PIERRE-LUC GAGNON ET MARC-ANDRÉ GAGNON

D’arbre en arbre. D’une génération à l’autre. Puis l’autre.

Pierre-Luc Gagnon et Marc-André Gagnon. Leur entreprise spécialisée dans l’exploitation forestière agit comme sous-traitant, soit pour des coopératives ou pour des entreprises privées. «On coupe la forêt», de dire l’un. «Non, plutôt, on cultive la forêt», de rectifier l’autre.

Pierre-Luc Gagnon et Marc-André Gagnon. Leur entreprise spécialisée dans l’exploitation forestière agit comme sous-traitant, soit pour des coopératives ou pour des entreprises privées. «On coupe la forêt», de dire l’un. «Non, plutôt, on cultive la forêt», de rectifier l’autre.

Photo: Guy Lavoie

18 Sep. 2017

La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre. Dans le cas présent, on peut dire que les frères Gagnon de l’entreprise Multi-Tiges Inc. étaient presque prédestinés à oeuvrer dans le domaine forestier. L’histoire d’une passion familiale.

Stéphane Bourque

L’entreprise Multi-Tiges Inc. a été créée en 1993 à La Baie par leur père. Marc-André s’est joint à l’entreprise familiale en 1996 à l’âge de 17 ans tandis que Pierre-Luc faisait le saut en 2002 à l’âge de 20 ans. «Notre père a travaillé toute sa vie dans le domaine de la forêt», de mentionner en même temps les frères Gagnon.

Ils ont choisi de suivre la trace de leur père en travaillant dans le même domaine. «Y’a pas juste ça, notre grand père était aussi forestier. Il a eu 12 enfants. Cinq fils et sept filles. Bien, les cinq fils, dont notre père, ont tous été forestiers», d’ajouter Pierre-Luc. C’est ainsi que s’est transmise la passion du domaine forestier jusqu’aux frères Gagnon.

L’ENTREPRISE FAMILIALE

L’entreprise spécialisée dans l’exploitation forestière agit comme sous-traitant, soit pour des coopératives ou pour des entreprises privées. «On coupe la forêt», de dire l’un. «Non, plutôt, on cultive la forêt», de rectifier l’autre. Dans les faits, le travail de l’entreprise vise à protéger la forêt et en assurer sa régénération en bonne et due forme. Les principaux équipements de Multi-Tiges consistent en deux abatteuses ELTEC, deux têtes d’abattage PONSEE H7 et un transporteur PONSEE Elephant King, tous très récents. «Les autres compagnies ont habituellement une abatteuse et un transporteur. On se distingue par notre contexte de travail et notre main-d’oeuvre qualifiée», de clarifier Pierre-Luc.

Pour M. CLAUDE DUPUIS, directeur général du Groupe Forestra Coopérative Forestière, les frères Gagnon n’ont pas peur d’être à la fine pointe de la technologie. «Ils ont toujours de l’équipement assez récent, car ils veulent surtout faire de la qualité et de la production. Présentement, nous sommes en train de tester de nouveaux équipements GPS sur le terrain avec eux.»

Multi-Tiges emploie sept personnes dans l’entreprise depuis près de 10 ans. Ce sont tous des passionnés de la forêt et l’équipe dirigée par les frères Gagnon est capable d’effectuer un travail de qualité avec cet équipement. «Les frères Gagnon sont très dynamiques et ils ont une équipe de récolte très performante. Une équipe à leur image», d’ajouter M. Dupuis lors de notre conversation téléphonique.

Les Gagnon vont où il y a du travail et ils ont longtemps travaillé pour des coopératives. «Nous avons été 10 ans à Ferland-et-Boilleau, 5 ans pour Abitibi-Consol sur la Côte-Nord et 5 ans sur le chantier à Chibougamau. Ces 3-4 dernières années, nous travaillons avec la Coopérative Forestra», d’énumérer Marc-André. L’été et l’automne, les travaux effectués par Multi- Tiges Inc. se font surtout au mont Valin tandis que l’hiver jusqu’au printemps, les travaux se déroulent dans le parc des Laurentides. «Cela nous donne environ 41 à 43 semaines d’opération sur le terrain et habituellement en avril et en mai pendant six semaines, on en profite pour faire l’entretien mécanique de nos équipements dans notre garage à La Baie», d’ajouter Marc-André.

LA CRISE FORESTIÈRE ET LE SYSTÈME D

En 2007, l’industrie forestière vit une crise et il y a une pénurie de contrats un peu partout. Malgré la crise, les frères Gagnon vont passer au travers. «On n’avait pas le choix. On s’est diversifié et on a fait beaucoup de sollicitations.», de dire Marc-André.

À force de se questionner, de s’informer, de téléphoner et de chercher du travail, les frères Gagnon ont déniché un contrat avec Hydro-Québec. Ils ont ainsi travaillé pendant 7 à 8 mois au réservoir EASTMAIN-1-A dans la région du Nord-du-Québec à ramasser du bois immergé dans l’eau. Ce contrat a sauvé l’année forestière et fi nancière de Multi-Tiges Inc. «On n’a pas peur de l’ouvrage et d’aller ailleurs s’il le faut», de dire les deux frères d’un commun accord.

L’AVENIR

En octobre, cela fera 3 ans que les frères Gagnon ont pris la relève de la compagnie familiale. «On a de très bons résultats. On est une équipe de gens passionnés et on est très optimiste pour la suite des choses», de dire Pierre-Luc. La compagnie Multi-Tiges s’est bâti une très bonne réputation au fil des années dans son domaine. «C’est un petit monde, vous savez. On se démarque par la qualité de notre travail. Ça ne nuit pas quand vient le temps d’obtenir d’autres contrats et pour travailler le plus longtemps possible.», d’ajouter Marc-André.

Si l’on se fie aux commentaires obtenus auprès de M. Dupuis, les frères Gagnon n’en manqueront pas «Organisation, planification et analyse dans tous les aspects de leur travail. Ils calculent tout pour avoir le moins de pertes possible.»

L’ÉQUILIBRE FAMILIAL DANS LA NATURE

Chacun étant père de deux enfants, les frères vivent des réalités familiales similaires. Marc- André est père de deux filles âgées respectivement de 12 et 9 ans tandis que Pierre-Luc est père de deux garçons âgés de 10 et 8 ans. «Ça prend une conjointe compréhensive et prête à assumer beaucoup de responsabilités familiales », de dire l’un. «Nos conjointes connaissaient très bien notre passion de la forêt avant de s’engager dans une telle aventure de vie avec nous… D’un autre côté, on a un horaire 4-3, soit 4 jours dans la forêt et 3 jours consécutifs de vie de famille de qualité à la maison», de compléter l’autre.

Les frères Gagnon partagent aussi un chalet commun dans la nature où ils passent du bon temps en famille en pratiquant plusieurs activités extérieures. «L’été, c’est le bateau, la pêche, les sorties en quatre roues tandis que l’hiver, ça se passe en motoneige ou bien sur les pentes du mont Edouard», de conclure Marc-André.