Entrevue avec le ministre Lebel

Le ministre Lebel au Saguenay-Lac-St-Jean lors d

Le ministre Lebel au Saguenay-Lac-St-Jean lors d'une annonce relative à la forêt en 2011.

Photo: archives LMF

17 Juin. 2015

Le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales et député de Roberval-Lac-Saint-Jean, DENIS LEBEL, est clair : c’est le gouvernement conservateur qui en fait le plus dans l’histoire du pays pour l’industrie forestière au Canada et probablement au Québec.

Bernard Gauthier

«Dès que nous sommes arrivés au pouvoir, l’accord sur le bois d’oeuvre avec les Américains n’était pas signé et on payait plus de 35 % en coûts d’exportation de nos produits vers les États-Unis. Nous avons finalement signé cette entente et on a ramené plus de 85 % de l’argent sur la table pour le redonner aux entreprises partout au Canada. Et depuis ce temps, on travaille dans le respect des compétences.»

La population de plusieurs municipalités en était arrivée à un consensus en forêt privée favorisant l’adoption de diverses avenues dans un plan d’action visant à faire augmenter la récolte de bois. Quel geste le gouvernement du Québec devrait-il poser pour envoyer un signal clair que la forêt privée est une priorité pour lui ?

Je ne commenterai pas les décisions du gouvernement du Québec. Comme ministre des Affaires intergouvernementales, je n’interviens pas dans les décisions des ministres dans les divers secteurs d’activité partout au Canada. Ce que je sais, c’est que l’industrie forestière est importante dans plusieurs régions du Québec, incluant ma circonscription de Roberval-Lac- Saint-Jean. Mais je laisserai aux gens de l’industrie forestière le soin de débattre de cette question avec le gouvernement du Québec.

Depuis 2006, nous avons injecté plus de 1,8 G$ en soutien financier à l’industrie forestière au Canada. À Développement Canada, ce sont plus de 150 M$ qui ont été versés par choix à l’industrie forestière du Québec pour lui venir en aide. L’accord sur le bois d’oeuvre est extrêmement important pour continuer d’exporter nos produits. Il fallait intervenir dans le respect des compétences, mais aussi dans le respect de cet accord sur le bois d’oeuvre. On continue à discuter avec Québec, il y aura d’autres annonces éventuellement et toujours dans le respect des compétences et dans le respect de l’accord sur le bois d’oeuvre.

À l’aube des élections fédérales et en tant que ministre de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec et élu d’une région québécoise avec une économie liée à la forêt, quelles sont les réalisations relatives à la foresterie québécoise dont vous êtes le plus fier ?

C’est ce que nous avons réalisé qui me rend le plus fier. Nous avons consacré 100 M$ sur trois ans pour renforcer l’économie de l’industrie forestière au Québec touchée par les problèmes dans diverses régions. L’aménagement forestier, la sylviculture et les chemins multiressources font partie des décisions que nous avons prises et cela me rend très fier. Autre fierté : lorsque le gouvernement a décidé d’investir 1 G$ pour aider à la transformation de l’industrie forestière canadienne, le Québec a récolté pas mal d’argent. J’ai fait plusieurs annonces, cela a contribué à la performance environnementale sachant maintenant que l’industrie forestière émet à présent 10 % moins de gaz à effet de serre qu’autrefois. Grâce à ce soutien financier, nous avons aidé 38 collectivités dans le cadre de 98 projets au pays, ce qui a permis de conserver 14 000 emplois.

Et pour le Québec, j’aurai eu à travailler avec le défunt ministre des Ressources naturelles, CLAUDE BÉCHARD, et divers autres ministres. De plus, je vous dirais que la bonne entente sur les dossiers forestiers avec Québec est quelque chose d’important.

Quelle est votre vision du Québec forestier pour les années à venir ? Avez-vous des projets ?

D’entrée de jeu, le fédéral a une vision de partenariat. Nous avons mis de l’avant un programme qui devait se terminer il y a plusieurs années et nous avons décidé de le poursuivre. Il s’agit du programme d’innovation forestière (PIF) qui consiste à financer les activités de recherche et le développement de marchés. On continue à soutenir les produits canadiens forestiers (APFC). Un gouvernement ne remplace pas l’entreprise privée, mais la soutient et c’est dans cette direction que nous allons continuer à apporter des programmes nous permettant de soutenir les changements et les modifications à l’industrie forestière. Nous allons continuer à développer de nouveaux marchés comme l’Europe, ce qui va devenir intéressant, ainsi que d’autres coins du monde. Nous voulons faciliter l’exportation de nos produits, nous allons continuer à soutenir le gouvernement du Québec au chapitre de l’industrie forestière.

Comment qualifieriez-vous vos relations avec les acteurs locaux forestiers de votre circonscription et ceux du gouvernement provincial et du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs?

Elles sont d’un réalisme très grand. Nous avons tous notre travail à faire, nous nous parlons ouvertement et les relations sont très bonnes. Les gens savent que je suis un partenaire et que je vais le demeurer à l’intérieur de mes mandats et de mes compétences. Dans ma région, je parle régulièrement à tous les intervenants, qu’ils soient politiques, syndicaux, économiques ou autres comme les milieux des entreprises. Évidemment, il y a des enjeux importants, chacun a son mandat, mais l’important est de bâtir l’avenir ensemble et c’est dans ce sens que je vais continuer.