Chasse: aménager un étang sur votre terre à bois

Un étang bien aménagé et isolé attire inévitablement les canards.

Un étang bien aménagé et isolé attire inévitablement les canards.

Photo: Claude Lafond

12 Juin. 2015

Auparavant, un étang sur une terre était désigné comme étant une «swamp», un lieu qu’il vaut mieux remblayer ou à tout le moins, qui est sans valeur. Aujourd’hui, on se rend compte que ça peut être un habitat privilégié pour la faune et même un aimant à canards!

Alain Demers

Pour la chasse ou pour le simple plaisir d’observer la nature, il est d’ailleurs possible d’aménager un étang afin qu’il soit davantage fréquenté par les canards et par d’autres oiseaux aquatiques, grâce aux conseils de Canards Illimités Canada.

Le choix d’un site

S’il n’y a pas d’étang sur votre terre, vous pouvez en créer un. Le site doit être naturellement humide, avec une dépression pour favoriser une meilleure accumulation d’eau. Un sol imperméable argileux est idéal afin d’éviter que l’étang s’assèche. L’eau peut provenir d’une source naturelle ou encore d’un puits.

Points techniques

L’aménagement d’un étang peut se faire à même une dépression naturelle ou en étant creusé. Un étang peut également être créé par l’érection d’un barrage ou d’une digue. Des contours sinueux sont préférables, pour mieux isoler les couples et les couvées.

Des îlots aménagés avec le sol du creusage ou même de petites plates-formes flottantes permettent aux canards de se retrouver les pattes au sec pour se lisser les plumes et de se protéger des prédateurs.

Une moitié de l’étang devrait être constituée d’une zone peu profonde d’au maximum un mètre, afin que la végétation aquatique puisse pousser. L’autre moitié, la zone plus creuse, pourrait atteindre de 1,5 à 2 mètres.

Barrage et digue

Une partie du sol déblayé peut servir à l’érection d’une digue conjointement à un barrage pour maintenir le niveau de l’eau. Une structure de contrôle comprend aussi éventuellement un déversoir pour évacuer les surplus d’eau lors d’inondations printanières ou lors de pluie abondantes.

De tels aménagements sont toutefois plus complexes qu’il n’y paraît et pour être approuvés, doivent être vérifiés par un ingénieur spécialisé dans le domaine. Il faut donc y penser deux fois avant de vous embarquer dans un processus plus long et plus cher.

Pour être en règle

Avant même de commencer l’aménagement d’un étang, certaines démarches sont requises pour être en règle. Voici en gros les étapes à suivre.

1- Contactez le bureau régional du ministère québécois du Déve- loppement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), en vous référant à leur site Web. Vous aurez à remplir une demande pour un certificat d’autorisation. Au ministère, on vous donnera aussi des précisions sur les autres démarches à suivre.

2- Il faut obtenir un avis de conformité de la part de la municipalité et de la MRC pour poursuivre le projet. L’idée consiste à s’assurer que la localisation de l’étang ne se trouve pas dans une zone où les aménagements sont interdits, ce qui est le cas par exemple dans un milieu naturel protégé.

3- Vérifiez auprès de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) si le lieu se trouve en territoire zoné agricole.

Appâter au maïs

Une coutume pratiquée par certains chasseurs consiste à déposer des grains de maïs dans l’étang, ce qui est irrésistible comme nourriture pour les canards. Il faut savoir que pour être en loi, il faut cesser cette pratique 14 jours avant de chasser au même endroit. Ce règlement doit être respecté à la lettre sous peine de perdre votre droit de chasser pendant au moins un an. Mieux vaut être transparent, quitte à contacter un agent de conservation pour lui en parler.

Un aimant à canards

Durant mes 20 années de chasse au canard au lac Saint-Pierre, entre Sorel-Tracy et Trois-Rivières, je suis allé un peu partout: au large dans une embarcation camouflée tout comme au marais dans une cache. Par contre, c’est à Saint-Barthélemy, dans un étang privé isolé et entouré d’arbres que j’ai vécu la partie de chasse la plus fructueuse en peu de temps. En une heure ou deux après le lever du soleil, nous avions déjà abattu notre limite légale de six canards par chasseur, pour un total de 18.

Les volatiles venaient vraiment se jeter en toute confiance près de nos appelants. C’est un dénommé CARON, décédé aujourd’hui, qui m’avait invité en échange d’une excursion de pêche aux grosses truites sur le lac Ontario. Sa stratégie était simple et efficace. Pas de chasse durant une semaine. Plusieurs canards qui s’éloignaient des coups de feu et des chasseurs sur le lac ou dans les marais des alentours se posaient dans l’étang, visiblement paisible. Autrement dit, l’idée consistait à créer un havre de paix pour les canards et les inciter à s’y réfugier. Le fait de chasser les canards une seule fois par semaine ne les éloignait pas pour longtemps. Ils finissaient par revenir.

Un endroit spécial

Quelques saisons plus tard, vers la fin des années 1980, j’y suis retourné pour faire un reportage aux nouvelles de Montréal, Ce soir, à la télé de Radio-Canada. L’étang était tout aussi fréquenté par les canards. Il y a deux ans, pour un documentaire sur la chasse diffusé sur le canal Historia auquel j’ai participé, un segment y a été tourné avec ALAIN COSSETTE de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, en compagnie de ses deux filles. Les canards étaient encore au rendez-vous.

Propriété de Canards Illimités Canada depuis seulement quelques années et géré pour la chasse par le pourvoyeur STÉPHANE MARIN, l’étang est toujours attrayant pour les canards