Houle Bellerive

Une année 2018 de changements

28 Jan. 2019

Il n’y a pas seulement le gouvernement qui a changé en 2018. Le secteur forestier québécois a évolué à une cadence élevée. Il faut s’y habituer. Pas facile de résumer l’année en une demi-page, mais voici ce que j’ai retenu.

PRÉOCCUPANTE MAIN-D’ŒUVRE

Nous en parlons depuis longtemps, mais 2018 semble avoir concrétisé nos craintes. Tous les segments de la foresterie présents dans les coopératives confirment que la pénurie de main-d’œuvre a atteint un point critique. Il est inquiétant de constater que nous semblons aussi subir une rupture générationnelle.

D’un côté, nos travailleurs les plus expérimentés sont difficiles à convaincre de prolonger leur saison alors que les jeunes acceptent mal d’intégrer un milieu de travail saisonnier. Entre les deux, des gestionnaires essoufflés tentent difficilement de combler les postes disponibles.

Heureusement, cette médaille a aussi un côté plus positif. Face à la nécessité, il est intéressant de recenser les nouvelles initiatives pour recruter et retenir les travailleurs. Elles passent par des horaires plus souples, des partenariats entre entreprises et l’exploration de nouveaux bassins de main-d’œuvre.

LES MONTAGNES RUSSES DU MARCHÉ

Le début de l’année 2018 a été vraiment formidable. Les prix du bois d’œuvre ont atteint des sommets qui étaient souhaités depuis très longtemps. Cette période de prospérité a permis aux industriels d’engranger des surplus pour redonner un peu de tonus à leur bilan, mais, surtout, plusieurs en ont profité pour investir dans leurs installations.

Malheureusement, le secteur a rarement connu, depuis ces sommets, une dégringolade de prix aussi abrupte. Ils se sont stabilisés à un niveau qui couvre tout juste les coûts. En plus, le système d’établissement des redevances met actuellement à rude épreuve les entreprises qui paient des droits de coupes qui ont été calculés au plus haut du cycle.

DES ENTREPRISES DE RÉCOLTE RÉSILIENTES

L’amélioration du marché du bois d’œuvre a permis d’introduire de timides et attendues améliorations de taux. Le parc d’équipements a aussi commencé à rajeunir. Des contraintes importantes se sont quand même ajoutées cette année. La planification laborieuse a continué d’affecter le travail des entrepreneurs, notamment parce qu’il y a encore trop peu de chemins d’avance.

L’introduction du RADF s’est fait sentir, notamment en faisant augmenter significativement le coût des ponceaux et leur installation. Il a aussi forcé la révision des manières de planifier la voirie. La FQCF a suivi de près cette implantation et elle a heureusement constaté que les coopératives sont résilientes et qu’elles ont réussi à s’adapter en identifiant les endroits stratégiques pour traverser les cours d’eau en réduisant les impacts économiques et environnementaux.

UNE NOUVELLE PÉRIODE QUINQUENNALE POUR LA SYLVICULTURE

Le bilan de la première période quinquennale a été effectué pour la sylviculture. Il est positif, même s’il dissimule une déprofessionnalisation progressive des entreprises sylvicoles. Le bilan visait à convenir des améliorations à apporter au système. La collaboration entre l’État et les associations, dont la Fédération, a été constructive. Les associations ont déposé au ministre Blanchette quatre propositions qui ont été acceptées. Depuis, plusieurs sous-comités se réunissent pour baliser ces propositions. Une enrichissante tournée des régions a aussi été effectuée pour expliquer les consensus convenus entourant la planification collaborative.

DES PÉPINIÈRES EN EXPANSION

L’État a exceptionnellement investi pour favoriser la modernisation des pépinières publiques et privées. Il a convenu d’un nouveau contrat avec l’OPPFQ et il a augmenté d’une manière importante le volume de production de plants. Tout cela est très positif et annonce un accroissement des volumes de reboisement.

Il faudra cependant être prêts à les absorber parce que plusieurs plants produits en 2018 ont été détruits parce qu’il n’a pas été possible, pour plusieurs raisons, de les planter.

JOYEUX NOËL ET BONNE ANNÉE 2019

Tout compte fait, l’année 2018 a été étourdissante. Elle pourrait bien annoncer d’autres changements importants pour la prochaine année. Face à cette effervescence, ce qui me réjouit le plus est notre capacité d’adaptation. Je constate aussi avec intérêt que les nouvelles technologies nous aident à faire mieux et plus vite en de multiples facettes. Je rencontre aussi plusieurs jeunes talents qui intègrent nos coopératives et leur dynamisme me stimule.

Je vous souhaite à tous et toutes un répit mérité en famille pour le congé des fêtes et une excellente nouvelle année.