Consortium en foresterie Gaspésie-Les-Île: 10 ans de recherche

François Perreault, Samuel Pinna, Olivier Perrotte Caron, Hirondelle Varady-Szabo, Marie-Eve Bernatchez, Eduard Mauri Ortuno, Geneviève Tremblay et Eduardo Bittencourt.

François Perreault, Samuel Pinna, Olivier Perrotte Caron, Hirondelle Varady-Szabo, Marie-Eve Bernatchez, Eduard Mauri Ortuno, Geneviève Tremblay et Eduardo Bittencourt.

Photo: courtoisie

4 Mar. 2013
Marie-Claude Boileau

Grâce à une petite équipe de chercheurs, on connaît mieux la forêt de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. Mis sur pied il y a 10 ans, le Consortium en foresterie Gaspésie- Les-Îles est depuis un pivot dans le savoir forestier. Pour en connaître davantage, Le Monde forestier s’est entretenu avec son directeur, EDUARDO BITTENCOURT.

Comment est né le Consortium?

En 2003, le Cégep de la Gaspésie et des Îles, à Gaspé, a créé le Consortium pour le développement durable de la forêt gaspésienne, un organisme sans but lucratif, afin de promouvoir le développement durable de la Gaspésie. En 2005, un changement de nom a eu lieu et nous sommes devenus le Consortium en foresterie Gaspésie-Les-Îles. En 2010, nous nous sommes affiliés à l’Université du Québec à Rimouski.

Quel était le contexte forestier en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine à cette époque?

Au début, la région ne disposait ni d’orientations régionales cohérentes en matière d’acquisition et de développement de connaissances, ni de stratégie pour le transfert de ces connaissances. Aussi, contrairement à la plupart des autres régions forestières du Québec, la Gaspésie ne possède ni université, ni centre de recherche, ni chaire de recherche forestière, ni autre organisme voué à la recherche forestière proprement dite ou à la recherche dans un domaine associé au milieu forestier. Pendant cette période-là, les seuls individus avec doctorat lié au secteur forestier en Gaspésie travaillaient au Consortium. Aujourd’hui, la région possède 5 centres de recherche, mais le Consortium est le seul strictement forestier.

Quelle est la mission du Consortium?

La mission du Consortium est divisée en deux facettes, soit celle d’être le pivot régional du savoir forestier et acquérir et transférer les connaissances sur les forêts de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine dans une optique de développement durable.

Votre mission a-t-elle évolué depuis 10 ans?

Les grandes lignes de notre mission ont été conservées, mais l’ampleur de nos sujets de recherche devient de plus en plus raffinée pour bien répondre au caractère dynamique d’une ambiance où la connaissance est en constante évolution.

Quel bilan faites-vous de vos 10 ans?

Au cours des dix dernières années, le Consortium a traversé plusieurs transformations et défis, toujours pour répondre aux demandes de connaissances forestières de la région. Au sein de l’organisation, nous sommes passés par différents changements tant à la direction que des employés. Du côté de nos activités, nous avons, au début, concentré nos efforts dans la diffusion de connaissances à travers des activités comme des colloques et ateliers. Quelques années plus tard, les demandes nous ont amenés à accentuer sur la recherche. Maintenant, nous essayons de trouver la balance entre ces deux facettes du développement de la connaissance. À ce jour, nous avons réalisé plus de 100 projets pour la région (projets de recherche et activités de transfert de connaissances confondus) et presque 2 000 participants directs à nos activités de diffusion de connaissances.

Qui travaille au Consortium? Combien d’employés êtes-vous?

Lors de la création du Consortium, trois personnes composaient l’équipe. Aujourd’hui nous sommes une dizaine de personnes de divers « backgrounds » et provenant de différents pays. Notre collaboration avec d’autres institutions nous permet aussi d’accueillir des stagiaires de différents niveaux, de technicien à post-doc.

Combien de membres avezvous? Qui sont-ils?

