Forum franco-québécois Bois et Forêt

Des échanges pour une filière plus forte

«Que l’on soit en France ou au Québec, les problèmes rencontrés par l’industrie forestière sont très semblables.» - Vincent Chamberland, coordonnateur aux communications de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec.

«Que l’on soit en France ou au Québec, les problèmes rencontrés par l’industrie forestière sont très semblables.» - Vincent Chamberland, coordonnateur aux communications de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec.

Photo: Guy Lavoie

11 Nov. 2014

«Que l’on soit en France ou au Québec, les problèmes rencontrés par l’industrie forestière sont très semblables. Voici le principal constat que nous pouvons dresser du 2e Forum franco-québécois Bois et Forêt», indique VINCENT CHAMBERLAND, coordonnateur aux communications de l’Ordre des ingénieurs forestiers du Québec.

Martine Rioux

L’événement, qui s’est tenu à Québec, du 22 au 25 septembre dernier, sous la présidence d’honneur du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP), LAURENT LESSARD, a réuni quelque 150 acteurs de l’industrie forestière, dont une trentaine en provenance de la France. Des professionnels, des architectes, des ingénieurs, des spécialistes de l’aménagement du territoire étaient notamment présents. Ils provenaient autant du secteur public que du secteur privé.

«Pratiquement tous les secteurs de la filière forestière étaient représentés. Et c’est justement ce que nous souhaitions afin d’avoir une vision globale de l’industrie», précise Vincent Chamberland.

Les quatre jours du Forum ont été consacrés à des conférences, ateliers et rencontres thématiques. Des visites terrain ainsi qu’une mission commerciale ont aussi été organisées. «L’objectif du Forum était de favoriser les échanges entre les acteurs d’ici, mais également d’améliorer la collaboration avec les acteurs français. En réseautant davantage, nous pouvons de part et d’autre partager nos bons coups et nous inspirer des succès des autres.

Les participants ont pu bénéficier du regard croisé des différents conférenciers québécois et français sur des sujets d’actualité touchant l’industrie forestière.» Parmi ceux-ci, l’évolution de la sylviculture et des opérations forestières, le rôle des municipalités dans la gestion forestière ainsi que la négociation de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (UE) qui laisse entrevoir des perspectives de développement significatives pour les produits forestiers du Québec.

Forêt Privée

Parmi les enjeux en lien avec l’industrie forestière qui sont communs au Québec et à la France, notons la mobilisation des bois en forêt privée et une meilleure acceptabilité du bois comme matériau de construction écologique. Des deux côtés de l’Atlantique, une part croissante de la possibilité de récolte forestière se trouve sur le territoire privé détenu par des dizaines de milliers de propriétaires de lots boisés. Or, ces forêts privées sont dispersées un peu partout sur le territoire et n’ont pas toujours des volumes suffisants de récolte. Le défi est donc d’assurer la gestion de ces forêts (plantation, récolte) à des conditions satisfaisantes autant pour le particulier propriétaire que pour l’industriel forestier engagé. Au cours des dernières décennies, le Québec et la France ont expérimenté différentes formules d’organisations et de politiques visant à favoriser cette mobilisation des bois.

Certification et construction en bois

Autre problématique commune : les programmes de certification des bâtiments verts tardent à intégrer l’analyse du cycle de vie dans leurs critères et la règlementation énergétique ne considère toujours pas l’énergie intrinsèque des matériaux qui permettrait au bois de se démarquer.

Pourtant, l’utilisation accrue du bois en construction est aujourd’hui reconnue comme un moyen de lutte aux changements climatiques puisque ce matériau est issu d’une ressource locale et renouvelable. D’ailleurs, autant au Québec qu’en France, l’augmentation de l’utilisation du bois comme matériau de construction a provoqué des contre offensives de la part des lobbys de l’acier ou du béton. «Il est essentiel de continuer de promouvoir les attributs écologiques du bois et d’assurer le positionnement du bois dans les politiques publiques de développement durable», dit M. Chamberland.

France Bois Forêt

Par ailleurs, M. Chamberland note que les Français, par le biais de l’association France Bois Forêt, possèdent une seule entité qui représente l’ensemble de la filière forestière auprès des instances gouvernementales. Il s’agit d’une organisation interprofessionnelle, qui regroupe les propriétaires et gestionnaires forestiers publics et privés, les pépiniéristes, grainiers et reboiseurs ainsi que tous les professionnels de la première transformation du bois (récolte, scierie, rabotage, parquet massif). Elle associe aussi les professionnels de la mise en œuvre dans le bâtiment. «Nous n’avons pas encore ce genre de front commun au Québec pour faire la promotion de l’industrie forestière. Nous pourrions certainement nous inspirer de cet exemple français pour le futur», affirme-t-il.

La conception et la construction de bâtiments en bois ont été au cœur de plusieurs ateliers. D’ailleurs, l’un des moments forts du Forum a été une tournée des plus importants projets de constructions institutionnelles et commerciales en bois dans la région de Québec afin de démontrer l’ingéniosité créative des architectes qui travaillent avec le bois.

De retour l’an prochain?

Bien qu’il soit trop tôt pour confirmer qu’un troisième Forum se tiendra en 2015, M. Chamberland assure que les Français ont déjà démontré de l’intérêt en ce sens. Rappelons que le tout premier Forum franco-québécois sur la filière Bois et Forêt s’était tenu à l’Hôtel de Ville de Paris (France), en septembre 2013.