Marc Beaudoin

Une belle évolution

16 Déc. 2020

Dernièrement, j’ai dû faire de l’excavation dans le sous-sol afin de sortir les décorations de Noël. J’aurais dû savoir que je payerais le prix l’année dernière quand j’ai tout « garroché » dans un coin, mais bon… Cette excavation m’a quand même permis de faire quelques trouvailles nostalgiques. Le toutou que ma fille de quinze ans gardait toujours avec elle quand elle était petite, des bricolages faits en famille et le premier bâton de hockey de mon garçon. Il avait coûté 25$ à l’époque et il est maintenant parfait pour jouer au mini-hockey, je crois. Difficile de croire qu’il a déjà été parfait pour lui!

Ce retour en arrière me rappelle que les choses changent et que nous devons aussi évoluer avec notre environnement. Comme on dit, si on n’avance pas, on recule. Et nous n’avons pas reculé, bien au contraire.  Le fait que le chiffre d’affaires des groupements forestiers ait augmenté de 46% au cours des 10 dernières années en est un bon exemple. Mais il y a plus, les ventes de bois ont augmenté de plus de 50% durant cette même période. Ce n’est pas négligeable non plus. Cet exercice nous permet de constater que l’environnement dans lequel nous travaillons a aussi beaucoup évolué.

En 1995, vous rappelez-vous quel était un des enjeux du moment? La guerre aux pilleurs de lots! Il devenait essentiel de conscientiser le propriétaire de lot boisé et le faire migrer vers le propriétaire aménagiste. À cet égard, il avait été demandé aux municipalités de mettre en place des règlements afin de combattre ce fléau.  Ce qui fut fait et bien fait avec des résultats impressionnants.

On questionnait aussi la mécanisation des travaux de récolte de bois. On la mettait en opposition avec l’objectif de création d’emplois. N’oublions pas, il y avait beaucoup de chômage dans cette catégorie de travailleurs.

C’est aussi autour de cette réalité que les agences de mise en valeur de forêt privée ont été mises en place. Un des objectifs était d’assurer la réalisation de travaux de qualité qui respectent les engagements de l’ensemble des partenaires. On voulait aussi assurer l’homogénéité du réseau de conseillers forestiers. Nous avons utilisé une approche qui rappelait l’approche normative de la forêt publique et encore-là, mission accomplie. Il fallait probablement passer par là!

Dans ces trois cas, les décisions ont été prises dans un contexte propre à cette période et ont donné des résultats forts intéressants. Le fléau des pilleurs de lots est beaucoup moins important. Le Québec dispose maintenant d’un fort contingent de propriétaires engagés face à l’aménagement durable de leur propriété.  Le recrutement et la rétention de la main d’œuvre est un enjeu de premier plan et la place de la mécanisation n’est plus à faire. La forêt privée est maintenant considérée comme un moteur de création de richesse, au même titre que la forêt publique. Cette évolution a aussi permis de reconnaître officiellement le modèle d’affaires des groupements forestiers.

Nous pouvons être fiers du chemin parcouru. Est-ce que cela veut dire que nous devons garder la même approche? Oui et non. Non dans la mesure où l’environnement entourant la forêt privée n’est plus le même.  Les outils et processus déployés en 1995 ne sont peut-être plus ce dont nous avons besoin. Oui, car l’esprit de 1995 est encore à propos. Développer des moyens originaux pour régler des situations problématiques est plus important que jamais depuis que la forêt privée fait vraiment partie du panier de solutions au développement du secteur forestier.

Il y a déjà des signes de cette nouvelle réalité. Je suis convaincu qu’un des enjeux des prochaines années est une plus grande mobilisation des partenaires régionaux. À cet effet, nous pouvons prendre exemple sur les travaux de l’Agence de forêt privée de l’Estrie dans le cadre de la mobilisation des bois. Sous le leadership de l’agence, une vaste coalition s’est organisée pour trouver des moyens afin que la forêt privée contribue davantage. Ce genre d’action sera de plus en plus nécessaire car seuls, ce sera difficile d’y arriver.

D’autres changements seront aussi au menu, dont l’utilisation complète du champ d’exercice de l’ingénieur forestier ou la réalisation complète de la recette sylvicole. Toutefois, il m’apparaît très clair que nous n’y arriverons qu’en travaillant collectivement et en visant un but commun, un peu à l’image du sommet de 1995.

De Joyeuses Fêtes et une bonne année à tous!