Le nombre de membres se situe autour de 60 – 75 depuis la création de l’organisation. Ces membres proviennent de différents groupes intéressés au milieu forestier de la région : industriels, ministères et agences gouvernementales, firmes de consultants, intervenants de la forêt privée, coopératives forestières, monde municipal, intervenants fauniques, universités, OSBL, individus, etc.

Quels sont vos principaux sujets d’étude?

Nous travaillons sur trois principaux axes de recherche : l’aménagement écosystémique, la sylviculture intensive et la gestion intégrée des ressources.

Qui choisit les sujets de recherche?

La démarche pour choisir les sujets de recherche est faite en continu et elle est composée de deux phases. Dans une première phase, un recueil de besoins de connaissances est effectué pour l’identification des lacunes de connaissances forestières régionales. Il y a une fiche pour exprimer un besoin de connaissances pour la région toujours disponible sur notre site Web. Avec cette base, nous utilisons l’expertise de notre comité consultatif pour choisir les sujets de recherche les plus pertinents pour la région, il s’agit de la phase II. Ce comité est composé de personnes qui représentent les différents intervenants de la forêt gaspésienne.

Sur combien de projets travaillez- vous par année?

Il n’y a pas une quantité définie de projets, parce que cela dépend de l’amplitude de chaque projet. En général, on peut dire que, chaque année, nous avons entre 15 et 20 projets (projets de recherche et activités de transfert de connaissances).

Qu’est-ce que les études du Consortium vous ont permis d’apprendre sur la forêt gaspésienne que vous ne saviez pas il y a 10 ans?

En fait, au fur et à la mesure que la connaissance avance, nous comprenons mieux les lacunes des connaissances sur les milieux naturels qui nous entourent. Notre vision sur l’utilisation idéale de la forêt aussi change constamment. Des exemples sur ce sujet sont le rôle de la forêt sur les activités commerciales, ou sur la préservation de la ressource, ou même sur les influences du milieu forestier sur nos activités de loisir. Chaque fois que la connaissance sur un de ces sujets s’approfondit, on découvre que le concept idéal d’utilisation peut être encore amélioré ou raffiné. Ainsi, nous pouvons dire que nous sommes en perpétuel apprentissage sur la forêt gaspésienne.

Le Consortium a-t-il toujours sa pertinence après 10 ans?

Tout à fait! Comme expliqué précédemment, les besoins de connaissance sont récurrents et changent fréquemment. En effet, je crois que l’existence du Consortium est de plus en plus pertinente!

D’où vient votre financement?

Durant la première phase du Consortium, l’agence Développement économique Canada (DEC) était le partenaire financier principal du Consortium en collaboration avec le Cégep de la Gaspésie et des Îles. Maintenant, le MRN, la CRÉ et l’UQAR sont nos principaux partenaires financiers. Nous travaillons pour la signature d’une entente de financement entre ces trois organisations pour garantir du financement récurrent à notre institution.

De combien est votre budget de recherche?

Notre budget annuel de recherche, d’après la moyenne des dernières années, est d’environ 600 000$.

Quels sont vos projets pour 2013?

L’année 2013 sera le début de la nouvelle phase du Consortium. Nos objectifs principaux sont de finir plusieurs projets de recherche en cours, faire une nouvelle récolte de besoins de connaissances, et renforcer les liens avec nos membres et partenaires. L’année 2013 sera une année de transformation au sein du Consortium pour mieux répondre aux attentes de notre région.

Y a-t-il un projet dont vous êtes le plus fier?

En fait, ce dont nous sommes le plus fier, c’est d’être capable de mener plusieurs projets en même temps et de voir les impacts pour les intervenants forestiers une fois complétés. Il y a des projets qui ont une plus large envergure et, par conséquent, qui facilitent la visualisation de retombées. Des projets comme le portrait historique forestier de la péninsule de Forillon, ou même le projet sur la récolte des branches de sapin sont des exemples dont les retombées sont plus évidentes. D’autres projets sont plus spécifiques, avec des retombées pour un ou deux groupes d’intervenants.

Pour en savoir plus : mieuxconnaitrelaforet.ca