Institut économique de Montréal

Des effets positifs à la récolte forestière

Bien que certains groupes écologistes prétendent que l’exploitation forestière compromet l’avenir de la forêt ainsi que la survie des espèces qui l’habitent, les données globales font état que le couvert forestier a légèrement augmenté entre le premier inventaire forestier réalisé en 1979 et le plus récent en 2002. C’est ce qui ressort de la note économique de l’Institut économique de Montréal (IEDM) qui a étudié les effets positifs de la récolte forestière.

Bien que certains groupes écologistes prétendent que l’exploitation forestière compromet l’avenir de la forêt ainsi que la survie des espèces qui l’habitent, les données globales font état que le couvert forestier a légèrement augmenté entre le premier inventaire forestier réalisé en 1979 et le plus récent en 2002. C’est ce qui ressort de la note économique de l’Institut économique de Montréal (IEDM) qui a étudié les effets positifs de la récolte forestière.

Photo: Guy Lavoie

9 Oct. 2014

Bien que certains groupes écologistes prétendent que l’exploitation forestière compromet l’avenir de la forêt ainsi que la survie des espèces qui l’habitent, les données globales font état que le couvert forestier a légèrement augmenté entre le premier inventaire forestier réalisé en 1979 et le plus récent en 2002. C’est ce qui ressort de la note économique de l’Institut économique de Montréal (IEDM) qui a étudié les effets positifs de la récolte forestière.

Louis-Antoine Lemire

Pour en apprendre un plus sur le constat de l’organisation, Le Monde Forestier s’est entretenu avec JASMIN GUÉNETTE, vice-président de l’IEDM. Questionné pour savoir pourquoi son organisation s’est intéressée à ce domaine, M. Guénette répond d’entrée de jeu que les secteurs des ressources naturelles et de l’énergie sont des thèmes qu’elle aborde régulièrement, que ce soit les mines, les forêts, l’hydroélectricité, l’exploitation du pétrole et les éoliennes.

De plus, il avance que l’industrie forestière représente grosso modo 3% du PIB, ce qui fait en sorte que c’est un secteur économique très important, particulièrement en région. Ce dernier fait valoir que la prémisse était de connaître l’état de la forêt au Québec, car souvent on entend dire que la forêt est maltraitée et que les gens qui y travaillent n’y font pas assez attention; qu’ils sont menaçants pour la forêt ainsi que pour l’écosystème, la faune et la flore.

M. Guénette était perplexe à l’idée de penser que des travailleurs en forêt voulaient détruire la ressource qui nourrit leur famille et leur procure du travail. Lorsqu’il a poussé plus loin sa réflexion, il s’est aperçu que contrairement à ce que certains groupes d’écologistes prétendent, l’exploitation forestière ne menace pas la forêt. Selon lui, certains écologistes ont un agenda politique à l’instar d’en avoir un écologique.

Régime

Selon le vice-président, le nouveau régime forestier, en vigueur depuis la fin de l’année dernière, a semé l’incertitude et a brisé un équilibre qui existait sous les deux régimes précédents. «Sous le régime des concessions forestières, il y avait une vision à long terme de l’aménagement forestier, ce qui faisait en sorte que les entreprises habitaient le territoire et devaient s’occuper d’assurer l’aménagement forestier», explique-t-il. Il ajoute qu’à l’époque, les entreprises avaient une vision à long terme en matière d’investissements et de la préservation. Selon lui, les entreprises forestières s’acquittaient très bien de ce travail.

D’ailleurs, il rappelle que dans le passé, le gouvernement se plaignait que les compagnies ne coupaient pas assez. «Il y avait vraiment une prise de conscience des entrepreneurs forestiers et des industriels qui savaient que c’était important de préserver la ressource sur une longue période, pour faire bénéficier la génération future de la forêt», fait-il remarquer.

Changement

Lorsqu’il y a eu un changement de régime forestier, les contrats d’approvisionnements ont été accordés pour 25 ans. M. Guénette soutient qu’il existait encore une vision à long terme. Avec le nouveau régime forestier, la prise de décision ne se fait plus sur le territoire, mais dans les bureaux du forestier en chef et par des gens qui ne sont pas nécessairement sur le territoire, constate-t- il.

Selon lui, la communication est plus difficile entre le forestier en chef, les entrepreneurs et les industriels. «En quelque sorte, la forêt devient un outil politique. Le gouvernement peut décider de couper plus ou moins selon son humeur. Égale- ment, d’un point de vue économique, ça devient plus difficile pour les industriels et les entrepreneurs, car ils ne savent pas d’année en année où ils pourront aller et ce qu’ils pourront faire. Par conséquent, il est plus ardu de demander des prêts aux banques pour faire les investissements tout en rendant la tâche de la mobilisation de la main d’œuvre plus difficile», fait réaliser le vice-président.

Ce dernier croit mordicus que cela a créé de l’incertitude et que ce n’est pas bon pour l’économie liée à la forêt ni pour ceux qui veulent profiter du territoire. «La forêt ce n’est pas juste couper du bois. Il y a plusieurs activités autour, comme la chasse, la pêche, le camping et la motoneige. Comme l’ensemble de ces activités est lié à la forêt, c’est important d’avoir une vision à long terme», juge-t-il.

Animaux

Contrairement à ce que certaines personnes croient, la récolte forestière n’a pas d’effet néfaste sur la faune. Au milieu des années 90, la population estimée des orignaux était de 55 000. En 2010, elle s’est chiffrée à 125 000, et ce, malgré le fait qu’il y a beaucoup de coupes forestières en sol québécois, avance M. Guénette. «La nourriture est plus fraîche et tendre lorsque les arbres repoussent.

Pour ce qui est du caribou forestier, la note fait état qu’à Lac-Saint-Jean, la population du caribou forestier a augmenté, malgré les nombreuses opérations forestières. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette hausse, dont la migration des animaux et la diminution de la chasse et du braconnage. «Les attaques de certains groupes ne sont pas tout à fait honnêtes. Ce n’est pas vrai que plus il y a de coupes,moins il y a de caribous», martèle-t-il.

Ingénieur forestier pour la Fédération des pourvoiries du Québec, FRANÇOIS TROTTIER, est du même avis. «Lorsque la machinerie a fait son sentier pour débarder le bois, ça facilite la faune, car un orignal aime quand c’est le moindrement dégagé», dit-il.

Il ajoute que lorsque la coupe est fraîche, elle sera intéressante pour l’animal pendant une période allant de 10 à 15 ans.

Avenir

M. Guénette a de la difficulté à prévoir ce qui se passera dans quelques années. Toutefois, il soutient que pour assurer à long terme la viabilité de la forêt, il faut que les gens sur le territoire prennent des décisions importantes, afin d’éviter de nuire au développement économique. Il rappelle que le nombre d’emplois direct relié à la forêt est de 60 000 au Québec.