Programme de reconnaissance des acquis et des compétences

Convertir son expérience en diplôme

Photo: Guy Lavoie

27 Août. 2012
Fanny Roux-Fouillet

Grâce au programme de reconnaissance des acquis et des compétences (RAC), il est maintenant possible pour les forestiers n’ayant pas de diplôme de faire valider officiellement les connaissances qu’ils ont acquises hors du système scolaire.

Ce programme existe depuis une dizaine d’années au Québec, et couvre tous les domaines professionnels. Il permet d’obtenir un diplôme collégial (auprès d’un cégep) ou un diplôme d’études professionnelles (auprès d’un centre de formation professionnelle). Il est possible de le suivre partout au Québec. Dans la région de Québec, c’est auprès de l’école de foresterie et de technologie du bois de Duchesnay qu’il faut effectuer une démarche afin d’obtenir un DEP.

Une démarche personnalisée

La reconnaissance des acquis ne se fait pas de la même façon pour tous les demandeurs. En fonction des acquis, des objectifs, de la motivation ou encore des disponibilités de l’individu, la durée et le contenu de la formation peuvent différer. Tandis que certains candidats bouclent leur programme en quelques mois, d’autres choisissent de l’étaler sur plusieurs années. Le programme de RAC ne mène d’ailleurs pas nécessairement à un diplôme. Certaines personnes choisissent, par exemple, de ne faire reconnaître que quelques compétences spécifiques qui leur sont nécessaires dans une recherche d’emploi, ou qui leur sont demandées par leur employeur actuel.

Pour être diplômé

Afin d’obtenir un diplôme, le demandeur doit tout d’abord envoyer à l’école un dossier contenant notamment son curriculum vitae, des preuves de scolarité ou de formation. Il rencontrera ensuite un spécialiste qui l’interrogera sur ses compétences. Cela permettra de déterminer quels acquis peuvent être validés. Les expériences professionnelles ne sont pas les seuls éléments pris en compte pour la validation des acquis. Toutes les expériences de vie (loisirs, bénévolat, etc.) peuvent être prises en considération, à condition que le travailleur y ait développé les compétences recherchées. Les critères d’admission pour le programme de reconnaissance des acquis sont les mêmes que ceux du programme d’études visé. Toutefois, «comme les candidats sont souvent des gens qui n’ont pas une grande scolarité, on les envoie souvent passer un test de développement généralisé (TDG)», raconte SIMON TALBOT, conseiller pédagogique à l’école de foresterie de Duchesnay.

Mettre à jour ses compétences

Si toutes les compétences requises pour le diplôme visé ne sont pas maîtrisées, il sera alors possible pour le travailleur de suivre les formations correspondantes au sein d’une classe. «La personne se joint au groupe-classe pour aller chercher les éléments de validation qui lui manquent», explique M. Talbot. Parfois, une compétence n’est maîtrisée que partiellement, et le demandeur doit donc suivre une partie du module correspondant. Toute cette organisation «demande une bonne communication avec le client et l’enseignant», fait remarquer M. Talbot. «D’autant plus qu’une grande partie de la formation en foresterie se fait sur le terrain et peut donc changer au dernier moment en fonction de la météo». «L’important, c’est que la personne est encadrée. Elle peut venir discuter avec nous des difficultés qu’elle rencontre dans sa formation, ou de ses besoins», ajoute le conseiller pédagogique.

Pas un diplôme à rabais

Simon Talbot insiste sur le fait que la reconnaissance des acquis est une démarche sérieuse. «Ça ne se règle pas au téléphone. Ce n’est pas un diplôme qu’on trouve dans une boîte de céréales.» Un diplôme obtenu par la reconnaissance des acquis a en effet la même valeur qu’un diplôme obtenu par des études régulières.

Adaptée aux adultes

La formation offerte est conçue pour être adaptée aux adultes. Si le travailleur doit être prêt à «s’asseoir un peu sur les bancs de l’école» pour obtenir son diplôme, il n’a pas à y passer dix mois à temps plein, commente M. Talbot. L’horaire peut être organisé de façon, par exemple, à permettre au candidat de continuer à travailler normalement pendant la durée de sa formation.

À l’avantage du travailleur

Simon Talbot affirme que la reconnaissance des acquis permet de «faciliter la vie professionnelle du travailleur, ou son intégration au marché du travail». Être diplômé permet également au travailleur de recevoir un salaire qu’il mettrait plusieurs années à atteindre sur la base de l’expérience. «En fin de compte, cela bénéficie aussi à l’employeur», puisque l’employé acquiert de nouvelles compétences spécifiques, complète M. Talbot. Cliquez sur Duchesnay pour plus d’information sur les programmes de l’École de foresterie et de technologies du bois de Duchesnay.