Produits forestiers non-ligneux

«Secrets de plantes 2» : à la découverte des plantes

Fabien Girard

Fabien Girard

Photo: courtoisie

20 Nov. 2013
Marie-Claude Boileau

Parce que les forêts regorgent de plantes aux propriétés méconnues, le biologiste et professeur, Fabien Girard, a décidé de poursuivre leur identification. Ces découvertes sont regroupées dans son plus récent ouvrage, Secrets de plantes 2.

Paru en 2008, son bouquin Secrets de plantes 1 rassemblait une quarantaine de plantes aux multiples qualités. Quatre ans et demi plus tard, FABIEN GIRARD récidive avec presque autant de nouvelles plantes qui possèdent des applications cosmétiques, culinaires, médicinales et thérapeutiques. «C’est ma passion! Quand je regarde une plante, j’aime la décortiquer et déterminer de quelle façon elle pourrait être utile à l’homme, que ce soit au niveau médicinal, thérapeutique, etc. Il faut utiliser le manteau vert pour en faire profiter les gens», soutient l’auteur. Celui-ci fait savoir que la forêt québécoise cache des richesses insoupçonnées qu’il désire faire connaître. «Toutes ces années de recherches m’ont permis de découvrir que l’on a toutes les équivalences de la planète dans nos forêts.

Les Québécois ne le savent pas, mais avec la verge d’or du Canada, récoltée début mai, et ce, seulement durant une semaine, on obtient un arôme qui ressemble beaucoup au curcuma. Il faut s’intéresser plus à ces plantes-là», indique-t-il. Le livre est abondamment illustré et l’on propose une quinzaine de recettes. «Avec du plantain majeur, je propose de préparer un jus vert. Le lierre terrestre, que l’on retrouve sur toutes nos pelouses, on peut l’utiliser dans des tisanes, des salades, des béchamels. C’est tellement bon! Moi, je monte mes pizzas avec ça. Je parle aussi des plantes carnivores, comme la sarracénie ainsi que du poivre du Québec», énumère le biologiste de formation. Chacune des plantes identifiées par M. Girard a été analysée par des laboratoires scientifiques.

Par exemple, le laboratoire de l’Université du Québec à Chicoutimi a analysé les composés volatils de ses fractions des huiles essentielles. De son côté, l’Université Laval a fait des tests au niveau des nutraceutiques pour comptabiliser les antioxydants. Quant à l’Institut Armand- Frappier, il a évalué les propriétés antitumorales. Enfin, deux laboratoires privés ont travaillé sur les minéraux des tableaux périodiques sous forme de cendre dans les analyses de feuilles et de partie à consommer. «Ça nous a permis de faire des découvertes intéressantes», commente l’auteur. C’est à la suite d’une remarque de deux stagiaires qui ont affirmé que l’on pouvait faire notre épicerie en forêt que Fabien Girard a entrepris de répertorier ce que recelait la forêt. «Depuis le tout début, je me suis donné comme mission de tout marquer ce que je découvrais et de le vulgariser. J’ai travaillé avec cinq laboratoires de recherche pour valider mes découvertes. Il y a tellement eu de charlatanisme que les gens ne sont pas dupes, ils veulent la vérité. Avec tout ce bagage, je me suis dit qu’il fallait en faire profiter le public. Tout est là dans les boisés en face de chez nous, il faut que les Québécois s’approprient nos richesses qui sont inutilisées et meurent à l’automne», avance M. Girard.

Toutes les plantes inscrites dans les deux livres se trouvent partout en Amérique. D’ailleurs, le premier tome a trouvé des acheteurs en Suisse, en France et même en Californie. Passionné et surtout curieux des plantes, M. Girard a étudié en technique en milieu naturel au Cégep Saint-Félicien avant d’entamer sa formation en biologie à l’Université du Québec à Chicoutimi. Il travaille ensuite dans le nord du Lac-Saint-Jean chez Produits du bois, une filiale de la Coopérative forestière de Girardville où il a la responsabilité de le recherche. Il raconte que lorsqu’il goûtait à un arôme intéressant d’une plante, il tentait de la recréer dans une assiette. Peu à peu, ses expérimentations le mènent à s’intéresser aux huiles essentielles et aux épices. De ces recherches naîtront les épices d’Origina. «Mais à cause de projets très intéressants, je suis parti de la coop après 13 ans pour enseigner au Cégep, car les meilleurs ambassadeurs pour faire connaître ces produits ce sont les étudiants », explique-t-il.

N’empêche, le professeur poursuit ses recherches. Depuis près de deux ans, il travaille avec l’équipe du docteur RICHARD BÉLIVEAU afin d’étudier les plantes boréales et leur rapport aux différents types de cancer. L’objectif de cette collaboration avec l’Université de Montréal est de déterminer si des plantes du Québec pourraient être utilisées pour soigner des maladies. «Tout pousse ici pour soigner les gens d’ici, soutient M. Girard. C’est une vérité que l’on veut prouver par expérimentation en laboratoire de recherche.» D’ici à ce que les plantes nous surprennent encore, il est possible de se procurer les livres de Fabien Girard dans les librairies.