LA SER DE LA NEIGETTE CONSTRUIT UNE ÉRABLIÈRE

Ceci n’est pas une cabane

Les lots acquis offrent une possibilité de développement acéricole de plus de 100 000 entailles. La superficie totale est d’environ 8 kilomètres carrés. Dès la saison prochaine et sans la moindre modification aux équipements de l’érablière, M. Ouellet explique qu’il serait possible de travailler avec 70 000 entailles.

Les lots acquis offrent une possibilité de développement acéricole de plus de 100 000 entailles. La superficie totale est d’environ 8 kilomètres carrés. Dès la saison prochaine et sans la moindre modification aux équipements de l’érablière, M. Ouellet explique qu’il serait possible de travailler avec 70 000 entailles.

Photo: Guy Lavoie

20 Fév. 2018

Au moment d’écrire ces lignes, la SER de la Neigette s’affaire à la construction d’une cabane à sucre. Le mot cabane est injuste. On parle plutôt d’une impressionnante usine à production de sirop d’érable. Le Monde Forestier s’est rendu à Saint-Marcellin près de Rimouski à la fin janvier pour constater de visu l’état des travaux et discuter du projet avec le directeur général de la SER de la Neigette, BERNARD OUELLET.

Guy Lavoie

GENÈSE

Le groupement forestier, qui a pignon sur rue à Trinité-des-Monts, s’est intéressé à des lots boisés à une quarantaine de kilomètres de son siège social, dans la municipalité de Saint- Marcellin. On prévoyait y réaliser un aménagement intensif de la forêt. Mais la disponibilité d’un contingent de production de sirop d’érable a changé la donne. Les lots convoités présentaient le potentiel d’y exploiter une érablière de plus de 100 000 entailles.

En parallèle aux démarches pour l’acquisition des lots de Saint-Marcellin, on prépare le dossier afin de déposer auprès de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec une demande dans le but d’obtenir le contingent disponible. Et le sort a voulu que la SER soit l’heureuse organisation qui hérite du contingent de 25 000 entailles. Le projet d’érablière venait de se concrétiser.

Grosso modo, les tractations pour l’achat des lots se sont concrétisés en juin 2016, l’obtention du contingentement a suivi en octobre 2016 de sorte que les débuts des travaux pour l’érablière ont débuté durant l’hiver 2017 et la construction des infrastructures en octobre 2017. On prévoit récolter de l’eau d’érable dès mars 2018.

PRÉPARATION

Bien que les premiers ouvriers aient commencé la construction de l’installation en octobre dernier, le directeur général de la SER de la Neigette a sauté à pieds joints dans le projet bien avant. Comme il l’explique, les équipementiers sont excellents pour conseiller leurs clients en ce qui concerne les fonctions de leurs produits pour la récolte, le transport et la transformation de l’eau d’érable. Mais peu de personne ne s’y connaissent vraiment pour construire une érablière à partir de zéro et pour assembler de façon optimale tous les morceaux du puzzle.

Un peu comme une orchestre symphonique : chaque musicien est maître dans l’art d’utiliser son instrument, mais un chef doit harmoniser le groupe pour créer la symphonie. M. Ouellet s’est alors transformé en chef d’orchestre. Il a visité près d’une centaine d’érablières et de cabanes à sucre dans sa région, en Beauce et en Estrie. Question de s’inspirer des bons coups et d’essayer d’éviter les erreurs des autres. Architecture, plans à court, moyen et long terme, organisation du travail et du personnel, tout a donc été géré par Bernard Ouellet et PIERRE-LUC ROUSSEL.

Ils sont confiants que les six mois prévus pour la construction de l’érablière seront respectés et que l’eau d’érable y sera acheminée et transformée en mars prochain ! On estime le coût de l’opération à 1,8M$ (en excluant le coût de l’achat des lots). Es-ce un investissement proportionnel à l’exploitation d’une érablière de 25 000 entailles ? Pas du tout. Le projet est beaucoup plus vaste, il comprend plusieurs volets et offre plusieurs options de déploiement. L’investissement initial sera alors amorti plus ou moins rapidement et le retour plus intéressant.

Les lots acquis offrent une possibilité de développement acéricole de plus de 100 000 entailles. La superficie totale est d’environ 8 kilomètres carrés. Dès la saison prochaine et sans la moindre modification aux équipements de l’érablière, M. Ouellet explique qu’il serait possible de travailler avec 70 000 entailles. L’an un sera donc une période de rodage.

Plusieurs projets à court, moyen et long sont dans les cartons de l’organisation. Premièrement, le bâtiment est d’une hauteur impressionnante — 18 pieds. L’objectif est simple : au moment où l’équipement ne répondra plus aux besoins, on ajoutera un étage et on agrandira par l’intérieur ! Même des portes de garage sont stratégiquement disposées partout autour de l’immeuble pour ces éventuels besoins de croissance.

Quel type de croissance ? Le dynamique groupement du Bas-St-Laurent a plusieurs idées. En plus de simplement exploiter le potentiel de sa propriété, il pourra offrir différents types de services de transformation de l’eau d’érable à ses voisins de lots et ses membres. Il sera aussi possible d’offrir des services forestiers complets aux acériculteurs et même une aide «clés en main» pour les différentes étapes de réalisation d’un tel projet à quiconque veut se construire une érablière… après tout, la SER est passée par là !

Et parlant de la cabane qui (vous l’avez compris) n’a rien d’une «cabane» car en plus de son imposante dimension (120 par 60 pieds), il sera possible d’y tenir des réunions. Elle sera équipée de toutes les commodités d’un chalet : cuisine et chambres à l’étage. Il est aussi prévu d’utiliser le site comme pourvoirie de chasse et de pêche.

En attendant, l’équipe de la SER se concentre sur les travaux pour que l’érablière soit prête à traiter l’eau d’érable dès le mois de mars. Au moment du passage du Monde Forestier, on s’apprêtait à couler les planchers et terminer la finition des murs intérieurs. Pour ce qui est de l’extérieur qui n’est pas encore terminée, M. Ouellet a fièrement expliqué qu’une grande partie sera composée d’élégantes planches de pin provenant des majestueux spécimens qui peuplaient le site de la «cabane» avant sa construction. Pour ceux qui s’y rendront, il en reste plusieurs, directement en face de la construction. Pour l’instant, ces arbres sont les spectateurs privilégiés des travaux de construction de ce beau projet et ils seront les premiers à percevoir les doux arômes du sirop qui y sera produit.