Coopérative forestière de la Matapédia

Récolte et déchiquetage de la biomasse résiduelle

Un porteur forestier récupère les tiges et houppiers laissés au sol à la suite d

Un porteur forestier récupère les tiges et houppiers laissés au sol à la suite d'une coupe mécanisée à la multifonctionnelle afin de les empiler en bordure du chemin.

Photo: Claude Morin

18 Jan. 2012
Claude Morin

Une visite-terrain a permis à un groupe de 70 personnes, attentives et intéressées, d’observer « in situ » les opérations de récolte et de déchiquetage de la biomasse forestière résiduelle. La journée de démonstration, organisée par le Réseau biomasse forestière de la Vallée de la Matapédia, a eu lieu à la fin du mois d’octobre dans la Seigneurie du Lac-Matapédia et à Saint-Zénon-du-Lac- Humqui dans la région du Bas-Saint-Laurent.

Récolte de la biomasse

Sur les lieux d’un chablis survenu à l’été 2011 dans la Seigneurie du Lac-Matapédia, la Coopérative forestière de la Matapédia a procédé à une coupe mécanisée à l’aide d’une multifonctionnelle et d’un porteur forestier, où s’intègre une récolte de biomasse forestière résiduelle. Le chantier de récupération s’est effectué sur une superficie de 36 hectares dans un peuplement mélangé de l’un des versants adjacent au lac Matapédia. «Il s’agit d’un travail de récupération intégrée. Le porteur forestier passe après le travail exécuté par la multifonctionnelle. Pour la récolte de la biomasse provenant des branches et des houppiers, on se concentre sur les essences feuillues qui sont placées en bordure du chemin. Une règle de base : la biomasse préparée cette année ne sera pas déchiquetée avant l’an prochain. On attend un an pour ramener le taux d’humidité de la biomasse à 35%. En fait, la récolte de biomasse forestière ressemble beaucoup à la façon de faire du bois de chauffage », a expliqué l’ingénieur forestier SIMON ROY, de la Coopérative forestière de la Matapédia. La Coop bénéficie d’une entente d’attribution pour la récolte de biomasse forestière résiduelle avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Il s’agit d’un accord de cinq ans, de 2009 à 2014, pour une allocation de 10 300 tonnes métriques vertes (tmv) par année.

Déchiquetage de la biomasse

Dans la forêt de Saint-Zénon-du-Lac-Humqui, les visiteurs ont assisté à une démonstration du travail exécuté sur place, en bordure d’un chemin forestier, par la déchiqueteuse de fabrication finlandaise (KESLA C645), montée sur la plate-forme d’un camion de la Coopérative forestière de la Matapédia. L’assemblage du camion et de la déchiqueteuse a été réalisé par une entreprise d’Amqui, Mécano Mobile R.L. Un système de soufflerie propulse la biomasse déchiquetée directement dans la benne d’un camion remorque, placé à proximité. « Un système de grilles (tamis) interchangeables de différentes dimensions permet de contrôler la granulométrie de la biomasse à la sortie de la déchiqueteuse », précise le propriétaire de la firme Mécano Mobile, RENAUD LAVOIE. La productivité estimée de la déchiqueteuse s’établit de 10 à 20 tmv/ hre dans les résidus de coupe. Selon le directeur général de la Coopérative forestière de la Matapédia, YOLAND LÉGARÉ : « Cette unité d’opération entièrement intégrée permet une plus grande versatilité au niveau des déplacements.»

Projet type à Saint-Léon-le-Grand

« Nous voulons devenir une référence au Québec pour le chauffage à la biomasse », fait valoir l’agente de développement de la Société d’aide au développement de la collectivité de la Matapédia, MARTINE SOUCY. « Dans l’établissement de notre filière de la biomasse forestière, nous continuons de connaître des progrès intéressants. Grâce à notre expertise développée au Centre hospitalier d’Amqui, nous menons aujourd’hui différents projets dans cinq municipalités. Comme chaque modèle varie d’un endroit à l’autre, en fonction du nombre de bâtiments, nous estimons que les divers types de chaufferie pourraient servir ailleurs au Québec », indique-t-elle. Dans le village de Saint-Léonle- Grand qui compte 1 020 personnes, la firme Gestion Conseils PMI dirige un projet centralisé d’une chaufferie en réseau. Trois édifices seront ainsi desservis: le garage municipal, une résidence de personnes âgées et l’église du village. « En fait, nous installerons une chaudière de 300 kilowatts dans le garage municipal qui sera relié aux autres immeubles par des tuyaux de chauffage à l’eau. La chaufferie, alimentée à la biomasse forestière, devrait être mise en service au printemps 2012. On a prévu l’espace nécessaire afin d’ajouter éventuellement d’autres chaudières à biomasse, selon les besoins futurs de la paroisse. Pour les trois premiers bâtiments, le réseau va consommer de 200 à 215 tonnes de biomasse sur une base annuelle, à un taux d’humidité de 35% », a décrit ANDRÉ SAVARD, de la firme Gestion Conseils PMI d’Amqui. Outre le projet du village de Saint-Léon-le-Grand, des réseaux de chauffage collectif municipal progressent à Causapscal, Amqui, Val-Brillant et Sayabec. Des demandes sont aussi à l’étude pour les municipalités de Saint-Vianney, Sainte-Irène ainsi que pour le parc régional de Val d’Irène dans la Vallée de la Matapédia.