Mission en Suède

Fiers förestiers*

Les membres de la délégation québécoise ont parcouru plus de 1 200 kilomètres en bus dans ce beau pays nordique qui nous ressemble à plusieurs égards. Ce ne sont pas moins de 12 organisations et environ 35 personnes qui ont pris le temps de parler de la foresterie de leur pays, selon leur position dans l’échiquier de cette industrie vitale pour le peuple suédois.

Les membres de la délégation québécoise ont parcouru plus de 1 200 kilomètres en bus dans ce beau pays nordique qui nous ressemble à plusieurs égards. Ce ne sont pas moins de 12 organisations et environ 35 personnes qui ont pris le temps de parler de la foresterie de leur pays, selon leur position dans l’échiquier de cette industrie vitale pour le peuple suédois.

Photo: Guy Lavoie

15 Jan. 2018

Trente-quatre (34) forestiers québécois ont pris part à une mission forestière qui s’est déroulée du 5 au 13 décembre derniers en Suède. Organisée par RESAM, le groupe a rencontré divers intervenants de cette industrie phare pour ce pays du nord de l’Europe.

Guy Lavoie

Fiers. Les Suédois sont fiers de leur forêt. Et le mot «leur» n’est pas anodin. 51 % des forêts appartient à des individus (38% sont des femmes) et 25% à des compagnies privées. Les divers conférenciers locaux l’ont maintes fois répété : il n’y a pas de pétrole ou d’autres ressources naturelles importantes en Suède. Leur niveau de vie plus que respectable, ils le doivent à leur forêt. Et à la minutieuse gestion qu’ils en font.

Même si cette forêt est majoritairement privée, une loi suédoise permet à quiconque de s’y rendre sans permission particulière. Libre accès à tous. L’Allemansrätten en suédois. Une forêt privée… publique. Évidemment, des règles de base s’appliquent. On parle plus de savoir-vivre et de politesse que de règles, mais quand même. Tous ont accès à la forêt et ils en ont une opinion favorable, tout comme son industrie.

Selon la Fédération suédoise de l’industrie forestière dans un sondage qui date de 2005, 80 % des Suédois disent que l’accès aux forêts est un facteur important dans leur qualité de vie et 75 % déclarent passer du temps en forêt au moins une fois par semaine. Seulement 12 % jugent que l’industrie forestière est polluante et 65 % considèrent que l’industrie forestière est la plus importante au pays. Finalement, 69 % pensent que les compagnies forestières tiennent compte des plantes et des animaux.

Fiers aussi de leurs ancêtres qui ont bien joué leurs cartes au début du siècle passé. L’agriculture intensive dans une Suède plutôt pauvre et une démographie en croissance poussent une portion importante de la population vers l’exode. Elle laisse derrière une terre dégarnie et dégradée. En 1903, la Couronne suédoise instaure une première loi forestière qui permettra aux générations futures de bénéficier d’une ressource naturelle : le bois. Un arbre coupé, un arbre planté. Visionnaire pour l’époque.

En 2016, l’industrie forestière suédoise a récolté 80M de m3. Pour la même année, le Québec a récolté 22 M de m3. Aujourd’hui, la Suède gère sa forêt avec un objectif en tête : production et création de richesse. La fibre sert à tout, même au chauffage et à la climatisation commerciale via l’utilisation de la biomasse. La responsabilité du calcul de la possibilité forestière est confiée à une organisation indépendante de l’industrie ou du gouvernement. C’est une université qui s’en charge: la SLU (Université suédoise des sciences de l’agriculture). Les travailleurs sont évidemment au coeur de l’industrie. Le forestier suédois est un artisan de la forêt conscient de l’importance de son rôle. Il est régi par sa connaissance de la ressource. Comment juger de la qualité d’opérations ? Quels types de travaux doivent être faits ? On coupe jusqu’au chemin ou on arrête à une certaine distance ? À toutes ces questions les réponses sont semblables : «On en parle entre nous, forestiers, et le propriétaire.» N’oublions pas que tous les Suédois ont libre accès à la forêt. Le travail mal fait est vite dénoncé par… le gros bon sens.

Les entreprises forestières sont intégrées. On coupe, on transporte, on transforme de plusieurs façons, et surtout on reboise. Et on le fait à hauteur de 400M de plans annuellement pour une superficie forestière 60% moindre que celle du Québec (au Québec on reboise à hauteur de 130M de plans). Visitez le site Internet de Södra (www.sodra.com). Un bon exemple d’organisation intégrée avec 50 000 membres. La délégation québécoise a eu le plaisir de visiter une usine de pâtes à Mönsteras. 414 employés pour une production annuelle de 750 000 tonnes.

LA COURONNE D’HUSQVARNA

Le logo d’Husqvarna est une couronne. Le siège social de la compagnie que tous les forestiers connaissent bien se situe à Huskvarna (oui, oui, avec un «k»). Dans le rayon des «tant qu’à être là», le groupe de forestiers du Québec a fait un détour chez le fabriquant. En plus de la visite de l’usine de montage de scies à chaîne, les représentants de la compagnie ont reçu le groupe de Canadiens dans la première bâtisse de la compagnie. Une fonderie où l’on produisait des armes pour la Couronne. De là, la couronne du logo. Le bâtiment date de 1670.

TACK TACK**

Les membres de la délégation québécoise ont parcouru plus de 1 200 kilomètres en bus dans ce beau pays nordique qui nous ressemble à plusieurs égards. Ce ne sont pas moins de 12 organisations et environ 35 personnes qui ont pris le temps de parler de la foresterie de leur pays, selon leur position dans l’échiquier de cette industrie vitale pour le peuple suédois.

Il faut aussi souligner la participation de la Délégation générale du Québec à Londres dans l’organisation des visites, particulièrement celle d’ONUR DEVRIM. Son expertise a fortement contribué au succès de la mission.

* Le o tréma du titre est évidemment un clin d’oeil à la langue suédoise.
** «Merci beaucoup» en suédois.