Organisé par l’OIFQ

Débat : comment assurer la rentabilité des produits sylvicoles?

Le 20 mars dernier, à l’Hôtel Clarion de Québec, une centaine d’intervenants du secteur forestier se sont déplacés pour un débat, organisé par l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec (OIFQ), et portant sur la rentabilité des investissements sylvicoles au Québec.

Le 20 mars dernier, à l’Hôtel Clarion de Québec, une centaine d’intervenants du secteur forestier se sont déplacés pour un débat, organisé par l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec (OIFQ), et portant sur la rentabilité des investissements sylvicoles au Québec.

Photo: archives LMF

29 Avr. 2013
Mélanie Grenier

Le 20 mars dernier, à l’Hôtel Clarion de Québec, une centaine d’intervenants du secteur forestier se sont déplacés pour un débat, organisé par l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec (OIFQ), et portant sur la rentabilité des investissements sylvicoles au Québec. L’événement a permis aux participants d’entendre six conférenciers avant de prendre part à un débat interactif. Une formule qui a semblé plaire aux personnes présentes.

L’OIFQ a voulu profiter d’un contexte d’entrée en vigueur imminente du nouveau régime forestier pour discuter de la rentabilité des produits sylvicoles. «L’OIFQ n’a pas le rôle de prendre position, mais il a le mandat de faire une vigie sur l’aménagement durable des forêts», explique DENIS VILLENEUVE, ing.f., président de l’Ordre pour expliquer le choix de l’organisation de tenir un tel événement.

Pourquoi investir en forêt?

Parmi les conférenciers, mentionnons la présence de MÉLISSA LAINESSE, M.A., économiste au ministère des Ressources naturelles du Québec (MRN) et de MICHEL VINCENT, ing.f., économiste au Groupe Del Degan, Massé et Associés. Leur présentation conjointe, intitulée «Moderniser notre processus décisionnel pour une forêt rentable», a permis entre autres d’énoncer une thèse : pour investir en forêt, les retombées économiques, dont l’emploi et la possibilité forestière, sont souvent des raisons évoquées. Or, selon les deux économistes, ce sont de mauvaises raisons pour justifier les investissements sylvicoles. Pour eux, c’est donc le processus décisionnel qui entraîne les investissements qui doit être revu et modernisé. Et ce processus doit prévoir différents moyens favorisant la création de la richesse. Ces moyens sont la révision des prescriptions sylvicoles, la modification des structures de coûts, la compensation financière et la possibilité de laisser croître la forêt.

Intensifier la production ligneuse?

FRANÇOIS LALIBERTÉ, ing.f., MGP, directeur des études forestières chez Genivar a également offert une présentation intéressante intitulée Détermination des aires d’intensification de la production ligneuse (AIPL) en Mauricie. Il a expliqué que l’entreprise qu’il représente a obtenu le mandat d’agir comme expert dans une démarche d’identification des AIPL potentielles. La région doit concilier production ligneuse, production et mise en valeur de diverses autres ressources et conservation des écosystèmes; ce qui entraîne souvent une baisse des possibilités forestières et une augmentation des coûts d’aménagement. Et comme la solution à cette réalité est d’intensifier la production ligneuse, il est important de s’assurer que ces investissements auront l’effet escompté. C’est pourquoi M. Laliberté prône la nécessité d’utiliser un indicateur de rentabilité économique pour éclairer la prise de décision.

D’autres conférenciers

À l’occasion de cette journée de débat, d’autres conférenciers étaient présents. FRANÇOIS BERGERON, ing.f., président de François Bergeron Conseiller forestier a offert une présentation intitulée Analyse de rentabilité financière à l’échelle du peuplement en forêt privée; JEAN-MARTIN LUSSIER, ing.f., Ph.D., chercheur scientifique en sylviculture au Service canadien des forêts a présenté : Changer notre modèle mental pour produire de la valeur au lieu de produire du bois : le cas du jardinage des forêts feuillues et finalement, HARVEY MEAD, Ph.D., professeur et auteur, a présenté : La valeur de la forêt : Indices fournis par l’Indice de progrès véritable (IPV).

Les conclusions

Le président de l’OIFQ est très satisfait de l’événement qui a eu lieu à Québec. Pour lui, cette possibilité de débattre d’un sujet peut vraiment «faire avancer les choses». Mais il tient à retirer son chapeau de président de l’OIFQ il est aussi conseiller technique au Syndicat des propriétaires forestiers de la région de Québec – pour ajouter qu’il trouve déplorable qu’au Québec «on semble s’être fait à l’idée que ça prend des subventions pour fonctionner». «Comment faire pour avoir une ressource qui a une valeur en ellemême? », se demande-t-il. Pour l’ingénieur en forêt privée, la Finlande a peut-être une solution. En effet, dans ce pays scandinave l’épinette sur pied a une valeur de 56 euros du m3 et se vend réellement plus de 61 euros du m3. Un modèle à imiter?

Une formule à réutiliser

Bref, la journée de débat a permis de faire ressortir plusieurs idées intéressantes. «Notre sondage auprès des participants a démontré un haut taux de satisfaction quant à la formule présentée. C’est pourquoi l’Ordre compte organiser d’autres événements du genre», rapporte FRANCOIS-HUGUES BERNIER, ing.f., directeur des communications et de la foresterie à l’OIFQ. Tous les détails concernant la tenue d’autres événements organisés par l’OIFQ seront disponibles sur le site Web de l’Ordre.