Commission scolaire des Bois-Francs

Des agrandissements d’école en bois

Habituellement, les planches de bois servent de matériaux pour la construction, mais ne sont pas visibles. Or, dans ce projet, elles ne sont pas dissimulées. Bien au contraire, ces lattes de pin servent au décor tout en assurant la qualité acoustique du gymnase.

Habituellement, les planches de bois servent de matériaux pour la construction, mais ne sont pas visibles. Or, dans ce projet, elles ne sont pas dissimulées. Bien au contraire, ces lattes de pin servent au décor tout en assurant la qualité acoustique du gymnase.

Photo: courtoisie

28 Juin. 2017

À la Commission scolaire des Bois-Francs, lorsqu’une école doit être agrandie, la prémisse de départ est qu’elle sera faite en bois. Il s’agit d’une orientation de l’organisation mise en place depuis une dizaine d’années. C’est ainsi que l’agrandissement de l’école Saint-David de Victoriaville a été réalisé en bois en 2014.

Martine Rioux

«Au fil de nos projets, nous avons fait la preuve que nous pouvions réaliser des agrandissements en bois, qui respectent les budgets et le temps alloué à la réalisation, tout en répondant à nos critères de qualité», indique PATRICK ALLARD, chargé du projet à la Direction du service des ressources informatiques et matérielles de la Commission scolaire des Bois-Francs. Selon lui, la construction en bois souffre encore trop souvent de préjugés défavorables, notamment au niveau de l’acoustique, de l’étanchéité à l’eau et de la moisissure.

Pourtant, les techniques développées au cours des dernières décennies ont permis de raffiner la construction en bois qui devient plus avantageuse que celle en acier ou en béton. «Il fut un temps au Québec, avant les années 70, où les bâtiments institutionnels étaient faits de bois. Aujourd’hui, nous assistons à un retour aux sources et c’est tant mieux. Le bois est une ressource renouvelable, peu dommageable pour l’environnement, qui a fait ses preuves comme matériau économique et efficace», soutient-il. Il précise que, dans tous les appels d’offres qu’il prépare, il indique toujours clairement qu’il souhaite une structure de bois pour la réalisation de son projet de construction. «Il faut le mentionner, car ce n’est pas encore un automatisme chez les entrepreneurs et ingénieurs», dit M. Allard.

AGRANDISSEMENT DE L’ÉCOLE SAINT-DAVID

L’agrandissement de l’école Saint-David de Victoriaville aura été un projet exemplaire pour sa Commission scolaire. En effet, celui-ci s’est mérité un Prix d’excellence CECOBOIS en 2014, catégorie Bâtiment institutionnel moins de 1000 mètres carrés. Le projet consistait à réaménager et à agrandir l’école pour y ajouter un gymnase, des vestiaires et deux salles de musique.

Le projet comprenait bien sûr un lien avec l’école existante. «La double vocation de l’agrandissement, sport et musique, deux activités qui peuvent devenir bruyantes dans une école, rendait l’aspect acoustique primordial. De plus, nous avions à coeur de créer un lieu convivial, chaleureux et surtout différent des gymnases traditionnellement en blocs de béton peint. Il est certain que l’aspect bois a pu apporter le côté chaleureux tout en contribuant à la qualité acoustique», soutient ALAIN CÔTÉ, le propriétaire de Lemay Côté architectes, la firme responsable du projet.

M. Côté précise que sa firme n’en est pas à son premier projet architectural avec la Commission scolaire des Bois-Francs. Il se dit très enthousiaste face à la volonté de l’organisation d’utiliser le bois comme matériau principal. «Nous avons même proposé un projet qui misait sur une utilisation variée et visible du bois», dit-il. Ainsi, on retrouve ce matériau dans la structure, l’acoustique et le revêtement extérieur/intérieur. Les murs du gymnase sont revêtus de lattes de pin teint et verni sur une hauteur de trois mètres.

Habituellement, ces planches de bois servent de matériaux pour la construction, mais ne sont pas visibles. Or, dans ce projet, elles ne sont pas dissimulées. Bien au contraire, ces lattes de pin servent au décor tout en assurant la qualité acoustique du gymnase. Le revêtement extérieur du bâtiment est un mélange de bois, d’éléments métalliques et de maçonnerie. M. Côté fait remarquer que des graffitis ont été faits sur les éléments métalliques et de maçonnerie dans les mois suivant la construction. Le bois, lui, n’a jamais été touché par les vandales.

DES SOLUTIONS POUR RÉPONDRE AUX NORMES

La volonté de la Commission scolaire des Bois- Francs de construire en bois n’est pas toujours de tout repos, mais comme le dit M. Allard, «il faut trouver des solutions au fur et à mesure, en gardant toujours en tête que nous voulons privilégier le bois comme matériau principal». Ce fut notamment le cas pour l’agrandissement de l’école Saint-David, puisque des contraintes du site et de la réglementation auraient pu faire en sorte que le bois soit écarté comme matériau.

En effet, selon le Code du bâtiment, l’agrandissement aurait dû être une construction incombustible avec gicleurs. Pour contourner cette contrainte, les architectes ont érigé un mur coupe-feu pour séparer l’agrandissement du bâtiment existant. De plus, les exigences des façades de rayonnement demandaient une construction incombustible et un certain degré de résistance au feu pour certaines façades, les architectes ont alors développé un détail architectural dont la face intérieure de l’enveloppe contourne les éléments structuraux afin de les dissocier de l’enveloppe et leur permettre d’être en bois en plus de les laisser apparents.