PROGRAMME D’INVESTISSEMENT DE 17,3 M $

De l’argent frais pour les pépinières

En juin, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, LUC BLANCHETTE, a annoncé un investissement de 9,3 M $ sur trois ans dans les pépinières publiques et 8 M $ sur quatre dans les pépinières privées

En juin, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, LUC BLANCHETTE, a annoncé un investissement de 9,3 M $ sur trois ans dans les pépinières publiques et 8 M $ sur quatre dans les pépinières privées

Photo: Guy Lavoie

3 Oct. 2017

Les pépinières forestières québécoises pourront (enfin!) être modernisées. Le gouvernement du Québec a annoncé la mise en place d’un programme totalisant 17,3 M $ pour leur rénovation.

Marie-Claude Boileau

En juin, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, LUC BLANCHETTE, a annoncé un investissement de 9,3 M $ sur trois ans dans les pépinières publiques et 8 M $ sur quatre dans les pépinières privées. « L’apport de nos pépinières est un atout majeur dans la chaîne de valeur de notre industrie : celles-ci ont un effet positif sur la possibilité forestière, elles permettent de consolider des milliers d’emplois, en forêt comme en usine, et elles permettent aussi de contrer les effets des changements climatiques », souligne le ministre.

Rappelons qu’il existe six pépinières publiques du gouvernement du Québec et 13 pépinières privées regroupées sous l’Office des producteurs de plants forestiers du Québec. Depuis 1995, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) produit chaque année environ 130 millions de plants forestiers qui sont destinés au reboisement. En période de pointe, quelque 2000 travailleurs oeuvrent dans les pépinières.

Cet investissement important est une initiative du ministère. Après une tournée de certaines pépinières publiques et privées à l’automne 2015, le directeur Production de semences et de plants forestiers au MFFP, PHILIPPE LALIBERTÉ, s’est rapidement rendu compte de la désuétude des équipements. « On voyait bien que les équipements étaient passablement avancés en âge. Ils étaient encore fonctionnels, mais on me disait qu’il y avait beaucoup de bris, donc des temps morts, et par conséquent, les plants produits coutaient plus chers », indique-t-il. Celui-ci a par la suite mandaté un ingénieur mécanique afin de dresser le portrait des équipements des pépinières publiques et dans une certaine proportion pour des pépinières privées. Puis, il a préparé un dossier qu’il a soumis aux autorités du MFFP, qui elles, ont ensuite présenté ce dossier au Conseil du Trésor.

M. Laliberté explique que les actifs des pépinières publiques représentent environ 190 M $. Chaque année, une petite somme était consacrée à l’entretien des infrastructures des pépinières publiques. Les bonnes pratiques de gestion d’un parc immobilier voudraient qu’il y ait un investissement de 2 % dans leur maintenance, mais ce n’est pas la réalité en raison des contraintes et des choix gouvernementaux.

Or, puisque les derniers investissements importants remontent aux années 80, un rattrapage était rendu nécessaire. « On avait besoin d’un coup de barre. Certains travaillent avec des tracteurs de 1963 ou 1974 », fait-il savoir. Même chose du côté des pépinières privées qui ont été créées dans les années 80.

CRITÈRES

Le programme vise donc à remplacer et moderniser les équipements et les infrastructures des pépinières. La mesure sera applicable à la réfection des stations de pompage, les chambres froides, les systèmes d’irrigation et de fertilisation ou le renouvellement de la machinerie. Les deux groupes ont des enveloppes distinctes. L’argent sera investi en proportion étant donné que les pépinières privées notamment ne produisent pas toutes la même quantité de plants. « Ainsi, la grosseur et le nombre d’équipements ne sont pas les mêmes. On va viser à se rapprocher de la capacité de production de chacune des pépinières », explique-t-il.

Pour ce qui est des pépinières publiques, le portrait est très précis. « La ligne est claire. On s’approche du prorata, mais on veut que ça soit des investissements en lien avec la production de plants », ajoute M. Desjardins. Du côté des pépinières privées, les directeurs devront déposer un projet. Celui-ci sera ensuite analysé par un petit comité composé entre autres de M. Laliberté et d’un ingénieur mécanique. Dans leur cas, ce sont jusqu’à 80 % des coûts admissibles de remplacement, de modernisation ou d’ajout des équipements ou des infrastructures qui sont liés aux activités de production de plants qui peuvent être financés.