Martin Béland

Un saut dans la bonne direction!

17 Fév. 2017

Le Forum innovation bois s’est tenu le 1er novembre dernier à Rivièredu- Loup. Voici ce que j’en retiens.

Beaucoup de choses positives

Le Forum a été un succès. La mobilisation politique était particulièrement positive. Luc Blanchette, le nouveau ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs a fait preuve d’un très grand enthousiasme. Le Forum a constitué une excellence occasion pour mettre à jour ses connaissances et comprendre la complexité du secteur.

Il était accompagné de plusieurs autres ministres. La participation industrielle et de l’ensemble du secteur forestier a également été imposante. Des acteurs motivés impliqués dans cinq chantiers ont travaillé d’arrache pied pour préparer l’événement. L’exercice a donné un portrait actuel et précis du paysage industriel forestier et des défis à relever pour que cette industrie conserve et accroisse son rôle de moteur économique de plusieurs régions québécoises.

Le gouvernement a pris des engagements concrets pour soutenir l’industrie, tant au MFFP que dans d’autres ministères, notamment avec la stratégie numérique manufacturière 4.0 ou celle d’exportations.

Stratégies transversales

L’ensemble de la démarche visait à moderniser l’industrie et à favoriser l’innovation. L’industrie a été positionnée comme vecteur d’une contribution majeure pour lutter contre les changements climatiques. Certaines filières sont plus anciennes et elles demandent des efforts plus importants pour renouveler les produits ou les procédés.

D’autres sont à l’avant-garde comme la filière des biocarburants ou de la construction en bois. Cette dernière m’apparaît d’ailleurs la voie la plus positive pour relancer le secteur. Le Québec a fait des investissements judicieux par le passé et nous en récoltons les fruits aujourd’hui. La construction non résidentielle en bois permet de diminuer les coûts des bâtiments tout en produisant des édifices confortables et d’une grande beauté. Le Forum a souligné ce succès et le gouvernement s’est engagé à continuer à y investir stratégiquement.

Il est aussi ressorti clairement que les filières font face à des défis communs, particulièrement en matière d’image publique, de remplacement de la maind’oeuvre et d’accès au capital pour investir. Il y a certainement lieu de mettre en oeuvre des stratégies communes.

Quelques petites inquiétudes

Sans troubler la fête, il me semble qu’il reste quelques morceaux à attacher avant de prétendre détenir une vision commune pour l’ensemble du secteur forestier. Le plus troublant découle de l’ombre du conflit sur le bois d’oeuvre. Les élus ont promis de supporter l’industrie, mais cette menace affecte quand même notre vitalité. Nous étions enchantés quand le ministre a annoncé le budget sylvicole de 225 M $ pour deux ans. C’était cependant la première fois qu’il était question de la forêt. Nous savions bien que le MFFP voulait se concentrer sur la dimension industrielle du secteur, mais il faudra réussir aussi à proposer une vision intégrée de la chaîne de valeur des produits forestiers, comme l’avait fait Robert Beauregard avec son projet de stratégie de production de bois.

Il ressortait également que l’intégration entre les différentes filières n’est pas achevée. C’était particulièrement visible quand les participants des chantiers se posaient des questions pour mieux comprendre les propositions. C’est d’ailleurs un peu paradoxal. Il existe une forte concurrence pour obtenir les fibres disponibles, mais, en même temps, l’utilisation des produits conjoints du sciage et des essences dont la demande est faible constitue probablement le plus grand défi de notre secteur.

Il faut espérer que les suites du Forum permettront de créer davantage de synergie pour valoriser d’une manière rentable cet immense volume de bois. Cela fait longtemps qu’il en est question, mais il ressort assez clairement que le Québec devra passer à travers une phase de consolidation des usines de sciage.

Un comité a été constitué pour définir les meilleures façons d’y parvenir. Peu importe la stratégie qui sera finalement retenue, je peux vous assurer que la fermeture de chaque usine de sciage va entraîner des effets majeurs dans les communautés qui les subiront. Nous espérons que les entreprises d’aménagement forestier qui fournissent l’approvisionnement de ces usines seront considérées au moment des analyses afin de limiter les impacts négatifs locaux.

Je conclus en espérant que ce forum serve d’événement déclencheur pour mobiliser tous les acteurs du secteur forestier. Ensemble, un pas à la fois, nous devons valoriser notre industrie afin de continuer à enrichir le Québec.