Développement durable : L’urgence d’agir et de trouver des solutions

Courtoisie

2 Avr. 2019

La situation environnementale pour la planète est alarmante. Les défis seront nombreux pour renverser la tendance. Chaque geste compte. Dans le cadre du congrès de la Fédération québécoise des coopératives forestières, Karel Mayrand, directeur pour le Québec et l’Atlantique – Fondation Suzuki, expliquera pourquoi tous les secteurs d’activités doivent agir.

Marie-Claude Boileau

Selon KAREL MAYRAND, nous sommes présentement dans une période d’effondrement environnemental qui est inédite depuis des millions d’années. Par conséquent, nous sommes obligés d’inventer de nouvelles manières de faire les choses. Les défis sont importants notamment quant à la protection de la biodiversité, mais il y a aussi des opportunités qui apparaissent. «On sait que des forêts en santé, ce sont des puits de carbone. On devrait techniquement planter davantage d’arbres. Il y a des études qui démontrent que si l’on en plantait plus, on pourrait reculer de 10 ans dans les concentrations de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère. Aussi, on peut utiliser la biomasse forestière pour fournir de l’énergie. Comme elle ne produit pas d’émission de GES, elle est neutre sur le plan du carbone», fait-il savoir.

D’un autre côté, les problèmes environnementaux apporteront des risques. On s’attend notamment à une augmentation d’insectes ravageurs et de feux de forêt. M. Mayrand rapporte qu’un universitaire lui a raconté qu’on surveille l’arrivée d’insectes par l’Ouest qui pourraient dévaster nos érables à sucre comme ce fut le cas avec les frênes. «Ça pourrait être dans 10 ou 20 ans, on ne le sait pas. Le problème est qu’il ne fait plus assez froid pour tuer ces bibittes. Lutter contre les changements climatiques pour protéger notre forêt, ça a du sens», note-t-il.

UN ATOUT

Captatrice de carbone et source de biodiversité, la forêt est un atout pour renverser cette tendance. Elle fait partie de la solution, mais elle peut en être également affectée.
«Si l’on ne fait pas d’effort massif pour lutter contre les changements climatiques, on va perdre une partie de nos forêts», ajoute M. Mayrand.

Protéger la forêt pour veiller aux écosystèmes, ça va de soi. «Lorsqu’on possède une forêt, on veut la garder en santé parce qu’on veut qu’elle nous fasse vivre et qu’elle fasse vivre nos enfants et petits-enfants. Les propriétaires de forêt ont l’intention de protéger les forêts et ils le font la plupart du temps. Protéger l’écosystème, c’est aussi protéger son actif. Tout ça va ensemble. Dans tous les secteurs de l’économie, on est rendu à prendre des décisions difficiles. La seule qu’on ne peut pas prendre est que le problème de l’effondrement de l’environnement à l’échelle mondiale n’existe pas», soutient-il.

Selon M. Mayrand, chacun possède une partie de l’expertise dans son domaine d’activité pour contribuer. «C’est aux gens de la forêt d’avancer leur solution du mieux qu’ils le peuvent. Mais on doit penser dans un objectif de laisser derrière nous la meilleure qualité de vie et d’environnement à nos enfants [ce] dont nous, on a pu bénéficier. Malheureusement, en ce moment, on n’est pas certain de pouvoir faire ça», regrette-t-il.

Karel Mayrand est conscient que sa présence au congrès de la FQCF peut faire sourciller parce que certains ont été blessés par des propos d’environnementalistes ou de personnalités. Il souligne que tout comme les travailleurs forestiers, il partage leur amour des arbres. Son intention, dit-il, n’est pas de dire aux forestiers comment faire leur travail. Le but de sa conférence est d’expliquer le problème et de leur demander quelles pistes de solution ils voient.

BIOGRAPHIE

Le conférencier œuvre pour la Fondation David Suzuki depuis 10 ans. La mission de l’organisme est de trouver des solutions qui permettent à l’humain de vivre en équilibre avec la nature. M. Mayrand est également président de Réalité climatique Canada, organisme fondé par AL GORE. Il est coprésident de Switch, l’Alliance pour une économie verte et vice-président du conseil d’administration du Parc Jean-Drapeau. Il est coauteur de Demain, Le Québec (Éditions La Presse, 2018), auteur du livre Une voix pour la Terre (Boréal, 2012), et coauteur de Ne renonçons à rien (Lux, 2017) avec le collectif Faut qu’on se parle, en plus d’avoir été initiateur et co-auteur du Manifeste pour un Élan Global (2015) signé par 42 000 personnes.