Coop forestière Haut Plan Vert: diversification grâce au sirop d’érable

Une des deux érablières appartenant à la coop a été complètement remodelée de A à Z. La coopérative a décidé d’aller de l’avant avec un établissement à la fine pointe de la technologie.

Une des deux érablières appartenant à la coop a été complètement remodelée de A à Z. La coopérative a décidé d’aller de l’avant avec un établissement à la fine pointe de la technologie.

30 Mar. 2016

La Coopérative forestière Haut Plan Vert a décidé, en 2009-2010, de diversifier ses activités en se lançant dans l’acériculture. Ce projet de diversification est un des bons coups de l’entreprise.

Marie-Claude Boileau

Le directeur général, ÉRIC BÉLANGER, explique que s’ils ont opté pour ce domaine, c’est parce qu’ils possédaient les ressources nécessaires. «Toute diversification au sein d’une entreprise est supportée par les ressources humaines. Au-delà de l’équipement et des actifs pour produire, si l’on n’a pas de personnes-clés, je ne le conseillerais pas. Nous avions du personnel compétent pour nous lancer dans une diversification en acériculture», mentionne-t-il.

Leur projet a donné des résultats concluants. Les deux érablières appartenant à la coop regroupent tout près de 60 000 entailles et produisent en haut de la moyenne québécoise. La production de sirop d’érable est un domaine connexe à la foresterie. Plusieurs employés avaient de l’expérience pour exploiter une érablière.

En embarquant dans cette aventure, la coopérative a ainsi pu solidifier entre 12 et 15 emplois. «On a pu consolider notre main-d’oeuvre, des techniciens forestiers, qui vivaient une période assez tranquille jusqu’au printemps», explique M. Bélanger.

Autre point positif, le chiffre d’affaires de l’entreprise a augmenté, ce qui a permis à son équipe d’avoir plus de temps pour l’administration et la gestion des deux érablières.

Projet technologique et vert

Une des deux érablières a été complètement remodelée de A à Z. La coopérative a décidé d’aller de l’avant avec un établissement à la fine pointe de la technologie. Ainsi, l’érablière possède un système de détection de fuites, un système de collectes dont les tubulures principales sont enfouies dans le sol.

Le directeur général est très fier du projet. Il invite d’ailleurs les gens à la visiter pour s’en inspirer. Dans la région du Témiscouata, ils étaient parmi les premiers à opter pour ces technologies. Ils ont donc servi de vitrine pour les grandes entreprises. «Ç’a permis à d’autres producteurs acéricoles de se doter d’équipements. Aussi, des équipementiers ont travaillé pour faire évoluer cette technologie-là», indique-t-il en ajoutant que trois ou quatre acériculteurs ont emboîté le pas l’année suivante.

La Coopérative Haut Plan Vert a choisi de doter cette érablière d’un évaporateur aux granules de bois. Une décision qui allait avec les valeurs de l’entreprise. M. Bélanger et son équipe trouvaient que brûler du mazout ne concordait pas avec leur projet. Les granules sont présentement achetées, mais le directeur général espère un jour pouvoir s’approvisionner en carburant dans un circuit court. «Ultimement, on rêve de pouvoir produire notre propre énergie. Je ne sais pas si l’on va y arriver, mais on surveille ça de près», confie-t-il.

Le directeur général ne s’en cache pas: tous ces choix ont représenté un certain investissement. «Ça ne se fait plus avec des chaudières et un cheval. Tu dois te doter d’actifs assez importants et pour ça, il faut investir», soutient-il en ajoutant que si c’était à refaire, il opterait pour la même chose tant du point de vue environnemental qu’économique.

Certifié bio

Autre fierté pour l’entreprise: leur sirop d’érable est certifié bio. «On est content. Ça allait avec nos valeurs. De plus, cela à porté ses fruits parce que c’est de plus en plus recherché», fait-il savoir.

Obtenir la certification a été un processus exigeant qui nécessite des suivis de registre. M. Bélanger ne le recommanderait pas pour ceux qui cherchent seulement à obtenir la prime. Il est toutefois heureux d’avoir un système qui récupère les filtrats qui servent ensuite à laver les équipements. «Ça revient à nettoyer avec de l’eau distillée chaude, chauffée à même l’évaporateur. Ça fait très bien le travail. On ne changerait pas notre méthode», soutient-il.

Leur production de sirop d’érable est en haut de la moyenne provinciale. Celui-ci est vendu en vrac. M. Bélanger aimerait un jour aller vers la commercialisation, mais présentement, ils ne disposent pas des personnes ressources pour aller de l’avant avec cette idée. Ils détiennent toutefois des équipements qui leur permettent d’être versatiles. «On peut faire un sirop pas très goûteux pour les industriels, mais on peut également produire un liquide goûteux. On est donc capable de s’adapter aux clients», aviset-il. Toute cette expérience jumelée à une main d’oeuvre qualifiée permet à la coopérative d’offrir des services liés à ce domaine d’activité.

Selon leur disponibilité, ils installent d’un à deux systèmes de collecte par année. «Ça prend des outils et des connaissances notamment en cartographie numérique pour ce type de travail. Nos techniciens forestiers ont l’expertise», indique le directeur général.

Ils proposent aussi leur savoir-faire pour la préparation technique d’une érablière, notamment dans l’élaboration d’un plan de croissance. «On peut faire un inventaire du potentiel. On détermine le nombre d’entailles, le contour de l’érablière, etc. Nous avons des techniciens pour ça», indique M. Bélanger. Pour du service-conseil, il réfère au club d’encadrement technique de la région. «Ils font un beau travail d’aide technique et donnent des formations intéressantes destinées aux acériculteurs. Je suggère aux gens d’en devenir membre», conseille-t-il.