Premier salon de l’emploi de PaperWeek

Des milliers d’emplois disponibles

« Il ne faut pas perdre de vue qu’il y a 35 usines en opération sur le territoire, au Québec, qui s’orientent vers de nouveaux produits : pâtes avec rayonne pour vêtements, nanocellulose cristalline pour alléger certains produits, etc. Nous estimons que le recrutement va se poursuivre d’ici 2020 dans l’industrie et que seulement dans les papetières, il y aura 3 000 postes à pourvoir. » - Germain Gaudreault CIFQ

« Il ne faut pas perdre de vue qu’il y a 35 usines en opération sur le territoire, au Québec, qui s’orientent vers de nouveaux produits : pâtes avec rayonne pour vêtements, nanocellulose cristalline pour alléger certains produits, etc. Nous estimons que le recrutement va se poursuivre d’ici 2020 dans l’industrie et que seulement dans les papetières, il y aura 3 000 postes à pourvoir. » - Germain Gaudreault CIFQ

Photo: Guy Lavoie

1 Mar. 2013
Bernard Gauthier

Depuis le début des années 2000, le secteur des pâtes et papiers est en décroissance. Toutefois, un virage important s’installe et le secteur s’oriente vers de nouveaux créneaux. Non seulement plusieurs travailleurs prennent une retraite bien méritée, mais des milliers de postes seront à combler d’ici les prochaines années pour répondre à la nouvelle réalité de l’avenir.

C’est la raison pour laquelle les géants du secteur forestier ont décidé de tenir la première édition de la Foire de l’emploi de l’industrie papetière et forestière dans le cadre de la 99e du salon PaperWeek Canada 2013 la semaine dernière. Seulement chez Produits forestiers Résolu, on prévoit que les besoins en maind’oeuvre se situeront entre 2 500 et 3 000 postes d’ici 2015. De son côté, Tembec estime que les besoins seront de plusieurs centaines de postes en maintenance à pourvoir au cours des quatre prochaines années. Quant à Kruger, les emplois offerts sont en gestion, emballage et opérations d’ici 2017. Chez Domtar, l’usine de Windsor connaît plutôt une stabilité d’emplois. La main-d’oeuvre à remplacer se fait sentir au moment où des travailleurs quittent leur emploi pour la retraite. « Depuis l’automne dernier, nous enregistrons un ralentissement du nombre de départs à la retraite. Toutefois, nous sommes prêts de notre côté en raison de notre stratégie de recrutement. Nous constituons une banque de données et sommes prêts à réagir », explique DANIEL LANGLOIS, directeur des ressources humaines chez Domtar. Selon Daniel Langlois, plusieurs incitatifs et divers programmes d’enseignement sont mis de l’avant pour attirer une main-d’oeuvre difficile à recruter. Pourtant, les conditions de travail sont avantageuses : 25$ l’heure pour un journalier sans expérience après avoir reçu une formation de 8 à 10 mois. « Depuis 2 ½ ans, nous avons embauché quelque 160 employés et notre objectif cette année est d’en faire autant avec une vingtaine de nouvelles recrues. » À Windsor, plusieurs postes de journaliers, opérateurs de machines de papier, d’entretien et de mécaniciens sont à combler. Les critères de sélection demeurent élevés et les futurs candidats doivent démontrer d’excellents réflexes en matière en santé et sécurité au travail pour assurer le succès de l’entreprise. Des tests psychométriques sont également obligatoires. Au Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), le directeur des relations industrielles, GERMAIN GAUDREAULT, parle plutôt de difficultés de recrutement au lieu de pénurie. « Il faut comprendre que nous sommes en concurrence avec les secteurs des mines, de l’aluminerie, des aciéries, etc. Les jeunes ont déserté le secteur des pâtes et papiers en raison d’une mauvaise presse depuis une quinzaine d’années. » Pour Germain Gaudreault, un salon comme celui-ci permet de faire connaître les diverses possibilités qui s’offrent aux jeunes. « Il ne faut pas perdre de vue qu’il y a 35 usines en opération sur le territoire, au Québec, qui s’orientent vers de nouveaux produits : pâtes avec rayonne pour vêtements, nanocellulose cristalline pour alléger certains produits, etc. Nous estimons que le recrutement va se poursuivre d’ici 2020 dans l’industrie et que seulement dans les papetières, il y aura 3 000 postes à pourvoir. » Des exemples d’emplois disponibles? Opérateurs de machines à papier, mécaniciens, électriciens, techniciens de laboratoire, personnel de bureau, contremaîtres, directeurs d’usines, directeurs de ressources humaines, vendeurs et techniciens en informatique. De son côté, le généraliste en ressources humaines chez FPInnovations, DANIEL LAJEUNESSE dit que les besoins dans le secteur de la recherche sont très élevés. Le génie chimique, génie mécanique et autres professionnels avec une expérience très pointue sont en demande. « Le salon permet d’afficher une bonne visibilité en général dans le milieu forestier et le public. Il y a d’excellents emplois en foresterie et l’industrie dans son ensemble, nous avons une belle vision d’avenir et les besoins sont criants pour développer les futurs marchés. »

Tendances

Exception faite du carton et de quelques segments comme le tissu, la décroissance dans le secteur des pâtes et papiers va se poursuivre à un rythme de 4 % à 6 % par année, selon les grades de papiers, au profit de l’électronique comme l’Internet. « Il faut se redéfinir, se renouveler et réagir dans un premier temps pour obtenir un équilibre entre l’offre et la demande. La plupart des entreprises commencent à être plus disciplinées, elles investissent davantage dans les technologies qui apportent l’efficacité, la performance dans la production, contribuent à laisser une meilleure empreinte environnementale et à améliorer la qualité des produits pour le consommateur », indique MARTIN LORRION, vice-président opérations chez Domtar et président de la programmation PaperWeek. Bon an, mal an, Domtar investit 170 M$ annuellement dans ses usines de pâtes et papiers pour développer les nouveaux créneaux de l’avenir comme le bioraffinage et la bioénergie. « Le secteur des pâtes et papiers est appelé à poursuivre son déclin d’ici les 3 à 5 prochaines années. La rationalisation de la capacité de production va continuer en Amérique du Nord et en Europe. Malgré la croissance de la démographie, le papier ne suivra pas. Seules, les entreprises les plus performantes demeureront. Les autres disparaîtront. De nouvelles gammes de papiers attireront une catégorie de consommateurs. Pour le moment, il est difficile d’aller au-delà de 2020 », ajoute Martin Lorrion. L’événement annuel PaperWeek, qui s’est déroulé à Montréal, a regroupé une cinquantaine de kiosques et a accueilli près de mille participants. Cette année, l’objectif recherché était de s’orienter vers le futur en démontrant de quelle façon les papetières doivent agir pour que l’industrie soit saine au cours des prochaines années. « Nous sommes à l’aube d’une nouvelle tendance et nous sommes les témoins d’une émergence de solutions prometteuses comme la partie bio. On peut faire n’importe quoi avec un arbre et le potentiel de développement demeure très vaste », conclut Martin Lorrion. Saviez-vous qu’en 2009, environ 2,7 millions de tonnes de résidus ont été récupérés par l’ensemble des usines québécoises de pâtes, papiers et cartons? Près de 70% des résidus générés ont été valorisés, surtout pour la production d’énergie et la fertilisation agricole et sylvicole.