Martin Béland

Une campagne d’image nécessaire

12 Juin. 2017

Le «Collectif pour une forêt durable» a lancé le 15 mai dernier, avec le premier ministre Philipe Couillard, la campagne d’image «Une forêt de possibilités». C’est avec enthousiasme que la FQCF s’y est jointe.

PENSER À L’AVENIR

L’idée d’une campagne d’image a germé pendant le Forum Innovation Bois. Même s’ils étaient enthousiastes pour l’avenir qui sera portée par l’innovation, tous les segments industriels du secteur forestier reconnaissaient que le problème d’image provoquait des difficultés de recrutement. Comment faire pour attirer l’intérêt des chercheurs d’emplois quand la majorité des Québécois considèrent que le secteur n’a pas d’avenir?

Les promoteurs de la démarche d’une campagne d’image ont commandité une enquête d’opinion auprès du grand public. Les résultats ne sont pas réjouissants. Une majorité de Québécois estime que les pratiques n’assurent pas le renouvellement de la forêt et seulement une minorité considère que l’industrie forestière est respectueuse de l’environnement.

Il faut relancer le dialogue avec le grand public parce que d’autres lui ont parlé négativement de la gestion des forêts. Se défendre ne suffit plus.Il faut rétablir les faits d’une manière positive et constructive afin de redonner confiance et partager la fierté qui nous anime.

La firme de communication retenue pour orchestrer la campagne estime que lorsque l’écart est grand entre les perceptions et la réalité cela devient très motivant en termes de message à transmettre. Ils sont justement arrivés à la conclusion que cet écart est immense.

UNE MOBILISATION EXCEPTIONNELLE

Cette campagne suscite une très forte adhésion. Le gouvernement, propriétaire des forêts publiques, est directement associé. Le premier ministre Couillard et le ministre Luc Blanchette sont en première ligne en investissant 2,7 M $ sur trois dans cette campagne.

Les grandes associations patronales, syndicales et municipales sont aussi impliquées comme plusieurs autres organisations du secteur. En tout, c’est près de cinquante partenaires qui sont engagés. Vous pouvez retrouver la liste de ces partenaires en vous rendant sur le site du Collectif à l’adresse suivante : www. uneforetdepossibilites.com. Je vous incite d’ailleurs activement à vous rendre sur le site et à vous associer à la démarche.

Le CIFQ et le MFFP assurent un grand leadership pour orchestrer la campagne, mais tous les partenaires sont impliqués. Les points de vue de tous les groupes ont été considérés pour faire en sorte que l’adhésion soit motivante et qu’elle conduise à l’émergence d’une vision commune.

ET LE CONFLIT DU BOIS D’OEUVRE?

La Fédération est consciente qu’un long conflit pourrait avoir des impacts très négatifs sur les coopératives forestières et sur toute la chaîne de valeur. Ce n’est pas par insouciance ou par incompréhension que nous allons militer au sein du Collectif en faveur de la campagne d’image en même temps que se déploie le conflit. Il nous semble cependant plus stratégique de projeter une image forte pour l’affronter. Le contraire serait risqué. Une attitude défaitiste et un discours alarmiste décourageraient nos travailleurs et terniraient davantage notre image dans l’opinion publique.

Nous avons plusieurs motifs d’espérer que nous allons traverser cette période avec succès. Nous avons raison sur toute la ligne et nos autorités ont vue venir le problème. Tel que promis, le gouvernement du Québec était prêt dès le premier jour. Un immense groupe de partenaires est aussi mobilisé pour soutenir le secteur. Nous sommes les plus avancés à ce niveau dans tout le Canada.

Le Québec a aussi embauché comme négociateur l’ancien ambassadeur du Canada à Washington. Des prêts et des garanties de prêts aux industriels qui exportent du bois d’oeuvre résineux aux États-Unis sont déjà disponibles. Le gouvernement fédéral prend son temps, mais ses intentions de soutenir le secteur sont confirmées. C’est ce qu’il fallait faire à court terme.

À moyen terme, l’augmentation des prix, le taux de change favorable, l’augmentation de l’efficacité de nos opérations et l’ajustement probable des redevances en lien avec le marché vont aider. La progression de la construction en bois dans le non résidentiel et le développement de nouveaux marchés pour réduire notre dépendance au marché américain aideront aussi.

Finalement, cette crise constitue une occasion de démontrer que le secteur forestier est performant et que son avenir est assuré. Si tous les acteurs du secteur s’y mettent, nous aurons vraiment ensemble une forêt de possibilités.