Chauffage aux granules pour l’érablière

Photo : courtoisie

2 Avr. 2013
Marie-Claude Boileau

L’évaporateur de chauffage aux granules de l’érablière de la Coopérative Haut Plan Vert fait des petits. Une dizaine d’entreprises acéricoles ont délaissé le mazout pour ce type de chauffage. Mais le rêve du directeur de la coopérative forestière est de créer un circuit court et de produire des granules au Bas-Saint-Laurent. Lorsqu’est venu le temps d’acheter un système de chauffage pour leur érablière industrielle, les membres de la Coopérative Haut Plan Vert ont pesé les options, mais ils ont opté pour la granule de bois pour des raisons économiques et environnementales. ÉRIC BÉLANGER, directeur général de la coopérative est fier de dire qu’après Chaudière-Appalaches, le Bas-Saint-Laurent est le deuxième producteur de sirop d’érable, particulièrement dans la région du Témiscouata. «Dans notre coin, c’est un secteur d’activité intéressant qui offre des emplois de qualité et où il s’en dégage une petite marge de profit. L’acériculture soutient certains villages de notre région. Mais il y a une fuite d’argent et c’est le mazout», signale-t-il. Bon an mal an, il estime qu’au Témiscouata, il va se consommer dans l’espace de 4 à 5 semaines, près de 2,5 millions de litres de mazout. En partenariat avec l’entreprise CDL, spécialisée en équipements pour les érablières, la coopérative a testé en 2001 un prototype d’évaporateur aux granules. Cet appareil a nécessité un investissement qui représente entre 5 000$ et 10 000$ de plus qu’un appareil au mazout. Toutefois, l’évaporateur a donné des résultats surprenants dès sa première année en fonction. Selon les données récoltées, la coopérative aurait fait des économies de l’ordre de 51%. Ainsi, plutôt qu’avoir dépensé 14 000$ en mazout, elle a acheté pour 7000$ en granules. Depuis, différents producteurs de sirop d’érable ont opté pour la granule également. Pour l’instant, la Coopérative Haut Plan Vert achète ses granules de bois auprès d’une entreprise du Nouveau-Brunswick. Mais le directeur général souhaite créer un circuit court pour s’approvisionner. L’objectif est donc de produire leur propre énergie à partir d’une plante fourragère, le panic érigé. «On est dans une région où il y a beaucoup d’abandons de terre agricole. On tente de trouver une solution pour ces sols en friche. Ça pourrait être intéressant », mentionne-t-il. La Coopérative travaille avec le Club d’encadrement technique en acériculture et le Club d’encadrement de gestion des sols. Ensemble, ils ont ensemencé 75 hectares de panic érigé. «Par rapport à la culture de la plante, la régie de la culture est établie à 85%. On sait comment faire, il nous reste encore des variétés à développer et à vérifier le type de sol idéal. Ce qu’il nous manque c’est de faire des tests», informe M. Bélanger. L’organisation aimerait qu’un centre de recherche teste la granule de panic érigé dans un mini évaporateur afin de déterminer la dimension idéale, la densité nécessaire afin de développer le tout et ainsi, produire à grande échelle. Mais pour entreprendre ces essais, il faut de l’argent. «Politiquement, il nous faudrait un coup de pouce. On ne le fait pas nous, mais pour l’ensemble d’un secteur économique. On aimerait qu’un politicien régional prenne le projet sous son aile. Ce serait un beau projet typiquement régional pour se démarquer», rêve-t-il. La crise forestière a touché la Coopérative Haut Plan Vert au même titre que les autres entreprises dans le domaine. Celle-ci tente de conserver les emplois en usant d’imagination et en diversifiant ses activités. D’où l’achat de l’érablière industrielle, située dans le Haut pays de la Neigette, en 2009. Pour installer, entailler et laver, huit personnes sont employées. En fonction, quatre techniciens assurent le déroulement. L’érablière se compose de 25 000 entailles. L’an dernier, on a produit 101 mille livres de sirop d’érable, soit environ 240 barils. N’empêche, la coopérative forestière se structure pour se lancer l’an prochain dans le développement de produits forestiers non ligneux (PFNL). L’organisation s’inspire de la coopérative de Girardville et d’Origina. «Chaque région a des produits particuliers. Notre but est de trouver le produit qui représente bien le Bas-Saint-Laurent, tant pour les champignons forestiers que les plantes que l’on peut transformer en huile. C’est aussi de trouver la façon de structurer la cueillette et de commercialiser le produit», indique le directeur général.