Filière biomasse: virage majeur en 2014

La Vision Biomasse 2025, appuyée par une quinzaine d’organismes à ce jour, va très prochainement sensibiliser le gouvernement à l’importance de faire appel à la biomasse comme source d’énergie dans les communautés dont le milieu se prête aux conditions gagnantes.

La Vision Biomasse 2025, appuyée par une quinzaine d’organismes à ce jour, va très prochainement sensibiliser le gouvernement à l’importance de faire appel à la biomasse comme source d’énergie dans les communautés dont le milieu se prête aux conditions gagnantes.

Photo: courtoisie

15 Avr. 2014

Après l’électricité, les éoliennes et le pétrole, voilà qu’une nouvelle source d’énergie devrait prendre place dans le futur plan énergétique du gouvernement : la biomasse forestière.

Bernard Gauthier

La Vision Biomasse 2025, appuyée par une quinzaine d’organismes à ce jour, va très prochainement sensibiliser le gouvernement à l’importance de faire appel à la biomasse comme source d’énergie dans les communautés dont le milieu se prête aux conditions gagnantes. « C’est un enjeu majeur depuis 2010. La biomasse est quelque chose d’extrêmement porteur pour les milieux forestiers, les milieux ruraux, les communautés forestières. Il s’agit d’une source énergétique pouvant assurer de réels avantages à des organisations, des municipalités, des communautés, des commissions scolaires », explique CLAIRE BOLDUC, présidente, Solidarité rurale.

Vision Biomasse 2025

La filière Vision Biomasse 2025 propose rien de moins que de produire 4 000 GWh d’énergie renouvelable annuellement. Cela aurait pour effet de réduire l’émission de 1 million de CO2 dans l’atmosphère, de substituer 400 millions de litres de combustibles fossiles, de créer 12 500 emplois pendant la phase de construction des installations et de générer 3 600 emplois récurrents.

Vision Biomasse 2025 est le fruit de réflexions de plusieurs organismes dont la Coop fédérée, l’Union des producteurs agricoles (UPA) et la Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF). « Depuis la crise forestière, la FQCF cherchait une façon de trouver de nouveaux débouchés pour valoriser ses produits. Et c’est ainsi que la biomasse forestière fut identifiée. L’Association a fait la démonstration que l’utilisation de la biomasse était pertinente comme source d’énergie renouvelable », raconte, PHILIPPE BOURKE, directeur, Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec (RNCREQ). La consommation de la biomasse serait principalement orientée vers les secteurs indutriel, commercial et institutionnel à l’extérieur des grands centres.

Selon Vision Biomasse 2025, soit 1 000 GWh de plus qu’actuellement, la consommation de la biomasse en 2012 était de 1,3%. L’objectif est d’atteindre près de 10% en 2025. Dans le secteur industriel, la consommation s’élevait à 19,5% en 2012 et le but à atteindre est de 25,5% en 2025, soit 3 000 GWh de plus qu’actuellement.

Biomasse : une opportunité en or

Pour Claire Bolduc, il ne fait aucun doute que l’exploitation de la biomasse représente une occasion en or pour les communautés rurales. « C’est un complément aux diverses sources d’énergie sans être pour autant une panacée. Et c’est là qu’il est important de réfléchir à la bonne utilisation de la biomasse et de la mettre en valeur dans les milieux appropriés. La biomasse entre dans l’éventail des opportunités énergétiques. Le grand intérêt est son utilisation dans les milieux de proximité. Si la ressource doit être déplacée sur plusieurs kilomètres, il ne s’agit plus d’une formule gagnante.»

Le RNCREQ est conscient que le contexte actuel au Québec est propice au développement du marché de la biomasse forestière résiduelle et qu’il s’agit d’une avenue porteuse pour l’avenir de l’industrie forestière. Il s’agit d’une ressource abondante et renouvelable, jusqu’à maintenant sous-utilisée. Elle peut non seulement contribuer au remplacement des énergies fossiles, mais également devenir un important moteur économique pour les régions. Mais comme toute autre forme d’énergie, elle n’est pas parfaite, et son développement doit être correctement encadré.

Action gouvernementale

Claire Bolduc estime que Québec doit absolument reconnaître la diversité des communautés rurales, que les différences doivent se traduire par des projets porteurs dans les milieux visant une interaction facilitée et valorisée. « La balle sera dans le prochain camp du gouvernement et aussi entre les mains des élus locaux. Ces derniers doivent aussi contribuer à la prise en charge de leur milieu. »

De son côté, Philippe Bourke dit que Vision Biomasse 2025 prend de l’ampleur et regroupe un plus grand nombre de joueurs. « Cette année, la biomasse est à un tournant majeur de son histoire. À mon avis, il m’apparaît évident que le gouvernement va reconnaître la pertinence de cette filière sur le plan environnemental, social et économique dans le cadre de sa politique énergétique. »

CLAUDE DUPUIS, président de la Fédération des coopératives forestières (FQCF) et directeur général de la Coopérative Haut-St- Maurice, partage le même avis. « L’année 2014 représente un tournant majeur. Le premier programme fut plutôt une vitrine de l’expérimentation. Cette année, c’est du sérieux. La filière Vision Biomasse 2025 se dirige vers la production et l’implantation. Le programme actuel prévoit une enveloppe de 50 M$ pour la conversion des chaudières au mazout à la biomasse forestière. » À son avis, le fait que Québec ait mis en place un tel programme démontre une bonne volonté, ce qui devrait accélérer, ditil, la conversion.

Pour Philippe Bourke, la biomasse forestière est un incontournable pour réduire les énergies non renouvelables. « Dans des régions forestières comme l’Abitibi-Témiscamingue et le Bas-Saint-Laurent pour ne nommer que celles-là, l’utilisation de la biomasse est un choix logique, économique et très intéressant. » Vision Biomasse 2025 veut que la biomasse soit reconnue en tant qu’énergie renouvelable dans les politiques et programmes gouvernementaux, notamment dans le plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques, au même titre que le solaire, l’éolien, la géothermie et l’hydroélectricité.