Renald Bernier

Une première rencontre

12 Fév. 2019

Au moment où j’écris ces lignes, nous préparons notre première rencontre officielle entre le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, monsieur Pierre Dufour et le conseil d’administration de RESAM. Effectivement, depuis plusieurs années, nous tenons à ce que le premier contact avec le ministre se fasse en présence de tous les représentants des groupements forestiers.

C’est très important pour moi, car le cœur de notre association ce ne sont pas des individus mais plutôt le lien qui les unit. Rencontrer les représentants de chaque région permet de mieux comprendre toute la force et la pertinence de notre réseau. Voici les idées que nous continuerons à supporter :

L’importance des groupements forestiers

Les groupements forestiers sont reconnus comme des intervenants de premier plan auprès des organismes de développement local et régional. Lors du Rendez-vous sur la forêt privée tenu le 30 mai 2011, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune décidait de reconnaitre le modèle d’affaires des groupements forestiers.

Cette reconnaissance permet de retourner aux objectifs initiaux du programme qui sont de regrouper les superficies, de maintenir une expertise solide dans tout le Québec et de favoriser un effet de levier des investissements de l’État sur d’autres secteurs d’activité́. De plus, cette reconnaissance permet de maintenir un bassin de travailleurs compétents, dotés d’un bon encadrement en matière de santé et de sécurité, tant pour la forêt privée que publique.

Main-d’œuvre

S’il est un dossier important pour les producteurs regroupés, c’est bien celui de la main-d’œuvre car cette dernière est essentielle pour assurer la mise en valeur des lots boisés. En effet, par sa nature, la main-d’œuvre est le principal facteur de production dans la réalisation de travaux sylvicoles. Son importance peut aller jusqu’à 78 % du coût total de certains travaux.

Le recrutement et la rétention des travailleurs demeurent donc des défis pour les organisations. Pour attirer et retenir la main-d’œuvre dans les organisations œuvrant en forêt privée, il est essentiel de pouvoir offrir des conditions de travail stables et bien rémunérées, dans un contexte où ce travail revêt un caractère saisonnier.

Il serait facile de demander une augmentation des taux pour la réalisation des travaux mais une t’elle approche, poussée à l’extrême pourrait rendre l’activité sylvicole non rentable pour la société. Il faudra donc se tourner vers des mécanismes plus efficients notamment en diminuant le fardeau administratif et en donnant plus de latitude aux ingénieurs forestiers.

Prévisibilité

Les programmes d’investissement visent à inciter les propriétaires à mettre en valeur leur boisé. À cet effet, le programme de mise en valeur des forêts privées doit être reconduit cette année. C’est l’occasion de gagner en efficacité. Une planification judicieuse des travaux d’aménagement forestier est essentielle pour tirer le maximum d’impacts de ces avantages.

Il est cependant évident que cette planification ne peut être réalisée sans une vision à long terme des investissements à réaliser. À cet effet, nous croyons qu’il faille :

› Faire passer le programme de mise en valeur de 28,5 M$ à 35 M$ et le maintenir durant 5 ans afin de réaliser la totalité de la recette sylvicole des producteurs actifs;

› Maintenir l’enveloppe de mobilisation des bois et de lutte contre la TBE;

› Fluidité/efficience.

Le système de gestion du programme d’aide à la forêt privée date de 1995. La gestion du programme s’articule autour des structures plutôt qu’autour du producteur. Plus de 50% des budgets consacrés à l’encadrement, la technique et l’administration. Cette proportion augmente d’année en année. À mon avis, nous avons probablement atteint la limite du système que nous utilisons. Il est maintenant temps d’imaginer une nouvelle approche qui mise notamment sur la responsabilité professionnelle des ingénieurs forestiers et qui s’inspire et utilise des mécanismes en place et éprouvés.

Fiscalité

Un travail de révision de la fiscalité s’impose. Plusieurs administrations publiques ailleurs dans le monde disposent d’une fiscalité innovante, qui permet aux propriétaires de réaliser des travaux qu’ils n’auraient pas effectués sans cette aide. Plusieurs mesures permettent l’atteinte des objectifs :

› Ajustement des valeurs foncières ;

› Exemptions de taxes pour les producteurs actifs;

› Réglementation municipale.

La commande est grande, je sais. Toutefois, je suis convaincu que si l’ensemble des partenaires soutiennent le ministre, il y a peu d’obstacles que nous ne serons pas en mesure de franchir.