Groupements forestiers

Estrie: l’union fait la force!

Dans la région, on trouve essentiellement cinq groupements forestiers : Aménagement forestier coopératif de Wolfe, Groupement forestier coopératif Saint-François, Groupement forestier du Haut-Yamaska, l’AFA des Sommets et l’AFA des Appalaches.

Dans la région, on trouve essentiellement cinq groupements forestiers : Aménagement forestier coopératif de Wolfe, Groupement forestier coopératif Saint-François, Groupement forestier du Haut-Yamaska, l’AFA des Sommets et l’AFA des Appalaches.

Photo: Guy Lavoie

16 Juin. 2014
Mélanie Grenier

Depuis environ trois ans en Estrie, les groupements forestiers ont trouvé une solution pour se remettre de la crise forestière. Cette solution : le travail d’équipe. C’est ainsi que, quatre groupements de la région qui se partagent des services et des ressources, peuvent désormais prétendent à l’obtention de contrats jusqu’alors inaccessibles. Pour l’instant, il n’est pas question de fusion entre les entreprises, mais seulement d’un partage qui porte fruit!

Après la crise forestière, c’est toute l’industrie qui a dû faire des efforts pour être plus créative. Pour bien se positionner pour la reprise, l’Estrie a pour sa part choisi d’unir ses forces en partageant des services, des sous-traitants et des ressources humaines. «On a toujours bien collaboré en Estrie alors on a eu cette sensibilisation», explique SYLVAIN RAJOTTE, directeur général de l’Aménagement forestier et agricole (AFA) des Sommets.

Dans la région, on trouve essentiellement cinq groupements forestiers : Aménagement forestier coopératif de Wolfe, Groupement forestier coopératif Saint-François, Groupement forestier du Haut-Yamaska, l’AFA des Sommets et l’AFA des Appalaches. Parmi celles-ci, un groupement se trouve à être relativement exclu de toute possibilité de collaboration pour cause d’éloignement territorial (Haut-Yamaska) alors que trois autres (Wolfe, Appalaches et Sommets) sont des alliés naturels pour la raison inverse : ils partagent une frontière commune.

Au départ, ce sont des contrats de reboisements qui ont été mis en commun. «Ce qu’on fait comme travaux conjoints, ça sert des niches qu’on n’occupait pas nécessairement. Ça a diversifié nos activités», affirme M. Rajotte. Considérés comme peu rentables, les contrats de reboisement, de hersage ou de débroussaillement étaient peu attrayants pour les groupements. «On ne pouvait rien offrir d’intéressant à nos gens», mentionne le directeur général de l’AFA des Sommets en parlant des membres du personnel. C’est ainsi que le fait de remplir des commandes en commun a permis aux entreprises de faire des affaires, mais aussi à des employés d’éviter le chômage. «Personne n’aime mettre quelqu’un au chômage», observe-t-il. Puis, dès les premières enchères du Bureau de mise en marché du bois, des groupements ont fait des dépôts conjoints. Les choses vont maintenant encore plus loin puisque trois groupements ont créé, ensemble, une entité distincte qui leur permet de miser sur les enchères. Nommé Services forestiers WAS, cette nouvelle entité regroupe Aménagement forestier coopératif de Wolfe (W), l’AFA des Appalaches (A) et l’AFA des Sommets (S). «On a en remporté trois!», annonce M. Rajotte en parlant des enchères.

Un conseil d’administration comprenant des membres de chacun des trois groupements gère cette nouvelle entité. «Le conseil d’administration achète les services de parts et d’autres», fait savoir M. Rajotte précisant que ces services sont facturés au prix coûtant avec quelques frais d’administration sans plus. «Ça n’est pas la même facture que celle qui serait faite à une autre entreprise», explique le directeur général. Ça fonctionne si bien que cette façon de faire s’étend déjà à d’autres services et d’autres contrats. Par exemple, un groupement qui a une ressource en précommerciale la partage avec un autre groupement une journée par semaine. Ce partage permet donc aux deux groupements de pouvoir compter sur une ressource spécialisée que chacun ne pourrait peut-être pas se payer autrement.

Les sous-traitants bénéficient également de ce partage. Par exemple, les groupements souhaitaient que les locateurs de machinerie soient disponibles à l’année. Donc, chacun sélectionne des jours ou des semaines dans le calendrier de façon à ce que la machinerie soit utilisée le plus possible. «On a bien fait parce qu’à la reprise, les gens qui travaillent pour nous ont suffi à la demande, mais n’auraient peut-être pas été là autrement», explique M. Rajotte. En fait la collaboration se passe si bien en Estrie que déjà on envisage d’en faire plus. « D’ici quelque temps, on va vérifier la possibilité d’amplifier notre collaboration. Il n’est pas possible de tout regrouper, mais il est possible de faire un bon bout!», conclut-il.