Marc Beaudoin

Une transition nécessaire

8 Mar. 2016

Vous m’avez souvent entendu parler, je crois, des parties de hockey de mon garçon. Vous ne le savez peut-être pas, mais je m’occupe aussi des parties de plusieurs autres. En effet, dernièrement, je m’occupais d’un tournoi «novice» dans mon coin.

Honnêtement, ça faisait un petit peu bizarre de revoir ces petits bouts de 5 et 6 ans. C’est incroyable l’effort qu’ils peuvent déployer pour faire une longueur de patinoire. Ce qui est le plus extraordinaire, c’est que si on les guide correctement, ces petits bouts ne seront plus rattrapables rendus «peewee». Il faut juste leur laisser le temps d’apprendre.

Une grille de taux unique

RESAM prend très au sérieux la démarche de création d’une grille de taux unique en forêt privée, car rappelons nous, les producteurs regroupés utilisent près de 75 % du programme de mise en valeur de la forêt privée et sont donc les mieux placés pour comprendre les impacts de ce changement et proposer des solutions alternatives.

Le changement qu’amène la mise en oeuvre d’une grille de taux unique en forêt privée est important et aura des conséquences majeures sur les acteurs de la forêt privée. L’exercice ne sera pas aisé, mais RESAM réitère son engagement envers le développement de cette grille.

Marge de manoeuvre restreinte

La crise forestière a affecté tous les acteurs du secteur forestier, particulièrement en forêt privée. Depuis deux ans, les investissements gouvernementaux ont fondu de plus de 30 %. Une étude commandée par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) estimait que la marge bénéficiaire lors de la réalisation de travaux en forêt privée était de l’ordre de 2 %, soit deux à trois fois moins qu’en forêt publique.

Ces quelques chiffres démontrent l’extrême fragilité des acteurs du secteur. Ce faisant, nous comprenons tous que nous ne sommes pas en mesure de nous inscrire dans un exercice qui comporte des risques élevés, car l’existence même de nos organisations est en jeu.

Le programme de remboursement de taxes foncières

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) fait beaucoup référence à l’utilisation du Programme de remboursement des taxes foncières (PRTF) afin de combler la disparition de traitements, l’intensification de la sylviculture, la transition, etc.

Pour les mêmes raisons que nous avons évoquées à plusieurs reprises par le passé, cette approche n’est pas appropriée. En effet, comme l’assiette fiscale n’est pas également distribuée provincialement, plusieurs producteurs ne sont pas en mesure d’utiliser ce programme ou de l’utiliser à un même niveau. Ainsi, l’approche retenue par le MFFP se traduira par la priorisation des régions périurbaines aux dépens des régions plus éloignées.

Importance des guides sylvicoles

La valeur d’un taux n’a aucun sens si le cahier de charges n’est pas connu. Actuellement, le MFFP travaille à produire un cahier de balises pour les différents traitements. Ce cahier est de la plus haute importance, car il peut faire en sorte qu’un taux soit trop bas ou trop élevé.

Par ailleurs, le MFFP estime que cette manière de faire augmentera la latitude du professionnel forestier. C’est vrai et souhaitable, mais réalisable seulement si les paramètres techniques sont encadrés dans le cahier de charges.

Des données à recueillir

Nous comprenons très bien qu’il s’agit d’un premier effort et que le projet proposé en est un d’amélioration continue. Par contre, il faut reconnaître que les données utilisées sont les mêmes qui avaient été décrites par le MFFP lors des travaux préparatoires au Rendez-vous de la forêt privée de 2011.

Une transition

De l’aveu même du MFFP, la grille que nous utiliserons cette année en sera une transitoire, car beaucoup de modifications seront apportées à la suite de l’accumulation de connaissances. Pour ces mêmes raisons, nous croyons qu’un plan transitoire doit être mis en place pour la prochaine saison.

Un exemple? Les budgets sont généralement attribués en juin et juillet. À cette date, il est beaucoup trop tard pour commencer la planification. Pour y arriver, les groupements forestiers doivent prendre des risques, solliciter des producteurs, signer des ententes bien avant que les budgets soient disponibles.

Cette approche sert bien le MFFP sans quoi, certains travaux ne pourraient être réalisés (i.e le reboisement) et le programme sous-utilisé. En supportant financièrement les travaux, les groupements forestiers permettent de faire fonctionner le programme.

Or, comme les groupements forestiers doivent prendre de l’avance, il arrive parfois qu’il y ait un dépassement des travaux réalisés sur ceux payés. Ces travaux sont supportés financièrement une année de plus par le groupement forestier et remis dans la programmation l’année suivante.

La disparition de certains traitements et la modification de taux induisent nécessairement une perte directe pour les producteurs regroupés pour des travaux qui ont déjà été réalisés. L’idée n’est pas de freiner, mais d’accélérer Nous entrons dans une nouvelle ère en forêt privée. L’idée n’est pas de reculer, mais plutôt de prendre le temps de faire un pas à la fois, pour atteindre notre vitesse de croisière le plus rapidement possible.