Renald Bernier

Vraiment mobilisés !

17 Fév. 2017

Quand j’ai commencé à travailler, j’ai compris deux principes importants qui me suivent depuis et qui m’ont toujours aidé. Je vous les confie, bien simplement.

Le premier : Ce n’est pas parce que tu fais un profit ou un déficit à la fin de l’année que tu sais si tu es bon ou mauvais. C’est ce que tu as dû traverser et réaliser pour arriver à ce résultat qui fait foi de tout.

Le second: Quand tu commences dans la vie, tu traines un pack sack d’erreurs sur le dos. Plus tu avances, plus il va en tomber. Ne sois pas assez imbécile pour t’arrêter et les ramasser ! Laisse les là et continue ton chemin.

La mobilisation de l’industrie

Au moment où j’écris ces mots, je viens tout juste de recevoir le bilan après huit mois de la production de bois en forêt privée compilée par la FPFQ. C’est un bon, même un très bon travail qui est plus difficile à réaliser qu’il n’en paraît. Ce sont, de loin nos meilleurs données pour évaluer l’atteinte de l’objectif de 1 million de mètres cubes supplémentaires.

Les chiffres sont très intéressants. On estime qu’il se produira 27% plus de bois durant l’année 2016 par rapport à 2015, soit 846 000 mètres cubes de plus. Très impressionnant comme résultat. On a rarement vu cela ! Évidemment, cette augmentation varie d’une région à l’autre. D’aucuns pourrait dire que selon les prévisions, nous arriverions en deça de l’objectif de 1 million de mètres cubes. C’est là que le premier principe arrive. Que devons-nous faire afin de produire du bois ? La dernière saison n’a pas été facile et les obstacles ont été nombreux. Quelques exemples ? Les conditions d’offre et de demande varient d’une région à l’autre. Dans certains cas, le marché des produits secondaires est totalement bloqué ce qui empêche d’offrir des droits de coupe minimums aux producteurs.

Le calcul des taux d’aide ne correspond pas toujours aux réalités du terrain, ce qui diminue artificiellement les revenus des producteurs. L’application de nouvelles règles dans la gestion des taux et des balises techniques a entrainé de nombreux imbroglios en début d’année, ce qui a ralenti la planification et le début des travaux. Il y a eu une augmentation importante de ventes de forêt publique, ce qui a augmenté l’offre et donc diminué les prix. Malgré tout, les livraisons ont augmenté. Les propriétaires se sont mobilisés. Le bois est sorti. Imaginez si toutes les conditions avaient été réunies. Nous aurions pu viser encore plus haut.

Parlant de conditions

Il serait ridicule de s’apitoyer sur notre sort en disant que les conditions ne sont pas idéales. Ridicule car nous savions tous que nous embarquions dans une nouvelle aventure et, qu’inévitablement, certaines choses ne seraient pas parfaites. Laissez-moi vous dire, avec les chiffres de production dont nous disposons actuellement, que je suis convaincu que l’objectif de 1 million de mètres cubes supplémentaires est à notre portée. Surtout si tous mettent l’épaule à la roue en aidant les groupements forestiers et les conseillers indépendants.

C’est ici que le second principe entre en jeu : ne pas remplir notre sac avec les erreurs du passé. Le réflexe de tout un chacun afin de s’assurer qu’une action se fasse était, et souvent «est» encore, de contraindre les groupements forestiers à «faire quelque chose» plutôt que de trouver des outils pour les aider. Il m’apparaît évident que nos organisations sont mobilisées vers la récolte de bois. Nous avons même commencé bien avant l’annonce de budgets supplémentaires.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plutôt que d’ajouter des contraintes, donnons-nous des outils supplémentaires pour atteindre l’objectif. Il faut travailler ensemble et non présumer que certains iront à contre-courant. Je le répète, si nous voulons pousser le programme de mise en valeur et la récolte de bois au maximum, il est impératif de donner de la latitude aux professionnels forestiers. Il faut leur permettre d’exercer leur jugement et leur faire confi ance plutôt que de craindre qu’ils s’écartent du chemin. Jugeons par le résultat et non par le chemin emprunté.

Par ailleurs, il ne sert à rien de tout recommencer. Nous avons déjà acquis beaucoup d’expertise qui peut s’appliquer à la réalité de la forêt privée. Prenons par exemple le calcul de taux. De nombreux travaux ont été réalisés en forêt publique. Moyennant quelques ajustements, ils peuvent être utilisés en forêt privée. En effet, une fois dans le champ, le reboiseur va au même rythme dans un cas comme dans l’autre pour un terrain de même difficulté.

Je suis bien conscient qu’une culture ne se change pas en deux mois. Toutefois, nous avons l’occasion de propulser la forêt privée encore plus haut. Laissons nos erreurs derrières nous plutôt que de continuer à les trainer.