidement pour participer à la quatrième révolution industrielle.

Le Rendez-vous vise à se donner une vision commune et à mettre en place des stratégies pour que le Québec tire son épingle du jeu dans la nouvelle économie. Au départ, cela devait être une grande messe avec des centaines de participants. Finalement, les places sont limitées aux grands décideurs, notamment issus de la Commission des partenaires du marché du travail, et les débats seront probablement plus centrés, mais l’obligation de résultats demeure.

Une occasion pour le secteur forestier

Le Forum Innovation Bois a mis clairement en relief que les problèmes d’image, dans tous les segments du secteur, nuisent à notre capacité de recruter et retenir notre main-d’oeuvre. Le remplacement de nos travailleurs qui partent à la retraite n’est pas assuré. À l’heureuse initiative du CIFQ, plusieurs acteurs du secteur forestier se sont réunis afin de déterminer leurs priorités.

Le ministre Luc Blanchette qui nous représentera lors du Rendez-vous national sur la main-d’oeuvre a été interpellé pour défendre ces priorités. Il faudra faire valoir pendant le Rendez- vous l’importance pour le Québec de préserver la vitalité de notre secteur pour occuper le territoire et atteindre nos ambitieux objectifs environnementaux. Mentionnons aussi l’importance de préserver la main-d’oeuvre de tous les segments de la foresterie, parce que la chaîne de valeurs y est très interdépendante.

Faire reconnaître et valoriser les métiers saisonniers durables

Les acteurs de l’aménagement forestier se sont aussi joints au Collectif sur l’emploi saisonnier durable. Une coalition de cinq secteurs d’activités pour qui la saisonnalité est déterminante. Des travaux ont déjà été menés à ce sujet dans le cadre du Chantier sur la saisonnalité.

Ces démarches avaient donné de l’espoir en 2012, mais la séquence politique, soit le changement de gouvernement, n’a pas été favorable. Il est facile de tomber dans les craques du plancher durant ces phases de changement politique, mais les besoins de reconnaissance sont toujours aussi intenses.

L’évolution du marché du travail n’a pas fait disparaître les saisons et les contraintes qu’elles occasionnent pour plusieurs métiers. Ces métiers sont aussi toujours indispensables pour supporter d’importantes chaînes de valeurs et pour occuper sainement le territoire. Les associations des secteurs concernés estiment que le Rendez-vous national constitue une occasion à saisir.

Les quatre recommandations principales de l’époque ont été remises de l’avant. Des démarches ont été effectuées pour sensibiliser les décideurs à l’importance de faire reconnaître et de valoriser les emplois saisonniers. Les sujets prioritaires à traiter portent sur la préservation du lien d’emploi, c’est-à-dire que le travailleur saisonnier qui souhaite retrouver son métier ne devrait jamais être pénalisé pour le faire.

Tous les programmes de formation devraient être équitablement accessibles pour les métiers saisonniers. La gestion des heures de travail pour les emplois saisonniers devrait aussi être beaucoup plus souple. Ces règles doivent tenir compte des contraintes qui limitent la possibilité d’effectuer des semaines de travail standard. Enfin, le collectif souhaite que les partenaires gouvernementaux supportent davantage le jumelage entre les entreprises aux saisons décalées pour prolonger la période de travail. Nos attentes sont élevées pour que le Rendez-vous sur la main d’oeuvre conduise à un plan d’action gouvernemental concret pour supporter l’ensemble des travailleurs du secteur forestier et en particulier ceux qui exercent leur métier de manière saisonnière.