Renald Bernier

Un soupir de soulagement

8 Mar. 2016

Je vais être très honnête avec vous, je suis soulagé. Comme je vous l’avais dit lors de mon dernier éditorial, notre dernière rencontre avec le ministre LAURENT LESSARD a été très positive et laissait présager des développements intéressants pour les groupements forestiers. Par contre, l’ombre d’un remaniement ministériel a eu tôt fait de ralentir l’appareil gouvernemental. À ce moment, toutes les spéculations me faisaient frémir.

Qu’arriverait-il si nous changions de ministre?

Je ne le savais pas, mais il était certain que nous prendrions beaucoup de retard et que plusieurs changements annoncés par monsieur Lessard ne verraient pas le jour pour la saison 2016. Mais voilà, mes craintes se sont dissipées et notre ministre est bien en selle. Il reste maintenant à mettre de l’avant nos bonnes idées, rapidement!

Un peu d’air dans le système

On le reconnaît tous, les acteurs de la forêt privée ont souffert ces dernières années. Un marché du bois qui tarde à se solidifier, des investissements à la baisse et des contributions industrielles en chute libre sont certainement en cause.

Monsieur Lessard, bien conscient de la situation, nous a informés de certaines avenues qu’il explorait. Sa volonté d’améliorer le sort de la forêt privée et d’augmenter les investissements publics en aménagement forestier est bien réelle. Malheureusement, plusieurs sont à bout de souffle et n’ont plus de marge de manoeuvre. Il faut redoubler d’ardeur afin d’obtenir des résultats dès cette année, car j’en ai bien peur, notre capacité à mobiliser le bois va diminuer.

Un message clair à envoyer

Autant le message sur la mobilisation des bois a été clair et entendu, autant celui d’un virage vers l’autonomie professionnelle doit l’être. En effet, nous sommes derrière le ministre quand il nous dit qu’il faut diminuer la bureaucratie de 30 % et rediriger l’argent vers la réalisation de travaux sylvicoles, et que l’un des moyens consiste à utiliser l’autonomie professionnelle des ingénieurs forestiers.

Pour vous dire, c’est de la musique à mes oreilles. Je tiens à préciser que ce n’est pas uniquement parce que cela dirigera plus d’argent vers le terrain, mais surtout parce que c’est aussi la reconnaissance du haut niveau de compétence de nos ingénieurs et techniciens forestiers. Il est grand temps de préciser les attentes afin que le virage se prenne comme il faut et dans la bonne direction. Ce qu’il faut, c’est utiliser l’autonomie professionnelle de nos ingénieurs forestiers et non trouver d’autres moyens pour les – encarcaner – et les empêcher de travailler. Pour y arriver, ça prend des directives claires.

Une petite bête dérangeante

On en parlait depuis quelques années, mais là, on ne peut plus lui tourner le dos. La tordeuse est de retour et s’installe sur le territoire du Québec au complet. Bien certainement, la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) ne fait pas de distinction entre la forêt publique et la forêt privée. Il faut donc un plan d’action global. Ce plan doit donner des moyens équitables de lutter, de récupérer et de remettre en production les territoires affectés. Il s’agit d’investissements très importants cette année, mais aussi pour plusieurs années tant en forêt publique que privée.

Une grille à préciser

La saison approche à grands pas et nous sommes à terminer le premier exercice de grille provinciale. J’estime que le travail réalisé à ce jour a été rigoureux. Malgré tout, il reste beaucoup de besogne à accomplir pour pouvoir utiliser la grille cette année.

Heureusement, nous sommes tous en train de le faire. Toutefois, il faut constater que plusieurs acteurs de la forêt privée sont en attente. Qu’arrivera-t-il aux travaux prescrits qui ne sont plus admissibles? Quelles données dois je maintenant fournir? Quelles sont les balises pour la réalisation des travaux? Plusieurs autres questions pourraient s’ajouter.

Il est important de comprendre que le niveau d’incertitude est très élevé dans le milieu de la forêt privée et qu’il tend à démotiver les troupes. Il serait nécessaire de rapidement mettre en place un processus de transition afin de sécuriser l’ensemble des acteurs.

Du pain sur la planche

La course qui nous mènera vers la prochaine saison ne sera pas de tout repos. Je suis par contre heureux de profiter de la présence d’un ministre qui connaît notre dossier et qui veut améliorer la situation.

De notre côté, je peux assurer tous nos partenaires que nous ne ménagerons pas nos efforts afin d’améliorer l’environnement d’affaires des producteurs forestiers et ainsi, augmenter les livraisons de bois aux transformateurs.