Scierie Alexandre Lemay et Fils Inc.

De nouveaux emplois créés en Beauce

Gilles Lemay devant l’usine de Ste-Marie.

Gilles Lemay devant l’usine de Ste-Marie.

Photo: Guy Lavoie

11 Déc. 2014


La Scierie Alexandre Lemay et Fils Inc. est en bonne voie de compléter le démarrage de sa nouvelle usine de sciage de Sainte-Marie en Beauce, créant par le fait même 25 nouveaux emplois directs.

Bernard Gauthier

Il s’agit d’une excellente nouvelle compte tenu que la production a redémarré en juin dernier après quatre ans d’inactivité suite à l’incendie de la scierie à Saint-Bernard, à quelque 20 kilomètres de Sainte-Marie. «À l’heure actuelle, nous produisons 35 millions de pieds mesure de planche (PMP) et ces résultats pourraient doubler éventuellement si nous investissons pour optimiser l’usine et créer un second quart de travail. Une vingtaine d’emplois supplémentaires pourraient alors être créés. Le facteur déterminant est l’approvisionnement en bois rond parce que nous travaillons exclusivement en forêt privée, dû au fait que nous sommes l’une des quelques entreprises au Canada exclues de l’entente sur le bois d’œuvre avec les Américains», indique GILLES LEMAY, directeur général de la Scierie Lemay. «Nous nous approvisionnons sur le marché privé régional.»

S’agit-il d’un avantage? Tout dépend du contexte économique, raconte Gilles Lemay. «Lorsque la demande est moins forte chez nos voisins du Sud, nous sommes favorisés. Toutefois, une demande plus élevée a pour effet de nous placer au même pied que nos concurrents.»

Investissement

Scierie Lemay, qui possède des séchoirs à bois et une usine de rabotage moderne à Saint-Bernard, a fait l’acquisition de la scierie de Sainte-Marie, en juin dernier, au terme de longues discussions avec Eacom Timber. Cette entreprise, qui opère plusieurs scieries en Abitibi et en Ontario, n’avait jamais redémarré les activités de l’usine de Sainte-Marie depuis l’acquisition des installations en 2010 de Domtar. Le montant de la transaction et des coûts n’a pas été révélé mais M. Lemay précise qu’il s’agit d’un projet d’ensemble (achat, démarrage et modernisation) de plusieurs millions de dollars. «Notre objectif est de réinvestir dans l’usine pour optimiser et augmenter la production au cours des prochaines années.»

Sainte-Marie : un choix intéressant

En perdant sa scierie à Saint-Bernard en janvier 2010, Scierie Lemay a dû cesser ses activités pendant 4 ans. «Le contexte économique était difficile. Nous avons attendu que le secteur s’améliore. Plusieurs possibilités étaient sur la table : reconstruire une scierie, acheter ou établir un partenariat avec une autre entreprise. Finalement, nous avons retenu l’idée d’acquérir l’usine de Sainte-Marie. Du coup, cela a créé près de 25 emplois directs et une quinzaine d’autres à Saint-Bernard», poursuit Gilles Lemay.

Spécialisée dans la coupe de bois court de 10 pieds et moins, Scierie Lemay estime avoir marqué un bon coup en procédant à l’acquisition de l’usine de Sainte-Marie. «Après l’incendie à notre usine de Saint-Bernard, il n’était pas difficile d’imaginer ce mariage. Sainte-Marie a la capacité d’approvisionner en bonne partie nos installations de Saint-Bernard dans le même type de coupe de bois court.»

La priorité est accordée aux billes de 8 et 9 pieds. Un point à souligner : l’usine de rabotage de Saint-Bernard a la capacité d’aller au-delà de l’approvisionnement fourni par la scierie de Sainte-Marie. Ainsi, d’autres usines de sciage qui n’ont pas les installations pour faire la finition du bois comme le séchage, rabotage, emballage et préparation pour l’expédition, pourront acheminer leur production à Saint-Bernard. «Il existe encore plusieurs scieries qui n’ont pas encore ce deuxième volet. Il est certain que nous allons faire du travail à forfait pour d’autres entreprises. Des démarches sont en cours et certaines entreprises ont déjà manifesté leur intention de venir chez nous.»

Défi

Depuis juin dernier, le principal défi repose sur un bon redémarrage des activités. La remise en fonction des opérations, tant à Sainte-Marie qu’à Saint-Bernard, est la préoccupation constante des dirigeants de Scierie Lemay. «Après quatre ans d’inactivité, il y a beaucoup de rodage technique à faire. Et il y a toujours des surprises qui nous attendent. Il faut rebâtir tout notre réseau d’approvisionnement en bois rond, rétablir les contacts avec nos clients et réorganiser la mise en marché du côté américain pour répondre aux besoins de la construction et de la rénovation domiciliaires.»

Reprise encourageante

Depuis la récession de 2008, le prix de la bille a augmenté de 30 % et le marché américain montre des signes encourageants d’une reprise durable. Parmi les clients de Scierie Lemay qui tirent avantage de la reprise du marché du bois, mentionnons VAB Solutions, une entreprise spécialisée dans l’instrumentation industrielle par vision numérique.

Un contrat de plusieurs centaines de milliers de dollars a été conclu pour la vente et l’installation d’un système complet d’optimisation de la classification au rabotage.

Optimiseur linéaire

L’achat et l’installation de l’optimiseur linéaire de classification au rabotage ont été complétés au début de septembre. Cette technologie remplace le travail des classificateurs, une main-d’œuvre difficile à trouver et tout particulièrement dans la région. L’objectif premier de Scierie Lemay est le retour sur investissement qui se déroule sur une période de 3 à 6 mois. «Les avantages sont très nombreux. Non seulement les erreurs humaines sont éliminées, mais la productivité est de loin accrue. La machine ne se trompe pas. Lorsqu’il y a un nœud dans le bois, l’optimiseur va couper au quart de pouce près. Un travailleurs ne peut pas le faire de façon aussi précise en si peu de temps», explique JESSY ROSS, directeur ventes et marketing, VAB Solutions. «L’humain a tendance à commettre des erreurs en déclassant le bois d’un grade à un autre. À long terme, cela engendre des pertes pour une scierie.»