Forêt privée : 6 M$ pour livrer plus de bois

«L’ensemble des partenaires de la forêt privée a décidé d’alimenter l’équivalent de trois scieries en exploitation pour les deux prochaines années,», illustre le ministre Laurent Lessard, au centre sur la photo. De gauche à droite, Pierre-Maurice Gagnon (FPFQ), Rénald Bernier (RESAM), Sylvie Fortin-Graham (FQM) et Nicolas Fortin (CIFQ)

«L’ensemble des partenaires de la forêt privée a décidé d’alimenter l’équivalent de trois scieries en exploitation pour les deux prochaines années,», illustre le ministre Laurent Lessard, au centre sur la photo. De gauche à droite, Pierre-Maurice Gagnon (FPFQ), Rénald Bernier (RESAM), Sylvie Fortin-Graham (FQM) et Nicolas Fortin (CIFQ)

Photo: Marie-Claude Boileau

16 Juin. 2016

Au cours des deux prochaines années, le Gouvernement du Québec mettra l’accent sur la récolte et la livraison de bois provenant de la forêt privée. Des sommes supplémentaires de 6 M$ sont injectées dans le Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées pour les années 2016-2017 et 2017-2018.

Marie-Claude Boileau
«L’ensemble des partenaires de la forêt privée a décidé d’alimenter l’équivalent de trois scieries en exploitation pour les deux prochaines années, c’est-à-dire mettre en marché un million de mètres cubes de bois par les propriétaires privées du Québec», illustre le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, LAURENT LESSARD, qui a confié, lors de l’annonce le 15 juin, tenir son premier point de presse en deux ans dans une forêt privée.
Ce nouvel investissement résulte d’un travail commun entre les partenaires de la forêt privée. Le ministre a expliqué que la possibilité forestière en forêt privée a augmenté au cours des dernières années. Elle possède un potentiel de 16,5 millions de mètres cubes. «Nous nous sommes doté un plan d’action. Lors de la première année, il y a eu 4,3 millions de livraisons, puis le nombre a monté à 5,2 millions l’an dernier. Notre objectif est maintenant de passer à 6,3 millions», informe-t-il en entrevue avec Le Monde Forestier.
Rappelons que le gouvernement investit 28,5 M$ chaque année dans le Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées. Celui-ci propose de l’aide financière et technique aux producteurs forestiers pour réaliser des travaux sylvicoles, des éclaircies ou la plantation d’arbres. «Il n’y a pas d’objectif de mobilisation du bois derrière ces mesures. Lorsqu’on a constaté qu’il y avait plus de forêt privée et moins de livraison alors qu’on fournit les arbres, qu’on paie pour les aménagements, on s’est dit qu’on est en train de perdre l’économie des forêts privées. C’est pour ça qu’on s’est doté d’un plan de match de même que des cibles de croissance et d’augmentation des volumes», expose M. Lessard.

L’argent supplémentaire servira donc à augmenter la livraison de bois. Ces sommes ont été octroyées dans le dernier budget par le Conseil du trésor et le ministre des Finances. «On l’a convaincu que chaque mètre cube récolté rapporte 50$ en produits et opérations financières. C’est un chantier de 50 M$ qu’on ouvre actuellement sur l’ensemble du Québec pour des livraisons forestières aux entreprises!», lance le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Fonctionnement
Le 6 M$ sera attribué aux agences de mise en valeur de la forêt privée sous forme de crédit variant entre 150 000$ et 900 000$ en fonction de leur capacité de livraison. Les montants seront répartis selon des critères précis. On regardera la possibilité forestière par région, le total des livraisons dans les années antérieures ainsi que les cibles de livraison pour chacune des régions. Chaque ministre régional dévoilera les sommes par région au cours de la semaine prochaine.

Une évaluation sur la capacité de livraison sera effectuée après une certaine période, soit un maximum de six mois. Les agences seront donc mises en concurrence. Ainsi, si l’une d’elles n’est pas en mesure de mobiliser le bois, ses crédits seront transférés vers d’autres agences capables d’assurer la livraison à destination. «On s’est dit qu’on ne pouvait pas se tromper. Il faut s’assurer que le un million de mètres cubes soit livré à la fin de l’année puisqu’on a une deuxième année avec un 6 M$ additionnel. Il faut dire au gouvernement que la forêt, c’est de l’économie et que lorsqu’on se mobilise, on est capable d’y contribuer largement», soutient le ministre.

Laurent Lessard a rappelé que son gouvernement a adopté de nouvelles mesures qui faciliteront la tâche aux 130 000 propriétaires privées. «Dans le dernier budget, le ministre des Finances a répondu à nos demandes qui étaient d’étaler le revenu sur sept ans maximum en prenant un pourcentage. On a également bonifié le programme de remboursement de taxes. Ce sont des gestes significatifs qu’on a posés et qui répondent aux demandes des partenaires», indique-t-il.

Partenaires heureux
L’annonce faite par le ministre a réjoui les partenaires de la forêt privée présents à la conférence. RÉNALD BERNIER, président du Regroupement des sociétés d’aménagement des forêts du Québec (RESAM), «On a travaillé ensemble pour que cet argent supplémentaire soit consacré à la livraison. On a aussi un souci de la répartition dans la province. C’est notre tour. On s’est engagé à produire du bois et j’ai confiance en nos membres. Ce n’est qu’un début», commente-t-il.

PIERRE-MAURICE GAGNON, président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ), s’est dit heureux. Il a dit vouloir travailler pour inciter les propriétaires à sortir du bois. La mesure d’étalement des revenus sera d’après lui un incitatif. La menace de l’arrivée de la tordeuse des bourgeons de l’épinette sera aussi une motivation. Sa seule demande au ministère est un assouplissement dans les régions afin qu’elles puissent toutes y participer. «Des fois, il peut arriver certaines choses comme des marchés qu’on n’a pas. Il faut nous aider à une répartition régionale assez juste», dit-il.

De son côté, SYLVIE FORTIN GRAHAM, administratice à la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et mairesse de Saint-Agapit, a félicité le ministre. «Cette annonce est extrêmement importante pour l’occupation du territoire», fait-elle savoir. NICOLAS FORTIN, directeur adjoint Foresterie au Conseil de l’industrie forestière du Québec, est heureux que le gouvernement réponde à leur demande. Étant donné que le marché américain est toujours en relance «même si elle est plus lente que prévue», dit-il, l’intensification de la récolte de bois en forêt privée tombe à point. Il ajoute qu’il souhaite travailler avec les partenaires de la forêt privée